La croissance spectaculaire du padel en France s’accompagne d’un phénomène encore peu étudié : l’exposition des populations aux nuisances liées aux terrains, notamment sonores.
Une étude scientifique récente publiée dans la revue City and Environment Interactions apporte pour la première fois une analyse détaillée de la distribution géographique des terrains de padel en France et de leur proximité avec les habitations.
Les résultats révèlent des chiffres inédits : plus de 17 000 personnes vivent à moins de 100 mètres d’un terrain, et près d’un tiers des installations présentent un niveau potentiel d’exposition élevé pour les riverains.
Avec l’aided’EchoPadel et ScienceDirect, zoom sur un sujet qui fait parfois du bruit…
Une base de données nationale de 878 sites de padel
Pour mener cette analyse, les chercheurs ont constitué une base de données détaillée des terrains de padel en France métropolitaine.
Pour chaque site, plusieurs informations ont été collectées :
- nom du club
- adresse
- commune
- département
- région
Chaque site correspond à un complexe comprenant un ou plusieurs terrains.
Au total, 878 sites ont été recensés, répartis dans :
- 747 communes françaises
- 89 départements sur 96
- l’ensemble des 13 régions métropolitaines
Cela signifie que plus de 2 % des communes françaises possèdent déjà au moins un site de padel, illustrant la diffusion rapide de ce sport sur le territoire.

Une analyse menée en trois phases
L’étude repose sur une méthodologie d’analyse spatiale détaillée, menée sur une période de quinze jours.
L’évaluation a été réalisée par deux examinateurs indépendants, du 2 au 16 septembre 2025, en utilisant :
- des images satellites ouvertes
- des données SIG (Systèmes d’Information Géographique)
- des couches cartographiques actualisées
Les terrains ont ensuite été classés selon leur niveau potentiel d’exposition des riverains, en tenant compte notamment :
- de la distance aux habitations
- de la visibilité directe entre terrain et logement
- de la présence d’obstacles (bâtiments ou écrans)
Trois niveaux d’exposition des riverains
À l’issue de l’analyse, les sites ont été classés en trois catégories.
Classe 1 : exposition potentiellement élevée
271 sites
30,87 % du total
Classe 2 : exposition faible ou nulle
567 sites
64,58 %
Classe 3 : exposition indéterminée
40 sites
4,56 %
Autrement dit, près d’un terrain sur trois pourrait présenter un risque important de nuisances pour les habitants situés à proximité.
Une condition clé : la visibilité directe des habitations
Pour être classé en Classe 1, un terrain devait respecter un critère précis :
la présence d’au moins un bâtiment résidentiel situé à moins de 100 mètres avec une visibilité directe (line of sight).
Cela signifie :
- aucun bâtiment intermédiaire
- aucun obstacle architectural
- propagation directe du son possible
Les mesures SIG réalisées sous QGIS ont confirmé cette condition pour l’ensemble des 271 sites classés en exposition élevée.
Plus de 3 000 bâtiments situés à moins de 100 mètres
L’étude a également quantifié précisément la population exposée.
Au total :
3 037 bâtiments résidentiels se trouvent à moins de 100 mètres d’un terrain de padel.
Ces habitations représentent :
- 17 116 personnes
- 7 821 ménages
La distance moyenne entre ces habitations et les terrains est de 71,9 mètres.
Une exposition directe pour près de la moitié des habitants
Les chercheurs distinguent deux situations :
exposition directe (sans obstacle)
- 1 349 bâtiments
- 8 717 habitants
- 3 945 ménages
- distance moyenne : 65,8 m
exposition masquée (avec obstacles)
- 1 688 bâtiments
- 8 400 habitants
- 3 876 ménages
- distance moyenne : 76,8 m
Ainsi, plus de la moitié des habitants exposés subissent une propagation directe du bruit, sans écran architectural.
Des habitations parfois situées à moins de 50 mètres
L’étude met également en évidence des situations particulièrement sensibles.
habitations situées entre 0 et 50 mètres
exposition directe
- 337 bâtiments
- 3 278 habitants
- 1 411 ménages
distance moyenne : 34,3 m
exposition masquée
- 170 bâtiments
- 1 092 habitants
- 509 ménages
distance moyenne : 38,1 m
Ces distances sont considérées comme très critiques dans les études acoustiques, car les bruits impulsifs peuvent rester très perceptibles à ces distances.
Une implantation territoriale très contrastée
L’étude analyse également la répartition régionale des terrains.
Les régions les plus équipées sont :
| Région | Sites |
|---|---|
| Occitanie | 153 |
| Auvergne-Rhône-Alpes | 128 |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 125 |
| Nouvelle-Aquitaine | 123 |
| Île-de-France | 81 |
À l’opposé :
| Région | Sites |
|---|---|
| Bourgogne-Franche-Comté | 20 |
| Centre-Val de Loire | 15 |
| Corse | 6 |
Une sur-représentation dans certaines régions
L’indicateur statistique SIR (ratio de sur-représentation) montre des différences marquées.
Par exemple :
Provence-Alpes-Côte d’Azur : SIR 1,61
Cela signifie que les terrains y sont 61 % plus nombreux que ce que l’on observerait si la distribution était proportionnelle à la population.
