Au FIP Bronze de Rivesaltes, la journée vient à peine de se terminer et les organismes sont déjà marqués par l’intensité des qualifications. Sur les pistes proches de Perpignan, les matchs se sont enchaînés, souvent longs, souvent serrés. C’est dans ce contexte que Natan accepte de revenir sur sa journée et, plus largement, sur un parcours assez atypique qui l’a mené du tennis au padel.
La fatigue est visible, et il ne cherche d’ailleurs pas à la cacher. « Fatigué », lâche-t-il d’emblée, après une série de rencontres disputées contre de jeunes joueurs issus d’une académie espagnole. Une journée dense, marquée par plusieurs matchs accrochés et un scénario parfois imprévisible.
Une journée marathon dans les qualifications
Sur le papier, les qualifications semblaient déjà exigeantes. Sur la piste, elles se sont transformées en véritable marathon.
Natan Étienne et son partenaire Lucas Potel ont enchaîné trois rencontres face à des joueurs d’une académie espagnole, un format qui impose immédiatement un niveau d’intensité élevé. Le premier match se déroule relativement bien, avec une victoire maîtrisée qui permet d’entrer dans la compétition.
Mais la suite devient rapidement plus tendue. Les matchs s’allongent, le niveau monte et chaque point devient plus disputé.
L’un des moments les plus marquants de la journée arrive lors du deuxième match, remporté au tie-break dans des circonstances particulières. « La fin de match était assez légendaire. Double faute de l’adversaire sur balle de match à 6-5 au tie-break… c’était fou. »
Ce genre de scénario rappelle à quel point les qualifications peuvent basculer sur quelques points, parfois même sur un détail.
Le dernier match, lui, se transforme en combat physique. Les échanges deviennent plus lourds, les jambes tirent, et Natan commence à souffrir de crampes dans les deux cuisses. Malgré cela, la paire s’accroche jusqu’au bout.
« Je crampe chaque cuisse au troisième… on finit presque en marchant. »
À la fin de la journée, défaite 6/4 dans la troisième manche, mais une expérience précieuse acquise par Lucas et Natan pour leurs premiers pas sur le circuit international (deuxième tournoi FIP pour Lucas Potel).
Vingt ans de tennis avant le padel
Avant de poser ses valises dans le padel, Natan a passé l’essentiel de sa vie sur les courts de tennis. Pendant près de deux décennies, ce sport a structuré son quotidien.
Comme beaucoup de joueurs de padel aujourd’hui, il a d’abord découvert la discipline de manière informelle, à travers quelques parties entre amis en 2019.
Mais la transition réelle intervient quelques années plus tard, à un moment où le tennis ne lui apporte plus les mêmes sensations.
« J’étais en dépression du tennis. J’en pouvais plus, j’étais triste. »
Cette période marque un tournant. Le padel apparaît alors comme une alternative, presque une bouffée d’air dans un parcours sportif devenu pesant.
L’environnement joue aussi un rôle important dans cette transition. Le padel offre un cadre plus collectif, plus convivial, qui tranche avec l’isolement souvent ressenti dans le tennis.
« Le padel, tu te régales… et puis les mecs avec qui tu joues sont sympas. »
Son style de jeu, déjà porté vers l’attaque au tennis, facilite également son adaptation. Service-volée, prise de balle précoce, goût du filet : autant d’éléments qui trouvent naturellement leur place sur une piste de padel.
Apprendre un nouveau sport
Pourtant, la transition n’a rien d’immédiat. Si certaines qualités techniques se transfèrent rapidement, le padel reste un sport à part entière, avec ses propres repères et ses propres automatismes.
Natan reconnaît lui-même que l’adaptation a pris du temps, notamment sur un élément central du jeu : l’utilisation des vitres.
« Depuis un an et quelques, je joue avec les vitres… et encore en match je ne suis pas toujours en confiance. »
Comme beaucoup d’anciens tennismen, il a d’abord continué à jouer « en direct », en privilégiant la prise de balle avant la vitre. Un réflexe naturel mais qui limite parfois les options tactiques.
Progressivement, il apprend à ralentir le jeu, à accepter les trajectoires indirectes et à construire les points différemment.
Aujourd’hui encore, cet aspect fait partie de ses axes de progression. À l’entraînement, il s’efforce de multiplier les situations pour gagner en confiance et intégrer davantage ce jeu spécifique.

