Le classement est un thème qui revient régulièrement chez les joueurs de padel, dont une partie estime que le barème de la FFT protège les joueurs bien classés.

Retour en arrière

La France devrait bientôt passer la barre des 9 000 joueurs classés. Le niveau monte avec de plus en plus de bons joueurs de tennis qui s’y mettent, et les places valent cher. On est loin des débuts de l’activité, où seule une poignée de joueurs faisait des tournois.

Ceux qui ont fait partie des premiers à jouer au padel en compétition ont vite intégré le Top 100, et certains ont réussi à s’y maintenir un moment, même en gagnant parfois très peu de matchs sur une saison. A une époque où les P2000 n’existaient pas, les joueurs bien classés n’hésitaient pas à faire des kilomètres pour jouer des P500 et P1000, qui étaient beaucoup plus rares qu’aujourd’hui.

Ils étaient donc présents sur tous les tournois, entraient directement en phase finale, et même s’ils perdaient d’emblée, ils parvenaient à se maintenir grâce aux points qu’ils marquaient. Leur classement était auto-entretenu en quelques sortes, et il y eut une période où il était vraiment difficile pour certains de monter au classement.

Il faut se rendre compte qu’à ce moment-là, une bonne partie des meilleurs joueurs français participait aux P500, ce qui rendait la distribution des points aléatoire, et tous les meilleurs français étant présents en P1000 ; les possibilités de tirages très difficiles et donc de repartir bredouille en quelques sortes, étaient multipliées.

Les réponses actuelles au problème

Premièrement, le nombre de joueurs de padel a explosé et avec lui le nombre de tournois. On s’aperçoit aujourd’hui que des P500 sont organisés aux quatre coins de la France, et il est donc plus facile pour des joueurs qui n’ont pas un très bon classement mais qui jouent bien de marquer des points rapidement.

Ensuite, lors de l’introduction des P2000, la FFT a décidé de modifier ses barèmes, afin de permettre aux nouveaux pratiquants de monter plus vite. Ainsi, un joueur qui joue bien peut intégrer le Top 100 en ne jouant quasiment pas de P1000. Il est souvent plus rentable aujourd’hui de gagner un P250 que de perdre en 1/16èmes d’un P1000, ce qui fait qu’on ne peut pas se maintenir aussi longtemps qu’avant dans le Top 200 si l’on ne gagne plus de match.

Malgré tout, un joueur du Top 50 se retrouve systématiquement tête de série dans les P1000 et P500 et il est donc certain de marquer des points puisqu’il fait son entrée dans le tournoi bien après les non classés. Ainsi, un joueur qui démarre en 1/4 de finales d’un P500 gagnera au moins 250 points, ce que certains peuvent trouver injuste, souvent à juste titre.

Le cas du World Padel Tour

Il y a quelques années, le World Padel Tour a été confronté à un problème similaire. Les joueurs qui avaient réussi à avoir un classement leur permettant d’entrer systématiquement dans le tableau principal (Top 50 en gros) étaient assurés de gagner des points à chaque tournoi. Ainsi, ils pouvaient perdre systématiquement au premier tour, en seizièmes de finale, et se maintenir à leur ranking.

Ajoutez à cela le caractère aléatoire du tirage au sort, et on pouvait se retrouver sur toute une année avec plusieurs paires de previas plus fortes que certaines du tableau principal mais n’ayant pas l’opportunité de le montrer. C’est encore un peu le cas mais le WPT a eu une idée pour limiter ce phénomène : octroyer des bonus.

Ainsi, une paire qui perd dès son entrée en lice en seizièmes de finale marquera moins de points qu’une équipe qui s’incline lors du même tour après avoir gagné des matchs dans les qualifications. Même si ce système est parfois critiqué en Espagne, il a l’avantage de permettre un turnover plus rapide et c’est une idée qui pourrait plaire à certains en hexagone.

Le classement : quelle importance au final ?

Aujourd’hui, le padel n’est pas professionnel en France et les « prize money » sont davantage des compensations pour tous les frais engagés (déplacements, hôtel, restaurant) que de véritables gains. Si l’on écarte les tous meilleurs français qui peuvent être aidés par des sponsors et quelques entraîneurs de padel dont le classement fait un peu office de vitrine, il n’y a pas de véritable intérêt économique à être classé 200ème ou 50ème.

L’essentiel au padel n’est-il pas de prendre du plaisir sur le terrain, de s’amuser avec son partenaire et de se dépasser physiquement. N’est-il pas plus important de jouer des bons matchs que de marquer des points ?

On comprend parfaitement que tout compétiteur souhaite se mesurer aux meilleurs joueurs et qu’il y ait une certaine frustration à se retrouver au classement derrière des joueurs que l’on estime moins forts que soi ou à ne pas pouvoir faire les P2000, mais selon nous la quête de points ne doit pas prendre le pas sur la recherche de plaisir sur le terrain.

Surtout, il faut bien se rendre compte que ceux qui jouent vraiment bien ne restent pas longtemps dans les profondeurs du classement. On trouve aujourd’hui dans le Top 100 de nombreux joueurs qui ont commencé les tournois il n’y a pas si longtemps.