Les critiques se multiplient au Pretoria P1. Malgré l’utilisation d’une balle spécifique à faible pression, plusieurs joueurs dénoncent des conditions de jeu devenues trop rapides. Entre frustration, adaptation forcée et remise en question de l’évolution du circuit, le débat est de nouveau sur la table.

Paquito Navarro : « Il n’y a plus d’échanges »

Le premier coup de gueule est venu de Paquito Navarro. Au changement de côté, à l’issue du premier set de son huitième de finale face à Álex Ruiz et Javi García, l’Espagnol n’a pas caché son agacement.

« On ne peut pas faire un lob, il n’existe pas un échange. Ce padel est horrible. »

Une déclaration qui illustre le sentiment partagé par plusieurs joueurs depuis le début de la semaine. À Pretoria, l’altitude favorise naturellement une balle plus vive et des échanges plus courts, au point de transformer profondément le jeu.

Une nouvelle balle… qui ne convainc pas

Pour tenter de limiter les effets de l’altitude, Premier Padel et Bullpadel ont introduit une balle à plus faible pression spécialement conçue pour cette étape sud-africaine.

Mais selon de nombreux joueurs et entraîneurs, cette adaptation ne suffit pas.

Le constat est sévère : même avec cette nouvelle balle, le problème demeure, et beaucoup estiment que le padel actuel est devenu trop rapide sur une grande partie du calendrier, certains avançant que cela concerne désormais 80 à 90 % des tournois.

Coki Nieto : « Il faut s’adapter »

Éliminé dès les huitièmes de finale, Coki Nieto a réagi avec davantage de recul sur ses réseaux sociaux. Connu pour son jeu de construction et sa patience dans l’échange, l’Espagnol reconnaît que les conditions actuelles ne favorisent plus forcément son style.

« J’ai toujours eu un style de jeu très défini, mais le padel évolue et les conditions actuelles exigent de continuer à progresser. Il faut s’adapter et continuer à travailler pour rivaliser avec les meilleurs. »

Un message plus mesuré, qui montre que certains joueurs préfèrent composer avec cette évolution plutôt que la combattre, même si le constat reste le même : les conditions de jeu ont profondément changé.

Un débat qui dépasse Pretoria

Le Pretoria P1 ne fait finalement qu’amplifier une discussion déjà présente depuis plusieurs mois, voir plusieurs années sur le circuit. Entre pistes plus rapides, balles, conditions climatiques et puissance physique toujours plus importante, une partie des joueurs regrette la disparition progressive des longs échanges et des phases de construction.

À l’inverse, d’autres estiment que cette évolution fait simplement partie du développement du padel de haut niveau et que les joueurs doivent adapter leur jeu à ces nouvelles exigences.

Une chose est sûre, les déclarations de Paquito Navarro, ajoutées à celles de nombreux autres acteurs du circuit (Grabiel, Nieto…), montrent que le sujet est loin d’être clos. Premier Padel devra sans doute continuer à réfléchir aux solutions permettant de préserver l’équilibre entre spectacle, diversité tactique et identité du padel

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

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