Le Buenos Aires P1 a démarré dans une ambiance particulière. Car derrière le statut toujours officiel de numéros un mondiaux d’Arturo Coello et Agustín Tapia, la dynamique actuelle semble clairement pencher du côté de Fede Chingotto et Ale Galán.

Vainqueurs de plusieurs grands rendez-vous cette saison, les deux hommes arrivent en Argentine avec énormément de confiance. Une montée en puissance que Coello lui-même ne cherche plus à minimiser.

En conférence de presse, le numéro un mondial a même reconnu ouvertement les ambitions légitimes de Chingotto : “Il rêve chaque jour de devenir numéro un et, s’il continue comme ça, il a beaucoup de chances d’y arriver.”

Coello lucide sur le moment compliqué des numéros un

Même s’ils restent installés au sommet du classement mondial, Coello et Tapia traversent une période moins dominatrice qu’en 2024.

Le joueur espagnol ne l’a pas caché au moment d’évoquer ce début de saison. Malgré les résultats toujours impressionnants — avec notamment 21 finales consécutives disputées — les sensations ne sont pas toujours au rendez-vous.

Quand les choses vont mal… même quand tu gagnes parfois, les sensations ne sont pas incroyables”, expliquait Coello devant les médias argentins.

Le “King” a également insisté sur la difficulté de rester durablement au sommet dans un circuit où tout le monde progresse rapidement.

Quand tu es en haut, la sensation n’est pas toujours merveilleuse. Tu vois tous les autres évoluer et s’améliorer constamment.”

Un discours lucide, loin de toute forme de panique, mais qui illustre bien la pression actuelle autour de la paire numéro un mondiale.

Chingotto change de dimension

En face, Fede Chingotto semble franchir un cap majeur cette saison.

Déjà auteur de quatre titres en 2026 avec Ale Galán, l’Argentin affiche surtout une nouvelle sérénité dans les grands moments. Un aspect mental qu’il reconnaît lui-même avoir profondément travaillé ces derniers mois.

L’expérience dans les grandes finales m’a beaucoup aidé”, explique le joueur d’Olavarría. “Petit à petit, tu perds cette peur de te tromper. Aujourd’hui, dans ma tête, l’erreur est davantage permise.”

Un changement essentiel dans le padel moderne, où le rythme de jeu impose désormais beaucoup plus de prise de risque.

La vitesse à laquelle on joue aujourd’hui oblige à être plus agressif”, ajoute-t-il.

Longtemps considéré comme un joueur ultra fiable mais parfois trop prudent offensivement, Chingotto semble désormais évoluer avec davantage de liberté.

Galán veut libérer complètement son partenaire

Ce changement de mentalité, Ale Galán le résume avec une expression : “open mind”.

Le Madrilène pousse constamment son partenaire à jouer relâché, sans crainte de la faute.

Je veux qu’il ouvre son esprit”, explique Galán. “Je dois l’encourager à tenter sans le pénaliser lorsqu’il rate. Ce que je lui demande, c’est de jouer libéré.

Cette confiance mutuelle, combinée au travail tactique de Jorge Martínez, explique en grande partie l’impression de maîtrise dégagée actuellement par la paire hispano-argentine.

À ce rythme-là, la bataille pour la place de numéro un mondial pourrait rapidement devenir l’un des grands feuilletons de la saison 2026.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !