Le huitième de finale entre Juan Lebrón / Leo Augsburger et Javi Barahona / Maxi Sánchez a failli tourner à la grosse surprise sur le Philippe-Chatrier. La tête de série 3 est passée tout près de l’élimination avant de s’en sortir au terme d’un énorme combat, 4/6 7/6 6/4, après presque deux heures et demie.
Mais au-delà du scénario complètement fou, cette rencontre a surtout offert une séquence très intéressante sur le banc entre Juan Lebrón et Agustín Gómez Silingo. Une discussion qui montre à quel point le coach argentin joue aujourd’hui un rôle important dans la gestion émotionnelle de Lebrón.
Lebrón au bord de la rupture
Pendant une bonne partie de la rencontre, Lebrón n’a pas été dans sa meilleure version.
Barahona / Maxi Sánchez remportent le premier set 6/4, puis servent pour le match à 6/5 dans la deuxième manche. Dans le tie-break, ils mènent encore 5-2 et obtiennent même une balle de match.
Lebrón / Augsburger sont alors au bord de l’élimination.
Et sur le banc, Lebrón se livre à Silingo.
« Je fais une très bonne année, mais ces dernières semaines, je souffre. Ce n’est pas Leo, c’est moi-même. »
Une phrase très forte parce qu’elle montre surtout une forme d’autoanalyse.
Lebrón ne cherche pas d’excuse. Il ne rejette pas la faute sur son partenaire, sur le jeu ou sur les conditions. Il reconnaît simplement qu’il traverse une période plus compliquée.
Silingo, un rôle essentiel pour canaliser Lebrón
C’est là que le rôle de Silingo devient intéressant.
Depuis le début de leur collaboration, l’Argentin semble avoir trouvé une manière de parler à Lebrón. Pas seulement sur le plan tactique, mais surtout sur la gestion des émotions.
On connaît le tempérament du Lobo. Pendant longtemps, ses frustrations pouvaient rapidement prendre beaucoup de place dans un match. Un mauvais point pouvait devenir une séquence de plusieurs jeux compliqués, avec de la colère, des discussions ou une perte de concentration.
Face à Barahona / Sánchez, on a plutôt vu un Lebrón capable de mettre des mots sur ce qu’il ressentait, d’écouter son coach et de repartir.
Silingo ne semble pas chercher à éteindre complètement cette intensité qui fait aussi partie de la force de son joueur. Il essaie surtout de la canaliser, de la remettre au service du match.
Et sur ce point, la séquence du banc est révélatrice.
Un vrai travail sur lui-même
Ce match montre aussi peut-être une évolution de Lebrón.
Au lieu de s’énerver contre tout ce qui l’entoure, il se remet lui-même en question.
« Ce n’est pas avec Leo, c’est avec moi-même. »
Quelques mots seulement, mais qui disent beaucoup.
Lebrón semble avoir compris qu’une partie du problème ne se règle pas uniquement avec du padel. Il y a aussi un travail mental à faire, notamment pour accepter les périodes où les sensations sont moins bonnes, ne pas s’agacer au premier passage à vide et continuer à avancer.
Et ce huitième de finale en est un bon exemple.
Même lorsqu’ils sont menés 5-2 dans le tie-break, Lebrón / Augsburger ne sortent pas du match. Ils reviennent, sauvent la balle de match et arrachent le jeu décisif 8-6.
Puis ils prennent rapidement l’avantage dans le troisième set avant de conclure 6/4.
« Aujourd’hui, tout le mérite revient à mon partenaire »
Après la rencontre, Lebrón a également tenu à mettre Leo Augsburger en avant.
« Il y a beaucoup d’émotions et je dois accepter qu’en ce moment, je ne les gère pas aussi bien. Aujourd’hui, tout le mérite revient à mon partenaire. J’ai un animal à côté de moi. »
Et surtout :
« Il devrait regarder ce match mille fois pour voir comment il a tenu la paire et comment il a remonté le moral de nous deux. »
Une nouvelle preuve de cette évolution.
Lebrón reconnaît ses difficultés et valorise celui qui l’a aidé à traverser le match. Là encore, on est loin d’une réaction où la frustration prend toute la place.
Une victoire qui peut servir de déclic
Sportivement, Lebrón / Augsburger sont passés tout près de la catastrophe. Mais mentalement, cette victoire peut être très importante.
Ils ont été menés, ont eu une balle de match contre eux et ont longtemps produit un niveau inférieur à leurs standards. Pourtant, ils ont trouvé le moyen de rester ensemble et de renverser la situation.
Et dans cette remontée, Silingo semble avoir joué un rôle central, notamment dans sa capacité à maintenir Lebrón connecté au match.
La tête de série 3 poursuit donc son Paris Major, mais cette rencontre restera peut-être surtout comme un moment important dans le travail mental de Juan Lebrón.
Parce qu’au-delà de la victoire, le Lobo a surtout montré quelque chose qu’il n’a pas toujours réussi à faire dans le passé : se remettre en question sans exploser, écouter son coach et continuer à jouer.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !



































































































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Excellent article