Nommé récemment à la tête de l’équipe de France féminine aux côtés de Baptiste Benetoux, Juan Alday a dirigé son premier stage d’observation avec les meilleures joueuses françaises. Entre ses premières impressions, les critères qui guideront ses choix et sa vision du rôle de sélectionneur, le technicien argentin s’est confié à Padel Magazine.

« Un rôle très émouvant »

Juan Alday ne cache pas son enthousiasme au moment d’évoquer ses débuts à la tête de la sélection française.

S’il connaissait déjà l’ensemble des joueuses grâce aux nombreux matchs désormais diffusés, ce premier rassemblement lui a permis de les côtoyer au quotidien.

« Je suis très heureux et très ému par cette nouvelle étape. Je connaissais déjà toutes les joueuses françaises, mais les voir de plus près est différent. Et avec Baptiste à mes côtés, tout est beaucoup plus simple. »

Un stage tourné vers l’observation

Le récent stage n’avait pas pour objectif de bouleverser les repères des joueuses, mais bien de mieux les connaître.

Certaines arrivaient directement de compétition avec de la fatigue dans les jambes, d’autres abordaient ce rassemblement avec un peu de nervosité, mais l’état d’esprit général a pleinement satisfait le nouveau sélectionneur.

« Les filles avaient beaucoup d’énergie. Certaines étaient fatiguées, d’autres un peu nerveuses, mais nous avons vraiment apprécié ce stage. »

Plus que le niveau de jeu, Juan Alday explique avoir observé un autre aspect.

« Ce qui m’intéresse le plus, ce n’est pas uniquement leur niveau. Je regarde surtout leur énergie, leur manière de résoudre certaines situations ou de gérer un match. C’est cela qui m’a le plus marqué positivement. »

Lou Lambert et Kimy Barla, deux joueuses qui l’ont marqué

Invité à citer des joueuses qui l’ont particulièrement impressionné, Juan Alday reconnaît l’exercice délicat.

« C’est toujours compliqué de ne citer que deux joueuses, car cela peut donner l’impression d’oublier les autres. »

S’il refuse de hiérarchiser son groupe, deux jeunes joueuses ont tout de même retenu son attention.

« J’ai beaucoup aimé revoir Lou Lambert et Kimy Barla, que j’avais découvertes l’an dernier aux championnats de France à Perpignan. J’ai apprécié leur évolution et leur progression. Cela donne envie de voir ce que l’avenir leur réserve. »

Pourquoi Steffi Merah a été retenue

Interrogé sur la sélection des prochains Jeux Européens, où Steffi Merah a été préférée à Clara Mansart, Juan Alday insiste sur un point : aucune joueuse n’est véritablement devant une autre.

« Je ne privilégie personne. Les décisions sont très difficiles parce que les niveaux sont très proches. »

Il explique que la décision s’est jouée sur de très petits détails, qu’il préfère ne pas dévoiler.

« Ce sont des choix très compliqués. Cela ne veut pas dire que les joueuses non retenues sont moins fortes ou qu’elles ne seront pas sélectionnées plus tard. »

Le technicien rappelle d’ailleurs que la concurrence est particulièrement dense.

« Il n’y a pas seulement Clara. Il y a aussi Camille, Cassandra, Jennifer… beaucoup de joueuses évoluent à un très bon niveau. Avec Baptiste, nous avons estimé que, pour cette échéance, Steffi était le meilleur choix. »

« Le plus important, c’est de créer une équipe »

Habitué au circuit Premier Padel, Juan Alday distingue clairement son travail quotidien de celui de sélectionneur.

Lorsqu’il entraîne une paire toute l’année, il peut intervenir sur les aspects techniques ou tactiques. En sélection, la logique est totalement différente.

« Je ne suis pas là pour modifier techniquement une joueuse. Chacune a déjà son entraîneur. Mon rôle est de comprendre ses qualités, de les optimiser et surtout de trouver les meilleures associations. »

Pour lui, la réussite d’une sélection ne repose pas uniquement sur le talent individuel.

« Il peut y avoir deux excellentes joueuses qui ne fonctionnent pas ensemble. Le travail d’un sélectionneur n’est pas simplement d’aligner les meilleurs noms, mais de construire une véritable équipe. »

Un regard sur le débat FIP vs Premier Padel

Enfin, Juan Alday a été interrogé sur une question qui anime actuellement le circuit : plusieurs joueurs du Top 60 choisissent désormais de disputer des tournois du FIP Tour plutôt que certains rendez-vous Premier Padel afin de maximiser leur récolte de points.

Pour l’Espagnol, ce choix est parfaitement compréhensible.

« Aujourd’hui, les entraîneurs et les joueurs s’adaptent aux règles du circuit. Si un joueur peut gagner davantage de points sur un tournoi FIP que sur un Premier Padel, je trouve logique qu’il fasse ce choix. »

Sans avancer de solution miracle, il estime toutefois qu’une meilleure harmonisation du calendrier serait bénéfique.

« Il faudrait mieux organiser les tournois. Par exemple, il serait plus logique qu’un P2 comme Bordeaux passe avant certains FIP. Les joueurs ont besoin de continuer à disputer des FIP sans perdre leurs chances sur Premier Padel. C’est une situation compliquée, mais il faudra trouver une solution. »

À quelques mois des Championnats du monde, ce premier stage aura surtout permis à Juan Alday de poser les bases de son projet. Le technicien espagnol l’assure : au-delà du niveau de jeu, c’est la capacité des joueuses à former un collectif performant qui guidera ses prochaines décisions.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !