Ari Sánchez et Andrea Ustero poursuivent leur aventure au Paris Major 2026. La tête de série 3 s’est qualifiée pour les demi-finales après avoir dominé Alejandra Salazar et Aranza Osoro (TS8) en trois sets, 6/3 3/6 6/2. Après la rencontre, les deux Espagnoles se sont longuement confiées en conférence de presse sur les difficultés rencontrées, la pression, leur travail mental et surtout sur la construction d’un projet qui semble prendre progressivement une nouvelle dimension.
En demi-finale, Sánchez / Ustero retrouveront Marta Ortega / Sofia Araújo (TS5), avec une place en finale du Major parisien en jeu.
Andrea Ustero : « Dans le deuxième set, ma tête m’a dit ciao »
Andrea, comment analysez-vous ce quart de finale et notamment ce deuxième set plus compliqué ?
Andrea Ustero : « Je pense que nous avons très, très bien commencé, avec les idées très claires. Nous savions ce que nous devions faire pendant tout le premier set.
Dans le deuxième, il y a eu des moments où ma tête m’a dit ciao. Mais je pense que nous avons réussi à revenir grâce à Ari et Ángel, qui ont eu beaucoup de patience sur le banc. Par moments, je ne me sentais pas complètement à l’aise.
Nous avons finalement très bien réussi à nous en sortir. Il y a beaucoup de mérite à revenir dans le troisième set contre deux joueuses qui s’accrochent énormément. Nous sommes très, très heureuses. »
Ari Sánchez et l’art de conclure : « Rester dans le présent »
Vous avez déjà évoqué votre difficulté à conclure certains sets ou certains matchs. Quel conseil donneriez-vous pour mieux gérer ces moments ?
Ari Sánchez : « Le conseil que je donnerais, et ce que nous essayons de faire, c’est de penser au présent, à chaque balle. Il faut avoir la tactique très claire et continuer à la suivre.
Il ne faut pas faire quelque chose de différent. Parfois, à l’approche de la fin d’un set, certaines idées te passent par la tête et tu veux tenter autre chose que ce que tu faisais jusque-là. Ce n’est pas forcément ce qu’il faut faire.
Mon conseil serait donc de continuer à faire ce qui te donnait des résultats et de penser point par point, sans penser à ce qui arrivera après ni à ce qui s’est passé avant, que cela ait été positif ou négatif. »
« Ari me disait de jouer libérée »
Andrea, qu’est-ce qu’Ari Sánchez et Ángel González vous ont dit lorsque vous traversiez cette période plus compliquée ?
Andrea Ustero : « Ari me répétait de jouer libérée parce qu’ils savent que lorsque je joue libérée, je produis mon meilleur padel. Ils savent à chaque instant ce qu’ils peuvent me dire pour me motiver.
Dans le troisième set, c’est vrai que j’ai joué beaucoup plus libérée. Dans le deuxième, j’avais cette pression.
Ángel me disait surtout qu’il fallait réussir à sortir de la défense, parce que c’était là que j’avais vraiment des problèmes. Finalement, nous avons réussi à nous en sortir toutes les deux, avec toute l’équipe, et c’est le plus important. »
Sánchez : « Quand tu es tête de série 3, tu dois presque jouer deux finales »
Avant que l’identité de leurs prochaines adversaires ne soit connue, Ari Sánchez a également été interrogée sur les difficultés rencontrées ces derniers mois en demi-finales.
Le fait de ne pas être dans la même partie de tableau que Gemma Triay et Delfi Brea change-t-il quelque chose pour vous ?
Ari Sánchez : « Être tête de série 3 implique cela : en demi-finales, tu rencontres la 1 ou la 2. À la fin, si tu veux gagner un tournoi, tu dois probablement jouer comme deux finales.
Je ne sais pas si une paire nous coûte davantage qu’une autre. Nous avons battu les deux cette année. Nous avions également battu Gemma et Delfi deux fois de suite, à Valladolid et à Valencia.
Ce qui est certain, c’est qu’en demi-finales nous avons toujours un match très difficile. Je pense que cela dépend aussi beaucoup de nous : jouer avec confiance, être libérées, profiter et ne pas ressentir la pression.
Nous devons nous concentrer sur nous-mêmes, maintenir l’intensité, être constantes, éviter les passages à vide et essayer d’être très linéaires pendant tout le match. »
Depuis cette prise de parole, le tableau a livré son verdict : Marta Ortega et Sofia Araújo (TS5) seront leurs adversaires en demi-finale.
