Derrière les grandes affiches et les stars du circuit, une autre réalité du padel professionnel continue de faire débat. Celle des joueurs et joueuses qui enchaînent les qualifications, multiplient les déplacements et peinent malgré les résultats à stabiliser leur carrière sur le circuit principal. Cette semaine, c’est l’Espagnole Sofía Saiz qui a décidé de prendre la parole publiquement.
À travers un long message publié sur ses réseaux sociaux, la joueuse espagnole a exprimé son incompréhension face au fonctionnement actuel de Premier Padel et du système de points de la FIP. Une prise de parole sincère qui relance un débat déjà présent depuis plusieurs mois dans le paddock.
« Chaque match est une bataille »
Sofía Saiz ne remet pas en cause le niveau du circuit. Au contraire. Elle reconnaît même que la saison actuelle est particulièrement exigeante : « Cette année est très dure », explique-t-elle, avant d’ajouter que « chaque match est une bataille très intense ».
Avec sa partenaire Marta Talaván, l’Espagnole réalise pourtant des performances solides depuis le début de saison. Les deux joueuses ont disputé huit tournois Premier Padel, franchi toutes les phases de qualifications et atteint à cinq reprises les huitièmes de finale.
Des résultats qui, sur le papier, pourraient laisser penser à une progression naturelle vers les tableaux principaux. Pourtant, selon Saiz, la réalité du classement est bien différente.
Le système de points dans le viseur
C’est surtout le fonctionnement actuel des points FIP qui pose problème à la joueuse espagnole.
Avec une pointe d’ironie, elle résume la situation ainsi : « Passer les qualifications te rapporte davantage grâce au bonus ». Avant de pointer un problème évoqué discrètement depuis longtemps par de nombreux joueurs et joueuses du circuit intermédiaire : certains tournois FIP seraient aujourd’hui plus rentables en termes de points que des victoires obtenues sur Premier Padel.
« Le barème des FIP est tellement élevé qu’aujourd’hui il récompense parfois davantage des victoires en FIP que des matchs gagnés sur Premier », regrette-t-elle.
Un constat qui pousse plusieurs joueurs à privilégier certains tournois secondaires plutôt que les tableaux principaux Premier Padel, pourtant censés représenter le plus haut niveau mondial.
Une réalité économique compliquée
Au-delà des points, Sofía Saiz évoque également les difficultés financières liées à la vie sur le circuit. Même en évoluant au plus haut niveau mondial, de nombreuses joueuses doivent encore gérer des dépenses importantes semaine après semaine.
Elle détaille notamment les frais d’hôtel pour les joueuses et leurs entraîneurs, ainsi que les conditions d’accueil parfois limitées avant le début officiel du tableau principal : « Jusqu’à la veille du premier match au soir, nous n’avons même pas les repas inclus. Honnêtement, ce n’est pas rentable. »
Un témoignage qui illustre les difficultés rencontrées par une grande partie des joueuses situées en dehors du très haut du classement mondial.
« Je ne trouve pas la bonne formule »
Le message de l’Espagnole prend une dimension encore plus forte lorsqu’elle évoque ses doutes personnels concernant la suite de sa carrière.
« Je me demande quelle est la bonne formule pour continuer à concourir à ce niveau et atteindre certains objectifs. La réalité, c’est que je ne trouve pas la réponse », écrit-elle.
Une réflexion lucide, loin de tout discours polémique, qui traduit surtout l’usure physique, mentale et économique ressentie par de nombreux acteurs du circuit.
Un message tourné malgré tout vers la compétition
Malgré cette prise de parole forte, Sofía Saiz a conclu son message avec un regard toujours tourné vers le terrain et la compétition. L’Espagnole a tenu à remercier sa partenaire Marta Talaván ainsi que son entourage technique pour leur soutien au quotidien.
« Il fallait que ça sorte », écrit-elle, avant de se reconcentrer immédiatement sur son huitième de finale à Buenos Aires.
Cette sortie publique remet en lumière une problématique déjà dénoncée à plusieurs reprises, notamment chez les joueurs du tableau masculin : celle des conditions réelles de vie sur le circuit professionnel pour tous ceux qui évoluent loin des premières places mondiales.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !

























































































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