Une alerte dans le deuxième set, puis une démonstration dans la manche décisive. Opposés à Momo González et Javi Campagnolo en quart de finale du Bordeaux Premier Padel P2, Agustín Tapia et Arturo Coello ont dû hausser leur niveau pour décrocher leur place en demi-finale. Après la rencontre, les numéros 1 mondiaux sont revenus sur leur adaptation aux conditions de jeu bordelaises, très différentes de celles de Valladolid, leur capacité à monter en puissance au fil d’un tournoi, ainsi que sur l’incroyable défense « Spider-Man » réalisée par Tapia. Entretien.

“Nous sommes plus sérieux”

Padel Magazine : Vous avez parfaitement maîtrisé le premier set, mais le deuxième a été beaucoup plus compliqué. On a souvent l’impression que vous montez en puissance au fil d’un tournoi. Est-ce quelque chose de volontaire ?

Agustín Tapia :

En début d’année, je t’aurais probablement répondu oui, parce qu’il nous arrivait de mettre un peu de temps à trouver notre rythme.

Mais aujourd’hui, je pense que nous abordons chaque match avec beaucoup plus de sérieux. Nous essayons de considérer chaque rencontre comme si c’était une finale.

Évidemment, le niveau que l’on affiche lors du premier tour ne peut pas être exactement le même que celui d’une finale. Au fil des matches, on apprend à connaître la piste, les conditions et on retrouve progressivement nos meilleures sensations.

Aujourd’hui, le deuxième set s’est compliqué.

Nous ne l’avons pas abordé avec la même intensité que le premier.

En face, ils ont énormément élevé leur niveau.

Sur une piste aussi lente, il est beaucoup plus difficile de terminer rapidement les échanges, ce qui leur convenait parfaitement.

Tout le mérite leur revient sur cette deuxième manche.

En revanche, dans le troisième set, nous avons réussi à nous reconnecter immédiatement et je pense que nous avons produit un très bon padel.

Tapia / Coello : « Bordeaux est presque à l'opposé de Valladolid »

« Un grand joueur doit savoir gagner partout »

Les conditions à Bordeaux sont totalement différentes de celles de Valladolid. Finalement, quel type de piste préférez-vous ?

Arturo Coello :

Je trouve justement que c’est une bonne chose qu’il existe différents types de conditions.

Selon moi, un grand joueur ne se définit pas uniquement par sa capacité à performer sur une seule surface.

Il faut être capable d’être compétitif partout.

Aujourd’hui, nous affrontions une paire qui devient particulièrement dangereuse dans ce type de conditions.

La piste est plus lente, les balles glissent différemment et cela rend leur jeu encore plus efficace.

Momo González et Javi Campagnolo défendent extrêmement bien.

Dans ces conditions, ils deviennent très difficiles à dominer.

Nous avons essayé d’imposer notre jeu malgré tout.

Tapia / Coello : « Bordeaux est presque à l'opposé de Valladolid »

L’adaptation a-t-elle été difficile après Valladolid ?

Oui.

Nous sommes arrivés seulement mercredi à Bordeaux.

Nous avons eu très peu de temps pour nous entraîner.

Et la différence entre Valladolid et Bordeaux est énorme.

Mais c’est aussi ça, le circuit.

Jour après jour, match après match, nous nous adaptons.

Aujourd’hui, je suis surtout fier de notre réaction dans le troisième set.

Elle nous donne beaucoup de confiance avant les demi-finales.

Tapia / Coello : « Bordeaux est presque à l'opposé de Valladolid »

« Ce qui compte, c’est de sauver le point »

Agustín, tout le monde parle encore de ta défense “Spider-Man”. Comment t’est venue cette inspiration ?

Agustín Tapia :

Des idées, il m’en passe beaucoup par la tête pendant un match.

Mais pour moi, le plus important reste toujours de sauver le point.

Je veux courir sur toutes les balles.

Je veux me battre sur chacune d’elles.

Il ne sert à rien de tenter un geste spectaculaire si le point est perdu derrière.

Au final, tous les points valent exactement la même chose.

Mon objectif est simplement de tout donner pour que l’échange bascule de notre côté.

« Bordeaux est presque à l’opposé de Valladolid »

Ces conditions plus lentes rendent-elles le padel plus agréable à jouer ?

Agustín Tapia :

Je dirais que l’idéal se situe entre les deux.

Nous sommes passés d’un extrême à l’autre.

À Valladolid, tout allait extrêmement vite.

Ici, la piste est beaucoup plus lente.

Personnellement, je pense qu’un juste milieu serait parfait.

Mais c’est justement ce qui fait la richesse du circuit : chaque tournoi nous oblige à nous adapter.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.