Une progression rapide dans le classement
Malgré cet apprentissage progressif, la progression au classement français a été particulièrement rapide.
Au début de l’année 2025, Natan Étienne évoluait autour de la 300ᵉ place française. Un an plus tard, il pointe désormais aux alentours de la 75ᵉ place.
Une ascension qu’il attribue en grande partie à une saison très dense en compétition.
Aux côtés de son partenaire de l’époque, Thomas Messina, il a enchaîné les tournois presque chaque week-end. Le parcours est celui que connaissent beaucoup de joueurs en progression : commencer par les qualifications, se battre pour franchir les premiers tours, puis affronter progressivement les têtes de série.
« On se bagarrait en qualifs, puis en seizièmes… et petit à petit tu prends le niveau. »
À force d’enchaîner les matchs, les repères s’installent et le niveau de jeu évolue. La progression ne vient pas d’un déclic unique, mais d’une accumulation d’expériences.
Découvrir les derniers tours
Avec les résultats, Natan a aussi commencé à découvrir une autre dimension du circuit : celle des derniers carrés.
Atteindre une finale, jouer le dimanche, affronter des joueurs mieux installés dans le classement… autant d’étapes qui permettent de mesurer l’écart et de comprendre ce qui manque encore pour franchir un cap.
Ces confrontations sont souvent exigeantes, mais elles servent aussi de révélateur.
« Les mecs sont meilleurs, et ça fait prendre du niveau. »
Dans ces matchs, chaque détail compte : la gestion de l’énergie, la lucidité dans les moments clés, la capacité à tenir le rythme sur toute une journée de compétition.

Un style offensif à canaliser
Sur la piste, Natan revendique un style de jeu très instinctif. Héritée du tennis, cette approche repose sur l’agressivité et la prise d’initiative.
« Je suis un petit peu foufou. »
Cette énergie peut être une force, notamment face à des joueurs plus posés qui cherchent à installer le rythme. Mais elle doit aussi être maîtrisée.
L’un des axes de progression identifiés concerne justement la gestion des tempos et la réduction des erreurs directes.
Varier davantage les rythmes, savoir temporiser, conserver de la lucidité dans les moments importants : autant d’éléments qui peuvent lui permettre de franchir un nouveau palier.

Une vie professionnelle en parallèle
Contrairement à certains joueurs entièrement dédiés au padel, Natan mène également une carrière professionnelle en parallèle.
Il travaille aujourd’hui dans le sport marketing et l’univers des startups, un environnement dynamique mais qui laisse forcément moins de temps pour s’entraîner ou analyser les matchs.
« Je n’en regarde pas tant que ça, j’ai une vie assez fournie à côté. »
Malgré cela, certains joueurs attirent son attention sur le circuit français. Parmi eux, il cite notamment Maxime Joris, dont il apprécie l’intensité et l’engagement sur la piste.
Les objectifs pour la suite
Pour la saison 2026, Nathan préfère rester prudent dans ses objectifs. La progression dans le classement français dépend de nombreux facteurs, notamment du calendrier et des possibilités de participer aux tournois internationaux.
Il reconnaît cependant viser une nouvelle étape.
« J’aimerais bien finir l’année entre 30 et 40. »
Un objectif ambitieux mais cohérent au regard de sa progression récente.
Au-delà du classement, il identifie aussi un chantier prioritaire : le physique. La capacité à maintenir un niveau d’intensité élevé sur toute une journée de tournoi pourrait devenir un facteur déterminant dans sa progression.
Continuer à prendre du plaisir
Lorsque l’entretien touche à sa fin, Natan se prête à un dernier exercice : évoquer ce que l’on pourrait lui souhaiter pour la suite.
La première chose concerne l’équilibre personnel qu’il semble avoir retrouvé grâce au padel.
« Continuer à être épanoui… parce que je le suis. »
Sur le plan sportif, il espère rapidement franchir un nouveau cap dans les tournois et confirmer sa progression.
« Aller braquer des tournois rapidement, mais surtout tenir dans l’intensité. »
Enfin, il laisse la porte ouverte à de nouvelles expériences, notamment sur le circuit international.
« Peut-être faire un peu de FIP… voyager un peu. Ça serait le kiff. »
Avec du recul, le parcours de Nathan ressemble à celui de nombreux joueurs de la nouvelle vague française : une entrée tardive dans le padel, une progression rapide grâce à l’accumulation de matchs, et un équilibre à trouver entre ambition sportive et vie professionnelle.
En quelques saisons seulement, il est passé d’un joueur encore en apprentissage des bases du jeu à un compétiteur capable de s’installer progressivement dans le haut du classement national. Une progression construite sans plan figé, mais avec beaucoup de compétition, de rencontres et un plaisir retrouvé sur la piste.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

























































































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