La victoire de Javi Leal / Fran Guerrero au FIP Platinum Lyon ne s’est pas arrêtée au simple trophée.

Quelques secondes après avoir renversé Franco Stupaczuk / Jon Sanz en finale, les deux Espagnols ont célébré leur titre avec un geste qui n’est pas passé inaperçu : la main portée à l’oreille, comme pour mimer un appel téléphonique.

Une célébration difficile à dissocier de l’annonce de la sélection espagnole pour le Mondial de Doha, quelques jours plus tôt, où ni Leal ni Guerrero n’avaient finalement été retenus par Juanjo Gutiérrez.

« Ici, nous sommes »

Le message pouvait difficilement être plus clair.

Leal et Guerrero avaient intégré la pré-liste espagnole et pouvaient légitimement espérer décrocher l’une des huit places pour Doha.

Mais au moment du choix final, Juanjo Gutiérrez a notamment préféré Jon Sanz et Aimar Goñi pour compléter son groupe.

Quelques jours plus tard, Leal / Guerrero remportent Lyon en battant justement Stupaczuk / Sanz en finale.

Un scénario forcément particulier, surtout pour Guerrero, directement en confrontation avec Sanz pendant une grande partie du match.

Guerrero : « C’était une semaine difficile »

Après la finale, Fran Guerrero n’a pas caché que la semaine avait été particulière à gérer.

« C’était une semaine difficile, avec des décisions qui affectent notre vie sportive. »

Mais plutôt que de laisser cette déception peser sur leur tournoi, les deux joueurs ont réussi à la transformer en motivation.

« On est très contents de la manière dont on a terminé la semaine et du niveau que nous avons montré. »

Interrogé sur la dimension d’orgueil derrière cette victoire, Guerrero a été clair :

« De l’orgueil, de tout. Javi et moi sommes une paire qui a déjà montré ce dont elle est capable. »

Une réponse directement sur la piste

Leal / Guerrero ne pouvaient évidemment plus changer la décision du sélectionneur.

Ils pouvaient en revanche contrôler leur réaction.

Et à Lyon, leur réponse aura été sportive : gagner.

Après plusieurs matchs difficiles, ils ont battu Momo González / Lucas Campagnolo en demi-finale avant de renverser la tête de série 1 en finale.

Une performance encore plus symbolique quelques jours seulement après la déception de la sélection.

« Quand on joue ensemble, nous sommes beaucoup plus dangereux »

Fran Guerrero a également insisté sur un point qui accompagne la paire depuis plusieurs mois : leur capacité à jouer réellement ensemble.

« Tout est une question d’attitude de notre part. Dès qu’on joue ensemble, je pense qu’on devient une paire beaucoup plus dangereuse. »

Une phrase qui résume assez bien leur saison.

Le duo a parfois affiché de la tension sur le banc, des frustrations et quelques discussions lorsque les matchs tournent mal.

Mais lorsque les deux joueurs avancent dans la même direction, leur niveau change complètement.

De Londres à Lyon, une frustration mieux canalisée

Quelques mois plus tôt à Londres, après une élimination au premier tour alors qu’ils arrivaient d’une finale en Afrique du Sud, leur frustration avait débouché sur une discussion très remarquée.

À Lyon, le scénario est différent.

La déception est toujours présente, mais elle est transformée en agressivité sportive et en résultats.

Et le contraste est intéressant : au lieu de laisser la frustration les séparer, Leal et Guerrero l’ont utilisée pour renforcer leur paire.

Un message à Juanjo Gutiérrez ?

Le geste du téléphone restera forcément sujet à interprétation.

Mais au vu du contexte, difficile de ne pas y voir un message adressé au sélectionneur espagnol.

Pas nécessairement une attaque, mais plutôt une manière de dire :

« Nous sommes toujours là. »

Le Mondial leur échappera cette année, mais quelques jours après l’annonce de la liste, Leal / Guerrero ont répondu de la meilleure manière possible : en remportant un FIP Platinum et en battant en finale l’un des joueurs qui leur a été préféré pour Doha.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !