À travers son expérience d’entraîneur et fondateur de la Big Padel Jet Academy et de cofondateur du FIP Promises Paris by WME, Jean-Thomas Peyrou dresse un constat lucide : la France n’est plus très loin du très haut niveau chez certaines catégories, mais le travail doit s’inscrire dans la durée.
L’ancien membre de l’équipe de France et directeur sportif du Bordeaux P2 observe une progression nette du padel français chez les jeunes et un rapprochement avec les meilleures nations. Entretien.
Une génération française déjà au contact du top mondial
« J’ai pu voir de près lors du FIP Promises 2025 où on a eu vraiment l’élite mondiale, notamment chez les moins de 12, moins de 14, moins de 16. J’ai été très surpris du niveau général. »
Le constat est fort. En confrontant les jeunes Français aux meilleurs joueurs mondiaux, l’écart apparaît moins important que prévu.
« Le niveau par rapport aux meilleurs du monde dans ces catégories-là, notamment chez les messieurs, c’est quand même assez proche. »
Certains profils se détachent déjà.
« Sacha Huard-Delamare et Nathan Perrault… pour moi, ils ne sont pas loin du top niveau mondial. J’ai même envie de dire qu’ils sont dans le top 3 monde de leur catégorie. »
Un signal positif pour l’avenir du padel français, même si la densité reste un enjeu majeur.
« Les Espagnols, des profils comme ça, ils en ont plein. Nous, on n’en a que quelques-uns. Donc il faut continuer le boulot. »
Une structuration des académies qui change la donne
L’émergence de ces jeunes talents s’appuie sur le développement des académies de padel en France.
« On a vraiment des académies qui sont en train de structurer, avec des profils super intéressants qui émergent. »
À Bordeaux, Jean-Thomas Peyrou développe une approche centrée sur l’individualisation.
« J’essaie qu’ils puissent s’exprimer de la meilleure façon possible. Ma méthode est différente, j’essaie vraiment d’individualiser. »
Mais au-delà du jeu, c’est une vision globale qui est mise en place.
« Je crois qu’il faut les façonner, leur donner une bonne éducation professionnelle, sur la nutrition, la préparation physique… que ça devienne des athlètes. »
Une formation complète, dès le plus jeune âge
Le travail commence très tôt, avec un accompagnement quotidien de certains jeunes joueurs.
« J’ai la petite Rose Estrade que j’accompagne vraiment au jour le jour. J’ai aussi Louise et Margot, qui ont 10 ans et qui s’entraînent à l’académie. »
Des stages immersifs permettent également de structurer les jeunes.
« On organise des stages next-gen, là pendant les vacances de Pâques j’en ai 12, des moins de 18 ans, qui vivent une immersion complète. »
L’objectif est clair : construire sur le long terme.
« Je ne pense pas qu’il faut mettre les joueurs dans des cases, mais plutôt avoir une vision à long terme. »
Une progression individuelle au cœur du projet
Chaque trajectoire est différente, comme le montre l’exemple de Lucas Pillon.
« C’est un garçon qui a été un peu en retrait. Il avait un retard physique qu’il est en train de rattraper. Donc forcément, il joue mieux aujourd’hui. »
Un développement progressif assumé.
« Chaque joueur a sa progression. Il faut laisser le temps. »
Le projet de l’académie repose aussi sur un encadrement structuré.
« Ils ont un préparateur mental, la nutrition, la préparation physique… on essaie de professionnaliser au maximum. »
Un projet éducatif structuré autour du sport-études
Le développement des jeunes passe aussi par l’équilibre scolaire.
« On propose plusieurs passerelles : Acadomia, le CNED, des collèges et lycées avec horaires aménagés. »
Avec une évolution à venir.
« À partir de septembre, on aura aussi une solution de logement, en collaboration avec une académie de tennis de haut niveau. »
Ce cadre permet à certains jeunes de se révéler.
« J’en ai qui étaient en difficulté scolaire et qui aujourd’hui vivent leur meilleure vie. Les parents sont contents, les enfants aussi. »
FIP Promises Paris by WME : un tournoi qui attire le gratin mondial
L’événement parisien s’impose comme un rendez-vous incontournable.
« L’année dernière, c’était énorme : 340 inscrits, 13 nationalités, et surtout un très gros niveau. »
La clé, selon Peyrou, reste la qualité du plateau.
« Si on organise un tournoi international, il faut avoir le gratin mondial. Sinon, ça ne sert à rien. »
Et Paris coche toutes les cases.
« Sur les moins de 12, 14, 16, on avait les meilleurs joueurs et joueuses du monde, le top 3 mondial était là. »
Un projet au service du développement du padel
Le tournoi ne vise pas un intérêt individuel.
« Ce n’est pas du tout un événement pour faire grossir mon académie. Bien au contraire. »
La philosophie est claire.
« C’est pour le développement du padel chez les jeunes. C’est cette génération qui va compter dans les années à venir. »
Avec un soutien solide.
« La FIP nous accompagne, la Fédération aussi, les joueurs du CNE seront présents, toutes les académies aussi. »
Une ambition assumée : devenir une référence mondiale
Le projet va encore grandir.
« On a signé des partenariats avec des académies étrangères et des fédérations pour faire venir les meilleurs joueurs. »
L’objectif est clairement affiché.
« On a envie que cet événement s’installe dans le paysage et que les jeunes cochent cette case. »
Et même plus loin.
« Est-ce que le FIP Promises peut devenir le Petit As du padel ? C’est notre ambition. »
Équipe de France : des profils à suivre sans pression
Certains joueurs sont déjà identifiés pour l’avenir.
« J’ai quelques profils qui pourraient prétendre à intégrer l’équipe de France jeune, et même senior dans quelques années. »
Mais la prudence reste de mise.
« Je ne veux pas les citer pour ne pas leur mettre de pression. À cet âge-là, il faut les laisser s’exprimer. »
Une approche mesurée.
« Ils donnent le maximum, et on essaie de leur offrir le cadre le plus professionnel possible. »
Une vision à long terme pour rivaliser avec les meilleures nations
Le développement du padel français s’inscrit dans le temps.
« Peut-être que dans 10 ou 15 ans, on aura une génération capable de rivaliser avec les meilleurs. »
Le message est clair : la base est là, mais tout reste à construire.
« On a une génération qui est en train d’éclore. Maintenant, il faut continuer le travail. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

























































































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