Certains clubs de padel font le choix, encore assez rare, d’implanter une ou plusieurs pistes “single” ou “solo”, afin de diversifier leur offre ou par manque de place pour une piste classique. Ces terrains ont généralement la même longueur que les autres, à savoir 20 mètres. En revanche, ils ne mesurent que 6 mètres de large au lieu de 10, ce qui permet à un seul joueur de couvrir la totalité de la piste.
Ces terrains sont très peu répandus en France, aussi avons-nous voulu tester celui qui vient d’être ouvert à Mulhouse, dans le complexe privé Squash 3000. En l’espace d’une heure de jeu, il y a déjà de quoi se faire un avis sur les avantages et les inconvénients de la pratique sur un petit court.
■ Un prix inférieur.- Louer un terrain single pendant une heure coûte 24 € en heure pleine dans ce club mulhousien, soit 12 € de moins qu’une piste de 20 x 10 m. Pour deux joueurs souhaitant s’entraîner et faire des gammes ou pour des élèves qui prennent une leçon individuelle, cela fait baisser l’addition.
■ Un bon moyen pour maîtriser les vitres.- Parce qu’un angle droit reste un angle droit, un terrain single permet de travailler les doubles vitres aussi bien que sur un grand terrain. Un avantage : l’étroitesse de la piste permet de défendre à la fois les balles côté coup droit et celles côté revers. C’est donc un bon moyen de progresser en apprenant à gérer les trajectoires vitre du fond / vitre latérale et les trajectoires vitre latérale / vitre du fond. Ce qui change par rapport à un grand terrain, c’est que les balles à défendre ont forcément moins d’angle, car elles proviennent d’une zone plus centrale.
Gagner des points sans monter au filet
■ Du tennis entre parois ? On a pu lire ou entendre que le padel sur petit terrain ressemble à du tennis entre parois. Personnellement, je ne dirais pas ça. S’il est vrai que l’on peut – comme au tennis – jouer (et gagner) des points depuis le fond de court, il est aussi indispensable de laisser passer la balle pour la jouer après la vitre. Et les effets coupés restent beaucoup plus efficaces que les effets liftés, à l’inverse du tennis.

■ Monter ou ne pas monter au filet ? Telle est la question qui se pose aux joueurs. Suivre son service systématiquement au filet entraîne un risque accru de subir un passing-shot gagnant. Le volleyeur doit en effet couvrir une largeur de 6 m (au lieu de 5 m en double) et il ne peut pas compter sur son partenaire pour fermer les angles. Si vous montez au filet sur terrain single, il faudra donc vous appuyer sur un bon service, être rapide, prêt à jaillir d’un côté ou de l’autre et ne pas oublier de faire une reprise d’appuis. Cette dernière est indispensable pour être en équilibre au moment de frapper votre première volée : c’est vrai à 4 joueurs et encore plus à 2 !
À l’inverse, sur ce terrain single, le serveur pourra très bien choisir de ne pas monter au filet immédiatement et d’attendre une balle plus favorable pour le faire. Mais c’est prendre le risque de laisser le relanceur conquérir le filet avant vous. La prime au serveur étant moindre, le jeu à deux favorise donc un grand nombre de breaks…
Un jeu où il vaut mieux limiter les risques
■ Le risque est-il payant ? Il est tentant de croire que taper fort sur un petit terrain est payant. C’est une idée fausse. Les parois latérales étant beaucoup plus proches que sur un grand terrain, toute balle mal centrée et tout placement approximatif risquent de vous conduire à la faute. En clair, l’attaquant a une marge d’erreur beaucoup plus faible que sur grand terrain. À l’inverse, plus une balle a de chances de toucher une ou plusieurs parois, plus le défenseur sera à même de la rattraper.
Un terrain single favorise donc un jeu plus attentiste et incite à limiter les risques. N’en déplaise aux tennismen puissants pratiquant un “padel pourcentage”, le jeu en solo pousse à jouer à l’espagnole et donc à tendre vers le “zéro faute”. Une bonne habitude à prendre avant de retourner sur un terrain pour quatre…
■ Question d’échelles.- Si un terrain de padel de 20 x 10 m semble minuscule quand on vient d’un court de tennis, il paraît géant après avoir testé un terrain de 20 x 6 m. S’adapter à ce dernier, c’est prendre le risque d’être complètement perdu – au moins provisoirement – en revenant au jeu à quatre. À cette perte de repères, s’ajoute une gestion des angles différente selon qu’on joue sur une largeur de 6 ou de 10 m.

■ Un plaisir supérieur ? La réponse à cette question est évidemment subjective. En seulement une heure de jeu, il est difficile de prendre autant de plaisir que sur une piste classique dont on maîtrise beaucoup mieux la géométrie. Mais une fois les repères acquis, le padel à deux a de quoi séduire. La stratégie y est différente, on ne risque pas de se chamailler avec son partenaire et la dépense physique est plus importante qu’à quatre.
Mais c’est aussi le cas en jouant sur grand terrain en diagonale, un excellent exercice qui a l’avantage de n’entraîner aucune perte de repères. À vous de tester et de nous faire part de vos avis sur la question en commentant cet article.
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.



































































































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