Le Big Padel Bordeaux a créé la “petite surprise” en atteignant la finale des championnats de France interclubs 2025 au 4PADEL Strasbourg. Jean-Thomas Peyrou, fondateur de la Jet Academy et figure emblématique du Big Padel Bordeaux, revient sur cette performance, l’évolution du padel en France et les défis du circuit professionnel.
Une finale presque inattendue
Au départ, on était tête de série 2 grâce à nos joueurs français bien classés sur le circuit. Mais sur le papier, on n’était pas forcément favoris. Certaines équipes avaient renforcé leur effectif avec de nombreux joueurs espagnols. On pense notamment à Casa Padel et All In Padel Sports, qui alignaient des joueurs redoutables.
Au fil des matchs, notre équipe a su répondre présent. Nous avons battu le petit poucet Les Loges en entrée de compétition, puis le niveau est monté d’un cran où nous avons remporté un gros duel contre La Bandeja Périgueux. En demi-finale, nous avons affronté Casa Padel, un match intense où Maxime Joris et Luis Hernandez Quesada ont réalisé une performance énorme contre Semmler et Zapata.
En finale, nous avons défié le Sète Padel Club. Thomas Vanbauce et Simon Wagner ont remporté leur match, mais Nicolas Rouanet et Clément Geens se sont inclinés en deux tie-breaks contre García et Solbes. On n’a pas décroché la victoire, mais l’expérience a été exceptionnelle.
Une identité club préservée
Nous avons une vision à long terme. Le Big Padel est avant tout une académie. J’entraîne une dizaine de jeunes depuis plusieurs années et notre objectif est de développer nos propres talents. Certes, nous avons recruté Luis Hernandez Quesada et Clément Geens, mais ils ont intégré notre dynamique, sont venus s’entraîner avec nous et participent activement à la vie du club.
Je ne critique pas les clubs qui font venir des Espagnols, mais nous voulons garder une identité forte et donner leur chance aux joueurs de notre académie. Je crois que cela renforce l’esprit d’équipe et la fierté de porter nos couleurs.

L’essor du padel en France et les enjeux du circuit
Le padel est en pleine expansion, mais on arrive à un tournant. Premier Padel a voulu professionnaliser le circuit, mais certains changements récents, comme la réduction du nombre de joueurs dans les tournois, suscitent des tensions. Les joueurs du top 20 mondial ont même boycotté certains tournois en réponse aux nouvelles règles.
D’un autre côté, des circuits parallèles émergent, comme l’A1 Padel qui fait son trou et qui attire des joueurs avec des offres financières intéressantes. Le problème, c’est qu’il y a aussi de nombreux autres tournois, exhibitions, circuits secondaires, et cela peut impacter la santé des joueurs.
Il y a un paradoxe entre ce que disent certains joueurs et ce qu’ils font
Il y a un paradoxe. Certains joueurs se plaignent d’un calendrier surchargé, mais en parallèle, ils enchaînent les exhibitions lucratives. Entre les tournois Premier Padel, le World Padel League, Hexagon Cup, Reserve Cup, les voyages aux USA, en Europe, en Asie, sans parler des autres événements sponsorisés, cela devient difficile physiquement et mentalement.
L’idéal serait de mieux répartir les compétitions et d’éviter que le circuit ne devienne une usine à cash où seuls les joueurs du top 10 arrivent à bien vivre. Aujourd’hui, même un 40e mondial comme Luis Hernandez Quesada a du mal à rentabiliser sa saison, ce qui est aberrant pour un sport qui se professionnalise.

La formation des coachs : un nouveau défi
L’idée de structurer la formation des entraîneurs est bonne, surtout dans les pays où le padel est encore en développement. Mais imposer une certification et restreindre l’accès au banc est problématique.
Un joueur devrait pouvoir choisir librement son coach, qu’il soit entraîneur de padel, préparateur mental ou même un spécialiste tactique. Dans certains cas, l’accompagnement mental est plus important que l’aspect purement technique. Restreindre l’accès au banc à ceux qui ont un diplôme validé par la FIP me semble une mauvaise approche. Pour l’instant, on en sait très peu justement ce que va mettre en place la FIP, il va falloir être patient et observer ce qui se passe.
Le futur du padel français
Aujourd’hui, en France, Blanqué et Leygue restent les favoris. Ils sont solides et expérimentés, et même s’ils peuvent perdre un match sur un malentendu, sur dix rencontres, ils en gagnent neuf.
Derrière, plusieurs joueurs poussent, notamment Dylan Guichard et Manuel Vives, Thomas Vanbauce et Maxime Joris, ou encore Julien Seurin et Max Moreau. Chez les dames, Alix Collombon et Léa Godallier restent un cran au-dessus. Et j’en oublie beaucoup chez les messieurs principalement, car la concurrence est très rude.
L’avenir du padel français dépendra aussi des jeunes. Lucas Pillon, un joueur que j’entraîne, est un exemple. Il a du talent, du sérieux, et va bientôt se révéler.
La question du TFP padel
Le blocage par France Compétences pour rendre le TFP padel reconnu est un scandale. Le TFP est vital pour le développement du padel en France. Il manque cruellement de professeurs qualifiés, et de nombreux clubs sont en attente. Des jeunes ont même quitté leur emploi pour suivre cette formation, et aujourd’hui, tout est bloqué à cause d’une décision administrative.
J’espère que la situation va rapidement se débloquer, car sinon, c’est tout l’écosystème du padel français qui risque d’en pâtir.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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