Manu Garcia, l’expert de la raquette de padel, s’associe à Julien Pès avec la nouvelle plateforme My Padel Store. Nous revenons avec lui sur ses projets, et sa vision du padel en France et du marché de la pala.

L’association avec Julien Pès

“Julien s’est lancé il y a un an, et j’étais son fournisseur. Je représentais plusieurs marques. Julien s’approvisionnait donc chez moi. On avait déjà une très bonne relation.”

“J’ai ensuite arrêté de travailler pour Padel Nuestro, et j’ai décidé de lancer mon propre site. J’ai racheté My Padel Store. Les gens me disaient “pourquoi tu ne le fais pas avec Julien ?” Petit à petit, on s’est dit qu’on allait travailler ensemble. La société de Julien a donc absorbé mon site, et on s’est associés.”

“My Padel Store va être en ligne très prochainement, et le site French Padel Shop se porte très bien.”

“En 2021, on va casser les codes”

“Il y a de belles perspectives pour 2021. On va mettre en place au moins un service très innovant qui va casser les codes. On prend le temps d’accompagner nos clients et on va aller encore plus loin pour être plus proche des clients. On va continuer de battre les records en vente de raquettes.”

“On veut aussi travailler avec les boutiques, mais d’une manière saine en les aidant à développer un pro-shop. On est experts et on le dit sans prétentions. On a plus de 90 raquettes de test, on a des prototypes de raquettes qui n’existent pas qui nous permettent de travailler sur les sensations. Certains shops offrent simplement 5, 6 ou 7 raquettes. On a tout testé et ça permet au conseil d’être très bon.”

“Avec notre statut d’expert, on veut accompagner les clubs. Notre but n’est pas de faire de l’argent avec eux. On veut les aider à cultiver cette culture du padel, et de leur donner envie de mettre un pro-shop chez eux. On sait que ça durera probablement deux ans avec nous et que ces clubs passeront en direct avec les marques. Mais nous leur aurons mis le pied à l’étrier, et on aura développé cette culture de la raquette, de la qualité et de l’expertise. Je serai là pour les aider et les former sur les raquettes.”

“En France, rien n’est fait pour que ce soit simple”

“On nous promet un boom du padel depuis des années, mais ça n’arrive pas. Pour moi, un boom serait par exemple : 900 terrains qui se créent en 1 an. Les 150 terrains par an, ce n’est pas ça le boom. Le développement en France est moyen comparé à d’autres pays, même s’il est encourageant. Le padel va très bien se développer en France, j’en suis persuadé, mais comme on l’attendait. L’avenir est très beau pour le marché français mais on y est pas encore. “

“Les entités qui sont censées faciliter les choses ne le font pas. Le marché français est complexe pour monter un club. Il y a une pression financière sur les loyers. Pour les clubs publics, il y a beaucoup de paperasse. En France, rien n’est fait pour que ce soit facilité. Ce qui a fait le boom du padel en Espagne, c’est que c’était simple. On montait un club en 2 mois. En France, on met au moins un an et demi.”

“La FFT ne doit pas jouer au banquier, elle doit changer les mentalités”

“On ne peut pas faire moins que ce que l’on fait aujourd’hui. On a très peu de terrains, on a peu de clubs privés, le padel n’est pas encore accessible sur tout le territoire. Beaucoup d’acteurs font le travail pour que le sport se développe, notamment Padel Mag qui fait parler du padel. On a des clubs privés qui mettent toute leur passion et tout leur argent pour démocratiser le padel.

“Le seul point négatif est l’accompagnement. La FFT pense qu’elle fait tout et qu’elle met en place beaucoup de choses, mais ce n’est pas le cas. Je pense qu’ils font des choses, mais ce n’est pas suffisant. Le plus gros travail de la FFT, ce n’est pas de filer des chèques à droite à gauche pour mettre des terrains. Leur travail est de changer les mentalités, car il y a encore trop de clubs de tennis dans lesquels il y a des vieux qui ne veulent pas mettre de padel, car ils sont persuadés que ça va être la mort du tennis.”

“La FFT doit donner envie à un maximum de clubs de tennis de mettre des terrains de padel. Leur démarche doit être commerciale pour convaincre et vendre le padel, plutôt que de jouer les banquiers en payant X% du projet. Le travail d’une fédération c’est de conseiller, de commercialiser le sport et de faire le boulot sur les Roland-Garros, sur les gros tournois ATP qu’on a en France. Pourquoi pas intégrer un peu de padel dans les stages de l’équipe de France, de communiquer là-dessus. De payer sur des campagnes de communication. Les marques font leur partie du job, mais maintenant on compte sur la FFT.”

L’influence des mesures sanitaires

“Aujourd’hui 3 personnes sur 4 qui achètent une raquette de padel le font car la précédente est cassée. Si les gens ne jouent pas, ils ne changent pas de raquettes et ne consomment pas de matériel padel. C’est donc compliqué. Julien est serein car le premier confinement ne s’est pas mal passé pour lui. Ce n’est qu’une pause dans le chemin.”

“Sur le court Julien est à gauche, en dehors c’est moi l’agressif”

“Sur le court, c’est Julien le joueur de gauche : il a un passé tennis meilleur que le mien. Il est plus technique et est plus agressif, c’est lui qui vient finir les points. Moi, je travaille pour que lui réussisse. En dehors du court, c’est un peu l’inverse, c’est moi l’agressif. Je suis l’exigeant, ça passe ou ça casse mais ça avance. Je suis le joueur de gauche en dehors du terrain, et lui il est à droite et communique très bien.”

Le service client, une priorité

“Je pense qu’il faut soutenir les commerces français dans la mesure du possible. Nous cultivons aussi nos concurrents, car ce sont avant tout nos amis, et si eux grandissent, on grandit aussi. C’est très important de se soutenir. L’union fait la force.”

“Notre front c’est l’Espagne. Certains sites mettent en place des choses à la limite de la légalité et à la limite du respect du consommateur. Nous on ne veut pas que ça se passe comme ça en France. La plus grosse part du gâteau en France ce sont eux qui l’ont. Ils peuvent se permettre de faire de très grosses réductions parfois insultantes. C’est au détriment du conseil, et du SAV. On ne partage pas cet avis. On veut que le service soit excellent.”

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.