C’est devenu le classique du padel mondial. Depuis maintenant trois saisons, Arturo Coello / Agustín Tapia et Fede Chingotto / Ale Galán se retrouvent encore et encore dans les derniers tours des plus grands tournois.
À Londres, les deux paires ont disputé leur 39e confrontation, dont 38 en finale. Des chiffres impressionnants, qui témoignent de leur domination sur le circuit. Mais ils posent aussi une question : à force de voir toujours la même affiche, ce duel n’est-il pas en train de devenir trop redondant ?
Un niveau exceptionnel, difficile à critiquer
Sportivement, difficile de reprocher quoi que ce soit aux quatre joueurs.
Depuis trois ans, Tapia / Coello et Chingotto / Galán ont fait monter le niveau du padel mondial. Rarement deux paires aussi fortes auront évolué simultanément sur le circuit, avec une telle régularité.
Le niveau proposé dans leurs confrontations est souvent spectaculaire. Chaque rencontre pousse les quatre joueurs à jouer leur meilleur niveau.
Cette rivalité les fait progresser mutuellement et participe clairement à l’évolution du padel professionnel.
Mais le problème se situe peut-être ailleurs.
Toujours la même finale, toujours les mêmes schémas
À force, une forme de lassitude peut s’installer.
Les finales proposent régulièrement la même affiche, les mêmes oppositions tactiques et des scénarios assez proches. Chingotto doit résister à la pression de Coello dans sa diagonale, Galán tente de prendre un maximum de terrain, Tapia utilise toute sa créativité pour ouvrir des espaces…
Les quatre joueurs se connaissent désormais par cœur. Et si leurs finales restent spectaculaires par le niveau de jeu proposé, elles sont souvent assez linéaires, peu d’accrochages et finalement assez peu de dramaturgie entre les quatre protagonistes.
Et surtout, malgré la capacité de Chingotto et Galán à pousser les numéros 1 dans leurs retranchements, le résultat finit très souvent par être le même : Tapia et Coello gagnent.
Au point qu’une victoire de Chingotto / Galán commence presque à être perçue comme un exploit.
De 4-1 à 4-6 cette saison
La saison 2026 résume parfaitement cette dynamique.
Chingotto et Galán avaient pourtant commencé très fort, remportant quatre de leurs cinq premières confrontations face aux numéros 1 mondiaux. Pour une fois, on pouvait penser que la hiérarchie était réellement en train de basculer.
Mais Tapia et Coello ont encore réagi.
Depuis, ils ont remporté cinq confrontations consécutives face à leurs grands rivaux. Le bilan est désormais de 6 victoires à 4 pour les numéros 1 cette saison.
Londres en a encore offert l’illustration. Chingotto et Galán ont poussé leurs adversaires au troisième set, mais dans le money-time, ce sont une nouvelle fois Coello et Tapia qui ont fait la différence : 6/3 5/7 7/5.
Un scénario qui se répète saison après saison
Plus globalement, on retrouve depuis plusieurs saisons une dynamique assez similaire.
Tapia et Coello connaissent parfois une période où ils semblent plus accessibles. Chingotto et Galán se rapprochent, gagnent plusieurs confrontations et donnent l’impression de pouvoir remettre en question leur domination.
Puis les numéros 1 accélèrent.
Ils retrouvent leur régularité, enchaînent les titres et reprennent progressivement leurs distances. Le mur se reconstruit au moment où Galán et Chingotto semblent enfin proches de le franchir.
Et 2026 pourrait encore suivre ce scénario.
Galán peut-il finir par se poser la question ?
C’est peut-être là que cette rivalité devient particulièrement intéressante.
Cela fait désormais trois saisons que Galán et Chingotto tentent de faire tomber durablement Tapia et Coello. Ils les ont battus, parfois plusieurs fois sur une courte période, mais ils ne sont jamais parvenus à leur prendre la place de numéros 1 mondiaux.
Pour Ale Galán, l’attente commence à être longue. L’Espagnol cherche depuis plusieurs saisons à retrouver le trône mondial, sans y parvenir.
Pourtant, difficile d’imaginer une solution évidente. Fede Chingotto reste l’un des meilleurs joueurs du monde et leur association fonctionne : finales, titres, régularité et capacité à rivaliser avec pratiquement tout le circuit.
Changer représenterait donc un énorme pari.
Mais si la deuxième partie de saison reproduit encore une fois le même scénario et que Tapia / Coello continuent d’accumuler les victoires, la question pourrait forcément revenir en fin d’année : faut-il continuer à essayer de casser ce mur avec les mêmes armes ou tenter autre chose ?
La deuxième partie de saison comme juge de paix
Pour l’instant, la rivalité reste exceptionnelle par son niveau. 39 confrontations en trois ans montrent surtout à quel point ces deux équipes évoluent au-dessus du reste du circuit.
Mais une grande rivalité a aussi besoin d’incertitude.
Si Tapia et Coello continuent de gagner les confrontations importantes et que les finales restent presque systématiquement les mêmes, le risque est de voir une affiche autrefois très attendue devenir progressivement trop prévisible.
Après la trêve estivale, Chingotto et Galán auront donc un nouveau défi : briser un scénario qui semble se répéter saison après saison.
Car derrière cette nouvelle bataille pour la place de numéro 1 se cache peut-être une autre question : combien de temps Galán acceptera-t-il encore de buter sur le même mur avant d’envisager un nouveau projet ?
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !


































































































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Bonjour,
La fin de l’article dénote d’une prise de position claire de l’auteur… Chingoto apparaît comme le maillon faible dont Galan pourrait être tenté de se débarrasser (on pose la question dans ce sens, pas dans le sens inverse).
Si l’on regarde les trajectoires, Galan a perdu contre Coello/Tapia avec LeBron, puis avec Chingoto…
Chingoto me semble encore dans une phase ascendante, puisqu’il est venu de plus bas.
Aussi, on ne voit pas trop qui pourrait faire progresser la paire en s’associent avec Galan, alors qu’on pourrait imaginer que Chingoto avec Ausburger ou Leal pourrait proposer une paire très compétitive…
Non?
Bonjour Sam,
Je ne suis pas l’auteur de l’article, mais évidemment l’idée n’est pas de généraliser dans l’article. Il s’agit d’une analyse sur cette finale. En effet, on ne va pas énumérer tous les articles écrits sur Chingotto. Il a démontré à de nombreuses reprises qu’il pouvait être exceptionnelle au point de faire vasciller même Coello. Votre réflexion est intéressante, on essaiera peut être de faire un post sur la base de vos conclusions. 🙂