Derrière le numéro 1 mondial se cache aussi un joueur avec ses habitudes, ses proches et quelques superstitions. Invité de l’émission Bandeja de Premier Padel, Arturo Coello s’est confié sur la pression particulière qu’il ressent lorsqu’il joue chez lui à Valladolid, sur le rôle essentiel de son entourage et sur ces petits rituels qui l’accompagnent d’un tournoi à l’autre.

Être numéro 1 mondial implique forcément de vivre sous les projecteurs. Mais lorsqu’Arturo Coello revient jouer à Valladolid, sa ville et sa région natales, l’exposition prend encore une autre dimension.

Dans l’émission Bandeja de Premier Padel, l’Espagnol a livré un témoignage intéressant sur cette semaine pas tout à fait comme les autres. Entre bonheur de retrouver les siens, sollicitations, pression sportive et petits rituels, Coello dévoile une autre facette de sa personnalité.

« Valladolid, c’est de l’amour et de la haine »

Pour Arturo Coello, jouer à Valladolid reste évidemment l’un des grands rendez-vous de sa saison. Mais évoluer devant son public et ses proches comporte aussi son lot de contraintes.

Lorsqu’on lui demande si Agustín Tapia est plus nerveux à l’approche des tournois en Argentine, Coello fait immédiatement le parallèle avec ce qu’il vit lui-même à Valladolid.

« C’est une semaine différente. Comme je le dis toujours, c’est une semaine d’amour et de haine. »

Pourquoi cette relation si particulière ?

Parce que Coello ne redevient pas simplement le joueur de padel numéro 1 mondial. Il redevient aussi Arturo, celui que sa famille, ses amis et ses connaissances veulent retrouver.

« C’est une très belle semaine, mais il y a aussi beaucoup d’engagements, beaucoup de gens qui sont attentifs à toi et le focus est presque entièrement sur toi. »

Une pression différente de celle vécue par les nombreux joueurs argentins lorsqu’ils reviennent jouer dans leur pays. Selon Coello, ces derniers sont suffisamment nombreux pour pouvoir davantage partager cette exposition.

À Valladolid, le visage du tournoi, c’est forcément lui.

Arturo Coello, ses superstitions et la pression de jouer à domicile : « Valladolid, c’est de l’amour et de la haine »

Comment rester concentré quand tout le monde vous sollicite ?

Cette situation impose à Coello une organisation particulière.

Le numéro 1 mondial explique ainsi qu’il s’appuie énormément sur son entourage pour lui permettre de conserver une priorité absolue : le sportif.

Miki, Maika et Julio jouent notamment un rôle essentiel durant cette semaine particulière.

« Ils s’occupent de faire en sorte que tous mes proches soient contents. Ce sont les trois personnes qui m’aident le plus cette semaine et moi, je me concentre sur le sportif. »

Une répartition des rôles qui lui permet de rester focalisé sur son équipe, son entraînement et Agustín Tapia.

Car Coello en est parfaitement conscient : vouloir répondre à toutes les sollicitations peut rapidement devenir incompatible avec les exigences du très haut niveau.

« Si tu mets le focus sur autre chose que le sport et la compétition, il devient compliqué de performer. »

Il s’accorde tout de même quelques moments pour profiter de sa famille et de ses amis. À Valladolid, il dort notamment chez lui, ce qui lui permet de conserver un lien avec son quotidien.

Mais l’objectif ne change pas.

« Évidemment, nous aimons gagner à la maison et si nous voulons gagner, il faut être à 100 %. »

Coello et ses petites superstitions

L’entretien prend ensuite une tournure plus légère lorsque Coello est interrogé sur ses habitudes lorsqu’il revient dans certaines villes.

Et le numéro 1 mondial le reconnaît volontiers : il peut être un peu superstitieux.

« Parfois, je suis un peu superstitieux sur certaines choses. »

Il existe notamment plusieurs habitudes auxquelles il reste fidèle selon les tournois.

À Valladolid, il dort chez lui. À Málaga, il séjourne chez les parents de sa compagne Maika. À Madrid, il reste également dans sa résidence.

Trois habitudes qu’il décrit lui-même comme des « schémas » qu’il cherche à reproduire.

Mais cela ne s’arrête pas là.

Arturo Coello, ses superstitions et la pression de jouer à domicile : « Valladolid, c’est de l’amour et de la haine »

Une coupe de cheveux pour reproduire le scénario de l’année précédente

Coello raconte notamment une anecdote amusante lors de son passage en Argentine.

L’année précédente, il s’était fait couper les cheveux le premier jour du tournoi.

Alors, de retour en Argentine, pourquoi changer une recette qui avait fonctionné ?

« L’année dernière, je me suis coupé les cheveux juste le premier jour du tournoi et cette semaine, je me suis de nouveau coupé les cheveux ici en Argentine. »

Le numéro 1 mondial plaisante même sur le fait que ces « sciences infuses » pourraient peut-être lui apporter un petit supplément d’aide.

Derrière la plaisanterie apparaît cependant un mécanisme très courant chez les sportifs de haut niveau : reproduire des habitudes qui procurent de la confiance.

« J’essaie de faire des choses qui me mettent progressivement dans la compétition, qui m’aident à me concentrer et qui me donnent cette petite sécurité dont nous avons tous besoin de temps en temps. »

Mais son véritable rituel reste le travail

Coello prend toutefois soin de remettre immédiatement ces superstitions à leur juste place.

Une coupe de cheveux ou une habitude d’hôtel peuvent lui apporter une forme de confort psychologique, mais ce n’est évidemment pas là qu’il puise sa véritable confiance.

Pour lui, la meilleure manière d’aborder un tournoi reste de savoir que le travail a été correctement effectué en amont.

« Ce qui me remplit le plus et ce qui me détend le plus, c’est de savoir que le travail quotidien est bien fait. »

Il cite également la qualité du travail de son équipe et la dynamique collective comme les principaux éléments qui lui permettent d’arriver sereinement en compétition.

« Savoir que nous travaillons bien, consciencieusement, que l’équipe fonctionne et que la dynamique est bonne, c’est ce qui m’aide le plus. »

Une manière de rappeler que derrière les petites superstitions du champion se trouve surtout une mécanique de très haut niveau parfaitement structurée.

Arturo Coello, ses superstitions et la pression de jouer à domicile : « Valladolid, c’est de l’amour et de la haine »

En Argentine aussi, la dimension émotionnelle compte

Cette réflexion fait écho à ce que Coello observe lorsqu’il joue en Argentine avec Agustín Tapia.

Le tournoi possède, selon lui, une importance qui dépasse largement les points ou le prize money.

Les joueurs argentins évoluent devant leurs familles et des proches qu’ils ne voient parfois que très rarement pendant la saison. Une dimension émotionnelle qui se transmet également à leurs partenaires.

Coello explique ainsi vouloir lui aussi donner davantage lors de cette semaine afin que Tapia puisse profiter le plus longtemps possible de la piste devant son public.

Une situation qu’il comprend probablement mieux que beaucoup d’autres.

Car quelques semaines plus tard, lorsque le circuit passe par Valladolid, les rôles s’inversent.

Cette fois, c’est Arturo Coello qui devient le centre de toutes les attentions.

Une semaine faite « d’amour et de haine », selon ses propres mots, pendant laquelle le numéro 1 mondial tente finalement de réaliser le plus difficile : rester uniquement un joueur de padel alors que, autour de lui, tout le monde veut retrouver Arturo.

CP : Premier Padel

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.