Présent à Marbella pour la Reserve Cup, Jon Sanz s’est confié à Padeladdict sur son début de saison avec Coki Nieto, son évolution depuis leur première association en 2024, mais aussi sur les dernières décisions prises par la FIP et Premier Padel. Le Navarrais, aujourd’hui 11e mondial, demande davantage d’écoute et de considération pour les joueurs, dans un circuit où les exigences sportives, économiques et médiatiques deviennent de plus en plus importantes.
Une paire qui avance avec confiance
Associé à Coki Nieto, Jon Sanz réalise une saison solide. Plusieurs quarts de finale, quelques demi-finales, une place stable dans le haut du classement : la paire espagnole s’installe progressivement comme l’une des plus régulières derrière les quatre premières associations du circuit.
« Avec Coki, on a une très bonne connexion, pas seulement sur la piste, mais aussi en dehors. Et pour moi, c’est ce qui compte le plus. »
Sanz se dit satisfait de son début de saison, même s’il sait que le cap suivant reste difficile à franchir.
« Nous sommes contents, mais les quatre premières paires sont à un très haut niveau. Il faut continuer à travailler, gagner en confiance et croire que les résultats finiront par arriver. »
Plus soudés qu’en 2024
Jon Sanz et Coki Nieto avaient déjà partagé la piste en 2024. Mais selon le Navarrais, la version actuelle de leur paire est plus aboutie, notamment sur le plan collectif.
Il note d’abord les progrès de son partenaire.
« Coki met de plus en plus de pression. Il a beaucoup progressé au filet et pousse davantage vers l’avant. »
Mais la principale différence se situe ailleurs.
« Nous sommes plus unis qu’en 2024. On se soutient davantage, on prend plus soin l’un de l’autre, on est plus équipe. »
Pour Sanz, cette dimension mentale peut faire basculer une saison.
« Les meilleures paires arrivent presque toujours en demi-finales ou en finales. Cela donne énormément de confiance et permet d’aborder les matchs différemment. »
La FIP, les règles et le manque de communication
Interrogé sur les récents changements annoncés par la FIP concernant le système de points et le format des tableaux, Jon Sanz ne remet pas forcément en cause le besoin d’évolution. Au contraire, il estime que le circuit doit continuer à se structurer.
Mais il demande une chose simple : que les joueurs soient davantage consultés.
« Ce que je demande, c’est qu’on nous communique les choses, qu’on ait une voix, qu’on puisse donner notre avis. Très souvent, on ne nous demande même pas. »
Une frustration que le joueur exprime sans chercher la polémique, mais avec une certaine fermeté.
« Nous sommes tous là pour faire avancer le padel. Mais parfois, on ne peut pas aider parce que la communication entre les différentes parties n’est pas bonne. »
Un calendrier toujours plus lourd
Sanz ne veut pas forcément entrer dans le débat du nombre de tournois. Mais il rappelle une réalité : les joueurs enchaînent de plus en plus.
Entre Premier Padel, les tournois FIP nécessaires pour marquer des points, et les exhibitions, la saison devient très dense.
« Au lieu de jouer 21 tournois, tu finis parfois par en jouer 25. La charge est très élevée. »
Le Navarrais insiste aussi sur les conditions de travail autour des joueurs.
« Il faut prendre soin des équipes, des joueurs et des joueuses. Nous venons faire notre travail. Ce n’est pas normal qu’on nous mette des obstacles pour gérer notre image ou notre bien-être. »
Pour lui, le constat est évident.
« Sans les joueurs, il n’y a pas de tournoi. Il faut nous aider à être à 100 % et à nous sentir bien partout où nous allons. »
La Reserve Cup, une exhibition prise au sérieux
À Marbella, Jon Sanz dispute la Reserve Cup, un événement d’exhibition, mais avec une vraie dimension compétitive et économique.
Le joueur assume totalement sa présence.
« Je viens ici pour gagner. Je ne viens pas faire n’importe quoi. Quand je rentre sur la piste, je donne tout. »
Il explique aussi que ces événements ont un rôle important dans l’équilibre financier d’une carrière.
« On ne peut pas vivre uniquement de Premier Padel, sauf pour les finalistes et les champions, parce que les prize money ne sont pas si élevés. Notre carrière est courte, il faut essayer d’en tirer le maximum pendant les années où l’on peut le faire. »
Sanz reconnaît toutefois que si les gains sur Premier Padel augmentaient, les joueurs réfléchiraient peut-être davantage avant d’accepter autant d’exhibitions.
« Le corps a besoin de repos. Si les revenus sur Premier Padel étaient plus élevés, peut-être qu’au lieu de faire cinq exhibitions, on en ferait deux. »
Une finale mondiale avec Paquito, Lebrón, Coello et Coki
Pour conclure, Jon Sanz s’est prêté au jeu d’imaginer la composition de l’Espagne pour une éventuelle finale des Championnats du monde.
Il ne donne pas trois paires complètes, mais cite deux associations qu’il alignerait sans hésiter.
La première : Paquito Navarro / Juan Lebrón.
« Ce sont deux joueurs qui ressentent le maillot d’une manière très spéciale. »
La seconde : Coki Nieto / Arturo Coello.
« Pour moi, cette paire ne rate pas. »
Pour la troisième association, Sanz laisse plusieurs options ouvertes, mais refuse d’écarter Ale Galán.
« Ale, je ne peux pas le laisser dehors. Tout dépendrait des sensations du moment, de l’état de forme et de celui qui arrive avec le meilleur niveau pour gagner. »
Une réponse qui résume bien la vision du Navarrais : au plus haut niveau, le talent ne suffit pas toujours. La confiance, l’état d’esprit et la capacité à répondre présent le jour J pèsent parfois autant que le classement.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

























































































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