Jusqu’où peuvent-ils aller ? Thomas Leygue et Jesús Moya vivent déjà une semaine hors norme à Roland-Garros. Partis des qualifications, les voilà en huitièmes de finale du Paris Major, avec désormais un défi immense devant eux : Franco Stupaczuk / Jon Sanz, tête de série 4.

Sur le papier, la marche est énorme. Mais après tout ce qu’ils ont déjà réalisé, difficile de ne pas se demander si le rêve peut encore continuer.

Un parcours déjà historique

Leygue / Moya disputent à Paris l’un des parcours les plus marquants du padel français.

Ils ont commencé dès les qualifications, avec une victoire face à Miguel Lamperti / Ferran Insa, puis un gros combat remporté contre Manuel Aragón Herrera / Albert Roglan Pons pour rejoindre le tableau principal.

Derrière, ils ont encore haussé leur niveau. D’abord face à David Gala / Enzo Jensen, battus 7/6 6/4, puis surtout face à Juanlu Esbrí / Sanyo Gutiérrez en seizièmes.

Face à deux joueurs du top 25 mondial, dont Sanyo, ancien numéro 1 mondial, Leygue et Moya ont sorti un match énorme pour s’imposer 6/2 4/6 7/5.

Une rencontre où ils ont été capables de dominer, de subir le retour adverse, puis de repartir de l’avant dans un troisième set irrespirable. Leygue a été monstrueux dans les moments chauds, tandis que Moya a encore fait beaucoup de dégâts dans le jeu aérien.

Avec cette victoire, Leygue est devenu le premier Français à atteindre les huitièmes de finale d’un Major.

Stupaczuk / Sanz, une autre dimension

Cette fois, l’opposition sera encore plus forte.

Franco Stupaczuk / Jon Sanz, tête de série 4, ont parfaitement lancé leur tournoi en dominant Facundo López / Franco Dal Bianco 6/4 6/2.

Une entrée en matière maîtrisée, sans avoir à puiser autant physiquement que leurs prochains adversaires.

Stupaczuk et Sanz évoluent dans une autre dimension en termes de rythme, d’intensité et de régularité. Pour Leygue / Moya, il faudra probablement jouer encore mieux que face à Esbrí / Gutiérrez.

Mais la confiance est totale.

Après quatre victoires consécutives, la paire franco-espagnole n’a plus grand-chose à perdre.

Le physique, l’immense interrogation

C’est peut-être le facteur le plus important de ce huitième.

Leygue / Moya vont disputer leur cinquième match en cinq jours à Roland-Garros. À l’inverse, Stupaczuk / Sanz n’en seront qu’à leur deuxième rencontre.

Et après leur victoire en seizièmes, Thomas Leygue est apparu en boitant.

Au micro de Padel Magazine, il avait expliqué s’être fait mal dès les deux ou trois premiers points du match face à Esbrí / Gutiérrez. Porté par l’adrénaline, sa famille et le public, il avait malgré tout continué jusqu’au bout.

Il avait même reconnu qu’à un moment, il ne pouvait « plus marcher », avant d’expliquer que l’adrénaline et le soutien du public lui avaient donné une dernière ressource.

C’est donc forcément l’une des grandes interrogations avant cette rencontre.

Leygue et Moya seront probablement beaucoup plus entamés physiquement que leurs adversaires. Et face à une paire comme Stupaczuk / Sanz, le moindre manque de fraîcheur peut coûter très cher.

Le Chatrier peut-il encore les transcender ?

Mais il reste un facteur difficile à mesurer : le Philippe-Chatrier.

Face à Esbrí / Gutiérrez, le public parisien a totalement porté Leygue dans les moments les plus difficiles. À plusieurs reprises, alors que la paire semblait proche de céder, l’ambiance a relancé la dynamique.

Leygue l’a lui-même reconnu : cette énergie lui a permis d’aller chercher des ressources qu’il ne pensait plus avoir.

Et après un tel parcours, le public devrait encore répondre présent.

Alors oui, sur le papier, Stupaczuk / Sanz sont largement favoris. Oui, Leygue / Moya arrivent avec quatre matchs dans les jambes et un Français diminué physiquement.

Mais après avoir déjà défié plusieurs fois la logique du classement cette semaine, pourquoi ne pas rêver encore ?

Une victoire face à la tête de série 4 serait cette fois un exploit monumental. Et elle offrirait à Thomas Leygue un quart de finale historique au Paris Major.

Le rendez-vous est fixé pas avant 18h sur le Philippe-Chatrier.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !