Koji Nakatsuka est le président de la Japanese Padel Association, et du comité Asie-Pacifique de la FIP. Padel Magazine le rencontre pour parler du développement du padel au Japon, ainsi que sur tout le continent.

Une manière originale d’attirer des joueurs

Lorenzo Lecci Lopez : Comment es-tu arrivé dans le monde du padel, et comment as-tu atteint la présidence de ces deux institutions ?

Koji Nakatsuka :“Je suis né au Paraguay, et j’y ai grandi. J’ai donc connu le padel là-bas en 1993, lorsque les raquettes étaient encore en bois. J’ai donc commencé le padel, et jusqu’en 2002 j’y ai joué au Paraguay avec mes amis.”

“Je suis arrivé au Japon au 2002, et le padel n’existait pas là-bas à ce moment-là. En 2013, le padel est arrivé. Je ne suis pas la personne qui a ramené le padel au Japon, mais dès le premier jour où le premier terrain de padel a été construit au Japon j’ai recommencé à jouer.”

“J’ai commencé à aider à la diffusion de ce sport, et nous avons commencé à créer ce qui est la fédération actuelle. A cette époque, personne ne connaissait le padel ici, et c’était très difficile de le faire connaître. Nous avons donc organisé des barbecues pour que les gens viennent. Les gens ne prenaient pas des photos du padel, mais de la viande ! Ils diffusaient ensuite les images à leurs amis qui voulaient eux aussi venir manger de la viande. C’est comme cela que l’on a obtenu nos premiers adeptes de padel au Japon.”

“En 2016, nous avons officialisé la JPA (Japan Padel Association), et nous sommes entrés à la FIP pour organiser le padel. J’ai postulé pour la présidence, et depuis j’y suis. Nous travaillons pour le développement du padel au Japon et dans toute la zone Asie-Pacifique.

japan padel association photo de groupe

De plus en plus de joueurs

Lorenzo Lecci Lopez : Comment se développe actuellement le padel au Japon ?

Koji Nakatsuka :“Nous avons 27 courts dans 15 clubs, avec 600 licenciés et qui payent la cotisation annuelle pour jouer les tournois. Nous estimons qu’il y a 20 000 adeptes qui jouent au minimum une fois par an. Tous les courts sont pleins à craquer le week-end.”

“Le Japon se divise entre la partie Est de Tokyo, et la partie Ouest d’Osaka. Les courts se répartissent approximativement sur du 50/50 dans ces deux régions. En termes de joueurs et de niveau, la grande majorité est du coté de Tokyo. Nous travaillons pour développer le padel dans toutes les régions du Japon.”

“Sur les 27 courts, seulement 5 sont en indoor. Dans les villes comme Nagoya ou Osaka, des courts naissent au sein même d’infrastructures comme des centres commerciaux. Nous avons peu de terrains vides au Japon, et nous profitons donc de ces espaces dans les grandes villes. Sur les parkings, ou sur les toits. C’est très typique du Japon, et je pense que nous optimisons bien ces espaces.”

“Si le Covid nous le permet, nous devrons avoir 20 terrains supplémentaires d’ici 2021 ou 2022.”

japan padel association joueurs hommes

Une forte progression du niveau des joueurs

Lorenzo Lecci Lopez : Quel est le niveau des meilleurs japonais. Nous avons déjà vu un Japonais sur le WPT, pourrait-on en voir plus régulièrement ?

Koji Nakatsuka :“Oui bien sûr. Nous travaillons pour cela, et le niveau des joueurs japonais progresse énormément. La semaine dernière nous avons eu la All Japan, qui est notre Master Final. Nous avons pu montrer sur YouTube, le niveau qu’ont désormais les joueurs et joueuses japonais (es). Nous avons 50 000 visites sur la chaîne provenant de beaucoup d’endroits du monde. La finale masculine a été visionnée par 350 personnes en direct. Je veux également remercier tous nos sponsors et le staff de la JPA.” 

Lorenzo Lecci Lopez : Quelle relation entretenez-vous avec la Fédération Japonaise de tennis ?

Koji Nakatsuka :”Nous ne sommes pas encore vraiment en contact avec la fédération de tennis. Il est important que nous puissions travailler ensemble, nous ne voulons pas nous opposer au tennis. Nous sommes une association indépendante mais il est important de se donner la main pour le développement du sport.”

Yōichi Takahashi koji nakatsuka padel japon

Gagner en visibilité avec les célébrités et les JO

Lorenzo Lecci Lopez : Dans des conditions particulières, Tokyo va accueillir les Jeux Olympiques. Le padel peut-il bénéficier du mouvement sportif impulsé par les JO ?

Koji Nakatsuka :”Le Covid nous a beaucoup atteints. Nous avions des choses prévues pour les JO, mais malheureusement nous ne pourrons pas les faire. Il est difficile de prendre les décisions de manière officielle.”

Lorenzo Lecci Lopez : Kei Nishikori et Naomi Osaka ont une excellente image au Japon. Dans quelles mesures le padel peut-il bénéficier de leur statut ?

Koji Nakatsuka :“Kei et Naomi vivent aux États-Unis, mais leur image est importante. Je pense qu’ils jouent au padel aussi là-bas. De très nombreux tennismen japonais jouent au padel, par exemple Yoshi Nishioka ou Kimiko Date. Nous devons tous travailler main dans la main.”

Lorenzo Lecci Lopez : Yōichi Takahashi, le créateur de l’animé «Olive et Tom » est fan de padel et nous l’avons d’ailleurs vu sur votre chaîne YouTube. Que signifie pour le padel qu’une si grande célébrité s’intéresse à ce sport ?

Koji Nakatsuka :“C’est primordial car ces célébrités ont une grande influence notamment sur les réseaux sociaux. Yōichi Takahashi adore le padel, il joue une fois par semaine. Il fait également parti de la JPA, et est venu voir la finale du All Japan. Il pense également à dessiner un nouvel animé avec du padel. Tout cela nous aide forcément, car ça donne de la visibilité.”

“Nous avons aussi des célébrités de la télé, avec des actrices et acteurs de séries télévisés, ou des musiciens qui jouent au padel, et cela nous aide à diffuser le sport.”

Faire de l’Asie un pilier du padel mondial

Lorenzo Lecci Lopez : Concernant le Comité Asie-Pacifique dont tu es le président. Quels sont les projets concrets, et comment avance le développement dans cette partie du monde ?

Koji Nakatsuka :“Le Comité Asie-Pacifique est né dans le but de s’organiser entre les continents. Ces dernières années, le padel a grandi sur le plan mondial, et la FIP avec son organisme centralisé ne pouvait pas tout gérer. Luigi Carraro a donc mis cela en place.”

“Nous avons maintenant 6 dirigeants (Australie, Thaïlande, Chine, Iran, Inde et Japon). Tous les deux mois nous faisons des réunions en vidéoconférence pour faire les projections pour le futur.”

“Nous parlons surtout de l‘implantation du sport, et la méthodologie de ce que nous avons mis en place au Japon. Pour le développement du padel, il est important de suivre la communication, la concurrence et le marché. Cela forme un cercle dont il faut s’alimenter pour faire avancer le sport.”

“Sur la partie promotion, l’usage des réseaux sociaux est fondamental. Nous diffusons ainsi le sport. Nous voulons créer des influencers padel. Sur la partie concurrence, nous organisons la Asian Cup tous les deux ans. Nous unifions aussi toutes les règles et points des rankings dans tous les pays d’Asie-Pacifique. Nous travaillons également sur la formation des entraineurs. Sur la partie marché, il s’agit surtout de la recherche de nouveaux sponsors.”

“Nous avons actuellement 300 terrains sur tout le continent et 50 000 fans. C’est très peu par rapport à la population que nous avons. Nous pouvons toucher des millions de personnes. Nous sommes sur le bon chemin pour y arriver. La région Asie-Pacifique sera un pilier du padel mondial !

Lorenzo Lecci López

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Son ambition est de couvrir les plus grands événements sportifs (J.O. et Mondiaux). Il s’intéresse à la situation du padel en France, et offre des perspectives pour un développement optimal.