Ustero sur le caractère expressif de Salazar : « Nous savons comment elle est »
Alejandra Salazar est une joueuse très expressive sur la piste. Ses célébrations peuvent-elles ajouter de la tension ?
Andrea Ustero : « Nous savons comment elle est et à quel point elle est expressive. Dès le premier point, elle peut déjà crier.
Comme nous savons comment elle fonctionne, nous essayons d’y accorder le moins d’importance possible. C’est vrai que lorsque tu es en train de perdre, tu peux commencer à davantage y faire attention et cela peut provoquer cette rage ou cette sensation d’impuissance.
Mais nous savons comment elle est et nous savons désormais gérer cela. De ce côté-là, nous sommes très tranquilles. »
Ari Sánchez : « Je ne pense pas être dans mon meilleur moment de padel »
C’est probablement la réponse la plus révélatrice de cette conférence de presse. Après plusieurs saisons passées au sommet du padel mondial, Ari Sánchez vit désormais une situation très différente aux côtés d’Andrea Ustero.
Ari, le fait de ne plus vivre constamment avec l’obligation de gagner vous permet-il de découvrir une nouvelle version de vous-même ?
Ari Sánchez : « Je suis clairement dans une étape très différente de celles que j’ai vécues ces dernières années.
Quand tu es numéro 1 ou numéro 2, tu as cette pression quotidienne de jouer des finales, de gagner des tournois, de devoir gagner. Mais c’était une pression que j’aimais. Je pense que c’est une pression qui te fait progresser tous les jours et qui t’oblige à te lever et à t’entraîner à fond parce que toutes les joueuses veulent te battre.
Aujourd’hui, je suis dans une position plus basse, avec un projet différent et avec une joueuse qui doit encore beaucoup se construire. Moi aussi, j’ai énormément de choses à améliorer. Je ne pense pas être dans mon meilleur moment de padel.
Mais je m’entraîne très bien, j’ai énormément d’envie et, en dehors de la piste, avec Andrea, c’est également extraordinaire. J’ai découvert une très belle personne et une joueuse qui, je pense, a beaucoup d’avenir. Elle apprend énormément et devient chaque jour plus professionnelle. »
« C’est un projet à long terme »
L’ancienne numéro 1 mondiale reconnaît cependant que cette transition n’a pas été totalement évidente après des années passées à disputer presque systématiquement les derniers matchs des tournois.
Ari Sánchez : « Je profite d’un processus différent. Je sais que c’est un projet à long terme.
C’est vrai qu’au début, c’était peut-être difficile pour moi de ne pas jouer autant de finales ou de ne pas pouvoir gagner autant de titres. Mais j’essaie d’utiliser cela comme quelque chose de positif pour continuer à progresser.
C’est un projet qui me motive et m’enthousiasme énormément. Voir également comment Andrea progresse et prend petit à petit davantage de responsabilités est très important. Je profite beaucoup de ce processus. »
Andrea Ustero : « Je progresse énormément avec Ari »
Andrea Ustero a également été interrogée sur l’émergence d’autres jeunes joueuses, notamment Martina Calvo et Claudia Fernández, très exposées ces derniers mois. Une concurrence médiatique qui ne semble pas perturber l’Espagnole.
Andrea, le fait que les regards soient aujourd’hui également tournés vers d’autres jeunes joueuses vous permet-il de progresser avec moins de pression ?
Andrea Ustero : « Avant, je jouais avec Ale Alonso et nous étions toutes les deux très jeunes. Aujourd’hui, le changement est important puisque je joue avec une joueuse qui possède beaucoup plus d’expérience.
Je pense que je progresse énormément avec elle et avec toute l’équipe.
Martina et Claudia forment une paire incroyable. Elles ont déjà gagné un tournoi et elles posent énormément de problèmes à toutes les paires. Mais je ne me concentre pas là-dessus. Je me concentre sur moi, sur le fait de continuer à m’entraîner chaque jour comme nous le faisons à Barcelone avec toute l’équipe.
Ils me facilitent énormément les choses et font ressortir ma meilleure version. L’année dernière, je ne réussissais peut-être pas à montrer cette meilleure version. Cette année, cette Andrea qui joue libérée ressort davantage.
Je veux continuer sur ce chemin. J’adore l’équipe que j’ai et je veux en profiter au maximum. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.
































































































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