Quelques minutes après l’annonce de la sélection espagnole pour le Mondial de Doha 2026, Carolina Navarro s’est confiée à MARCA sur ses choix. Pour sa première grande liste à la tête de la sélection féminine, l’ancienne légende du padel espagnol a dû trancher entre plusieurs joueuses capables de prétendre à une place.

Le choix le plus fort reste évidemment l’absence d’Alejandra Salazar, écartée au profit de Marta Ortega, tandis que Martina Calvo et Andrea Ustero symbolisent pleinement le renouvellement générationnel espagnol.

« Une décision très difficile »

Carolina Navarro ne le cache pas : la construction de cette liste lui a donné beaucoup de travail.

« Je ne sais pas si le mot est soulagement ou tranquillité. Cela fait plusieurs mois assez compliqués avec cette sélection. »

Avec un réservoir aussi dense, la sélectionneuse explique avoir voulu faire abstraction de tout le contexte entourant certains noms.

« J’ai essayé d’effacer un peu tout le bruit autour et de réfléchir de la manière la plus objective possible à la meilleure équipe. »

Pour elle, les six premières joueuses de la liste étaient pratiquement indiscutables, aussi bien par le classement que par leur niveau de jeu.

Les véritables choix se sont donc joués sur les dernières places.

Martina Calvo préférée à Tamara Icardo

L’une des décisions concernait Martina Calvo.

Carolina Navarro explique avoir hésité avec Tamara Icardo, mais les dernières prestations de la jeune Espagnole ont fini par faire la différence.

« Martina a une attitude sur la piste qui est énorme. Elle joue très bien, termine très bien les matchs et c’est aussi une joueuse agressive. »

Les conditions attendues à Doha ont également pesé.

Avec la chaleur et une piste annoncée rapide, Navarro estime que le profil offensif de Calvo peut apporter beaucoup à l’Espagne.

Le choix difficile entre Salazar et Marta Ortega

L’autre grande décision concernait Alejandra Salazar et Marta Ortega.

Et c’est celle qui aura été la plus difficile humainement.

Salazar, qui dispute sa dernière saison professionnelle, aurait pu vivre à Doha son dernier Mondial avec l’Espagne.

« Alejandra le mérite pour toute sa carrière. Elle jouait bien et cela aurait été son dernier Mondial. »

Mais Carolina Navarro rappelle également que ce rendez-vous pourrait être l’un des derniers pour Marta Ortega.

Et sur la forme du moment, elle a estimé que Martita méritait davantage sa place.

« Elle joue très bien, c’est une joueuse très rapide, avec aussi ses moments d’agressivité, et je pense qu’actuellement elle est plus performante. »

« Marta l’a mérité sur la piste »

La sélectionneuse insiste sur un point : le choix d’Ortega est avant tout sportif.

« Elle réalise une grande année. Elle se l’est mérité et l’a gagné sur la piste. »

Son profil correspond également aux conditions de Doha, avec beaucoup de vitesse et une capacité à accélérer quand le jeu le demande.

Pour Navarro, il ne s’agissait donc pas de sélectionner une joueuse pour son histoire ou son statut, mais de construire l’équipe qu’elle estime la plus compétitive possible.

Une décision particulièrement dure avec Salazar

L’aspect émotionnel n’a pourtant pas été simple à gérer.

Carolina Navarro connaît très bien Alejandra Salazar. Elles ont joué ensemble et la sélectionneuse explique avoir elle-même connu une situation similaire en fin de carrière.

« J’ai vécu cette situation. J’ai disputé mon dernier Mondial sans savoir si j’allais jouer ou non, et finalement je n’ai pas joué. C’était très dur. »

Elle reconnaît donc avoir beaucoup pensé à ce que cette absence pouvait représenter pour Salazar.

Mais au moment de décider, elle affirme avoir voulu enlever toute la dimension émotionnelle.

« Je devais essayer d’enlever toute la partie subjective et réfléchir avec la tête. »

Un renouvellement générationnel impressionnant

Avec Martina Calvo et Andrea Ustero, l’Espagne arrivera également à Doha avec une sélection très jeune.

Carolina Navarro se dit impressionnée par la maturité de cette nouvelle génération.

« C’est une folie. Les joueuses que nous avons sont très jeunes. »

Et pourtant, malgré leur âge, elles possèdent déjà beaucoup d’expérience sur les gros rendez-vous.

Finales, titres, matchs sous pression : plusieurs d’entre elles ont déjà vécu des situations importantes sur le circuit.

Navarro rappelle toutefois qu’un Mondial reste particulier.

« Porter le maillot de l’Espagne, ce n’est pas la même chose que jouer sur Premier Padel. »

L’Espagne favorite selon Navarro

Lorsqu’on lui demande si l’Espagne dispose de la meilleure équipe, Carolina Navarro ne détourne pas la question.

Oui.

Et lorsqu’on lui demande si elle considère son équipe favorite, la réponse est également positive.

Elle reste néanmoins prudente vis-à-vis de l’Argentine.

Selon elle, Delfi Brea, Claudia Jensen et Aranza Osoro constituent notamment des joueuses capables de faire basculer une rencontre.

Navarro insiste surtout sur la capacité des Argentines à se transcender en sélection.

« Quand elles mettent le maillot, elles jouent dix fois plus. »

Italie, France et Portugal derrière les deux grandes nations

Enfin, la sélectionneuse espagnole a également évoqué les nations capables de se rapprocher progressivement de l’Espagne et de l’Argentine.

Trois pays sont cités : l’Italie, la France et le Portugal.

Trois sélections qui disposent selon elle de très bonnes équipes et qui pourraient progressivement réduire l’écart avec les deux références historiques.

Pour Carolina Navarro, le cap est désormais clair : après des mois de réflexion, la liste est faite. Et malgré les choix difficiles, notamment celui de laisser Salazar à la maison, elle assume pleinement son groupe pour aller chercher un dixième titre mondial féminin pour l’Espagne.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !