Installée au Portugal depuis plusieurs années, Laura Buteau poursuit son parcours sur le circuit international avec une organisation bien différente de celle qu’elle connaissait en France. Présente à Marrakech à l’occasion de la MBD Padel Cup, la joueuse française est revenue sur son quotidien d’athlète, son choix de privilégier le Portugal, mais aussi sur les difficultés grandissantes du circuit FIP.
Une parenthèse marocaine avant de reprendre la route
Entre deux tournois internationaux, Laura Buteau a posé ses valises à Marrakech pour participer à la MBD Padel Cup. Invitée par l’organisation, elle évolue aux côtés Camilia Benabdeljalil, une des meilleures joueuses marocaines dans un événement mêlant célébrités, amateurs et joueuses de haut niveau.
« J’ai été invitée par l’organisation pour jouer avec la numéro 4 marocaine. C’est la première fois que je viens à Marrakech, donc moi je prends », sourit-elle.
Une parenthèse bienvenue dans un calendrier particulièrement chargé.
Une structure professionnelle au Portugal
Depuis octobre dernier, la Française s’entraîne au sein de l’académie AZ Padel, près de Lisbonne. Une structure récente mais déjà réputée pour son organisation.
« Je m’entraîne du lundi au jeudi avec deux séances de padel par jour et du travail physique. »
Encadrée par le coach espagnol Ivan González, passé notamment par l’académie Gustavo Pratto, Laura bénéficie d’un environnement particulièrement complet. Préparateur physique, kinésithérapeute, nutritionniste et même photographe composent le staff mis à disposition des joueurs.
Au quotidien, elle partage notamment la piste avec Patricia Ribeiro, ancienne joueuse du top 80 mondial, ainsi qu’avec Mafalda Fernandes, membre du top 5 portugais et installée dans le top 150 mondial.
« On est très bien entourés. C’est probablement l’une des premières académies portugaises à être aussi structurée. »
Un calendrier construit autour du Portugal
Contrairement à certains joueurs qui multiplient les déplacements à travers le monde, la française concentre l’essentiel de son activité sur la péninsule ibérique.
« Je suis chanceuse parce qu’il y a beaucoup de tournois au Portugal. »
La majorité de ses compétitions se disputent ainsi au Portugal, en Espagne ou ponctuellement en France. Lorsque plusieurs événements sont organisés simultanément, le choix est rapidement fait.
« S’il y a un tournoi FIP au Portugal et un tournoi FIP en France, je privilégie celui du Portugal pour des raisons budgétaires. C’est aussi pour cela qu’on me voit moins sur le circuit français aujourd’hui. »
Un choix pragmatique qui lui permet d’optimiser ses déplacements tout en évoluant dans des tournois où le niveau est particulièrement relevé.
Pourquoi elle a tourné la page du circuit français
Avant son départ vers le Portugal, Laura Buteau avait réalisé une saison remarquée sur le circuit français aux côtés de Camille Sireix puis avec Déborah Alquier. Une expérience qui lui a également permis de découvrir l’organisation du padel espagnol de plus près.
Mais au fil du temps, plusieurs éléments l’ont poussée à réorienter son projet sportif.
Le premier est évidemment financier. Résidant désormais au Portugal, revenir régulièrement en France représente un coût important.
Le second concerne l’organisation même des compétitions. Laura apprécie particulièrement le fonctionnement du circuit portugais, qui propose six catégories de niveaux et une répartition plus progressive des joueurs et joueuses.
Autre différence notable : l’absence de matchs de classement.
« Quand tu perds, ton tournoi est terminé. Cela allège beaucoup les week-ends et la charge physique. »
La Française reconnaît également avoir été moins séduite par l’évolution du circuit français ces dernières années.
Selon elle, la gestion des compétitions est devenue davantage tournée vers des considérations économiques et organisationnelles, avec moins de proximité envers les joueurs.
Un circuit FIP devenu beaucoup plus difficile
Classée autour de la 180e place mondiale, Laura Buteau constate à quel point le niveau du circuit international s’est densifié.
Elle estime même avoir manqué la meilleure fenêtre pour intégrer durablement le haut du classement.
« Quand certaines joueuses françaises comme Carla Touly ou Camille Sireix se sont lancées sur le circuit, 150 points permettaient d’être aux alentours du top 150 mondial. Aujourd’hui, j’ai environ 155 points et je suis seulement 180e. »
Pour elle, cette évolution illustre parfaitement la croissance du padel féminin mondial.
Passer les premiers tours est devenu de plus en plus compliqué, notamment sur les FIP Bronze et FIP Silver où des joueuses du top 60 ou du top 70 mondial viennent régulièrement renforcer les tableaux.
Elle cite notamment les exemples de Sofia Saiz, Marta Talaván, Raquel Eugenio ou encore Martina Fassio, affrontées récemment sur le circuit.
« Dès les deuxièmes tours, on peut tomber sur des joueuses qui ont déjà largement le niveau Premier Padel. »

Pourquoi les meilleures descendent sur le FIP Tour
Ces confrontations ont également permis à Laura d’échanger directement avec plusieurs joueuses mieux classées qu’elle.
Des discussions qui lui ont permis de mieux comprendre pourquoi certaines joueuses du top mondial continuent à participer à des tournois FIP pourtant moins prestigieux.
« Elles m’ont expliqué que le circuit Premier Padel ne garantit pas suffisamment de points. Elles ont besoin de sécuriser leur classement en jouant aussi sur le FIP Tour. »
Une réalité qui rend l’accès au top 150 toujours plus complexe pour les joueuses situées entre la 150e et la 250e place mondiale.
Gemma Triay comme modèle
Grande consommatrice de padel, Laura suit attentivement les compétitions internationales tout au long de l’année.
Parmi toutes les joueuses du circuit, une personnalité retient particulièrement son attention : Gemma Triay.
« Ce n’est même pas forcément pour son niveau technique. Ce qui m’impressionne le plus, c’est sa force mentale. »
La Française admire notamment la capacité de l’Espagnole à soutenir sa partenaire Delfi Brea dans les moments difficiles, notamment lors des grandes affiches face aux meilleures paires mondiales.
« Quand je vois comment elle arrive à remobiliser Delfi dans les moments de doute, c’est quelque chose qui me marque énormément. »
Le top 150 en ligne de mire
Pour la seconde partie de saison, Laura s’est fixé des objectifs clairs.
Le premier est de rejoindre le top 150 mondial, un cap symbolique mais devenu particulièrement difficile à atteindre.
Le deuxième consiste à poursuivre sa progression sur le circuit international malgré la densité croissante des tableaux.
Enfin, elle insiste sur un point essentiel : conserver le plaisir de jouer.
Car malgré les kilomètres, les difficultés financières et la concurrence toujours plus forte, c’est avant tout cette passion du padel qui continue de guider son projet sportif.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !


























































































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