À l’inverse :
Centre-Val de Loire : SIR 0,22
soit une forte sous-représentation.
Les petites communes davantage exposées
L’étude analyse aussi les terrains selon la densité des communes (classification INSEE).
Résultats :
| type de commune | part de terrains classe 1 |
|---|---|
| grands centres urbains | 26,09 % |
| centres urbains intermédiaires | 32,60 % |
| couronnes urbaines | 28,10 % |
| villes rurales | 30,94 % |
| petites villes | 43,04 % |
| zones rurales dispersées | 40 % |
Autrement dit, les petites villes présentent la proportion la plus élevée de terrains susceptibles de générer des nuisances.
Un enjeu de justice environnementale
Ces résultats posent une question centrale : toutes les populations sont-elles exposées de manière équitable aux nuisances ?
L’étude suggère que :
- les petites communes disposent souvent de moins de moyens d’ingénierie urbaine
- les terrains sont parfois implantés plus près des habitations
- les zones sportives dédiées sont moins nombreuses
Résultat : les habitants de ces territoires peuvent être plus exposés aux impacts environnementaux du padel.
Bilan : ce que révèle l’étude
Les principaux enseignements sont clairs :
- 878 sites de padel analysés en France
- 271 terrains (31 %) présentent un potentiel d’exposition élevé
- 3 037 bâtiments résidentiels situés à moins de 100 m
- 17 116 habitants concernés
- 507 bâtiments situés à moins de 50 m
- petites villes : 43 % de terrains classés en exposition élevée
Ces données montrent que l’urbanisme du padel devient un enjeu important pour les collectivités.
Un défi pour les collectivités locales
Avec la croissance rapide du padel, les collectivités devront probablement intégrer davantage :
- études acoustiques
- distances minimales
- écrans sonores
- concertation avec les riverains
Car au-delà de la popularité du sport, l’enjeu est désormais de garantir un développement équilibré et socialement acceptable des infrastructures sportives.
Source
Dufour J-C., Bonnet C.
Padel courts and residential exposure in metropolitan France
City and Environment Interactions, 29 (2026) 100300.
Données INSEE – estimation de population 2025.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































Classement FIP : Lebrón et Augsburger grimpent, Bea González frappe fort en passant 3e mondiale
Classement FIP : Guichard aux portes du top 100, les Français en mouvement
Lebrón / Augsburger : “On n’a jamais pensé qu’on pouvait perdre”
Goñi sur son projet avec Alonso : “On aimerait un projet sur le long terme, mais seuls Coello et Tapia choisissent avec qui ils veulent jouer”
FIP Promises Paris : Jean-Thomas Peyrou voit émerger une génération française capable de rivaliser
Natan Étienne : du tennis à la renaissance dans le padel
Claudia Fernández : “Je me vois numéro 1 à 25 ou 26 ans”
P1500 PadelShot Metz : Deloyer / Forcin au mental, Potel et Robert créent la sensation en faisant tomber la tête de série 1
Godallier et Marchetti passent tout près du titre au FIP Silver Kuala Lumpur
P1500 dames Padel Plus Agen – Maligo et Senjean font tomber la TS2 et rejoignent Soubrié / Majdoubi en finale
FIP Silver Kuala Lumpur : frustration pour Leygue, Godallier poursuit sa route vers les quarts
Galán / Chingotto vs Lebrón / Augsburger : enfin le choc attendu
Bruxelles P2 : où voir les demi-finales ?
Siux verrouille Augsburger jusqu’en 2040 : un contrat inédit dans l’histoire du padel
Les Assises du Padel poseront leurs valises à Marseille pour la troisième édition
Sport et assurance : pourquoi la protection des pratiquants devient un enjeu majeur
Cédric Carité : 34 ans de padel et toujours la même obsession, mieux former les coachs
P1000 Friendly Padel Club : le rendez-vous des Caraïbes, formation et soirée spécialiste à Saint-Martin
Uprise Padel : un camp d’exception pour entrepreneurs lancé à Marbella avec Amélie Détrivière
Coello / Tapia : une réponse tactique structurée face aux smasheurs de gauche
Le padel : cocktail parfait de réflexe et de stratégie
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Comprendre les effets pour mieux jouer au padel
Air padel : pourquoi les pros répètent “dans le vide” (et comment l’utiliser sans tomber dans le gadget)
La vibora décomposée : transfert, plan de frappe et sensations
« Tenemos prisa » : la signature Galán / Chingotto
Tournois coachés : accélérateur de progression… ou dérive du padel amateur ?
10 situations que tous les joueurs de padel ont déjà vécues
Combien de joueurs au padel ? Toutes les configurations possibles
Padel et vélo : une complémentarité efficace pour la performance et la santé
Miami P1 : le craquage de Juan Lebrón qui change tout
Yanguas : d’immenses qualités au service d’un mental encore fragile
Ale Galán : une main meutrie mais qui ne l’arrête pas !
Viapadel Cup 2026 : Tarragone accueille un 3e round entre padel, plage et fête