Éliminés dès les huitièmes de finale du Madrid P1 par José Jiménez et Álex Arroyo (7-6, 6-4), Franco Stupaczuk et Jon Sanz ont manqué leur premier véritable test sur le circuit Premier Padel. Plus que le résultat, c’est le décalage entre les promesses de cette association et ce qu’elle a montré sur la piste qui interpelle.
Une paire qui semblait cocher toutes les cases
Lorsque Franco Stupaczuk et Jon Sanz ont annoncé leur association, la logique sportive paraissait évidente. À gauche, Stupa devait apporter sa capacité à construire, son volume de jeu, sa défense et une régularité supérieure. À droite, le gaucher Jon Sanz offrait cette puissance capable de changer la physionomie d’un échange en une frappe, avec un smash lui permettant de sanctionner la moindre balle courte.
Sur le papier, les rôles semblaient presque naturellement distribués : Stupaczuk pour donner un socle à la paire, Sanz pour lui apporter son explosivité et son imprévisibilité. Une combinaison d’autant plus intéressante que les deux joueurs peuvent prendre de la place au centre et conclure les points.
Leur victoire au FIP Gold de Belgrade, sans perdre le moindre set et avec un succès 6-3, 7-5 en finale contre leurs anciens partenaires Coki Nieto et Mike Yanguas, avait renforcé cette impression. Pour une première sortie commune, les signaux étaient encourageants. Mais Madrid devait constituer un test autrement plus révélateur.
Stupaczuk n’a pas joué son rôle de stabilisateur
La défaite contre Jiménez et Arroyo ne peut pas être résumée à une mauvaise journée de Jon Sanz. Le Navarrais a livré un match assez conforme à ce que l’on connaît de lui : des smashs de très haut niveau, plusieurs accélérations capables de faire basculer un point, mais également des fautes plus évitables sur des situations apparemment simples, notamment à la volée.
Ce déchet fait partie du profil de Sanz. Son jeu repose sur la prise de risque, l’instinct et la recherche permanente du coup qui peut déséquilibrer l’adversaire. Pour que cette formule fonctionne, son partenaire doit être en mesure d’absorber ses passages plus irréguliers.
Or, dans cette rencontre, Stupaczuk n’a pas tenu ce rôle. L’Argentin a commis plusieurs erreurs inhabituelles et n’a jamais vraiment donné le sentiment de prendre le contrôle du match. Moins précis, moins tranchant et globalement en dedans, il n’a pas installé cette continuité que l’on attendait de lui.
C’est sans doute le principal enseignement de cette élimination : si Sanz conserve sa part habituelle d’irrégularité et que Stupa se met lui aussi à offrir des points, la paire perd immédiatement son équilibre. Elle conserve un potentiel spectaculaire, mais son niveau minimum devient trop bas pour maîtriser ce type de rencontre.
Jiménez et Arroyo ont su attendre leur moment
Cette lecture ne doit pas enlever le mérite de José Jiménez et Álex Arroyo. La tête de série 14 a accepté le rapport de force et s’est montrée plus solide dans les moments importants. Jiménez a apporté bien davantage qu’un simple rôle d’accompagnement, tandis qu’Arroyo a pu s’appuyer sur sa puissance sans avoir à forcer constamment les échanges.
En remportant le tie-break du premier set puis en faisant la différence dans la deuxième manche, les Espagnols ont surtout mieux géré les séquences décisives. Face à eux, Stupaczuk et Sanz ont produit quelques coups de grande qualité, mais pas suffisamment de continuité pour imposer durablement leur jeu.
Belgrade était une promesse, pas une garantie
Le titre remporté en Serbie avait validé le potentiel immédiat de la nouvelle paire. Il ne pouvait cependant pas garantir que les automatismes étaient déjà installés. Après une entrée en lice maîtrisée à Madrid contre Curro Cabeza et Mariano González (6-4, 6-3), Stupa et Sanz sont tombés dès que le scénario s’est tendu et que les points importants ont demandé davantage de contrôle.
Ce revers ne condamne évidemment pas un projet qui vient à peine de commencer. Il rappelle simplement qu’une complémentarité théorique ne devient pas automatiquement une complémentarité réelle. Il faut encore définir qui ralentit le jeu dans les passages difficiles, qui prend davantage le centre et, surtout, qui sécurise la paire lorsque l’autre traverse une séquence de fautes.
À Madrid, aucun des deux n’a réellement rempli cette fonction.
Paris arrive déjà comme un premier révélateur
Le Major de Paris offrira immédiatement une occasion de réaction. Stupaczuk et Sanz y seront têtes de série numéro 4, avec un tableau censé leur permettre d’éviter les toutes meilleures paires avant les demi-finales. Madrid vient toutefois de rappeler qu’un statut ne protège de rien.
Le potentiel de cette association reste évident. Mais pour se rapprocher des trois meilleures paires mondiales, elle aura besoin d’un Stupaczuk beaucoup plus proche de son niveau habituel et d’un équilibre capable de supporter les fluctuations de Sanz.
La vraie question n’est donc pas encore de savoir si les deux joueurs sont complémentaires. Elle est de savoir s’ils parviendront rapidement à transformer cette complémentarité de profils en une véritable répartition des rôles.
J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.


































































































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