Jeremy Scatena, le numéro 1 français de l’APT Padel Tour est de retour.

Il signe un come-back très convaincant avec cette belle victoire avec son binôme argentin, Facundo Dominguez, lors de l’APT Future 500 de Fuengirola.

Rappelons qu’il est le premier français à remporter une compétition APT, et qu’il est peut-être en passe d’en remporter une nouvelle !

Lors d’un entretien pour Padel Magazine, Jeremy se confie sur ses coups durs, sa saison et son avenir.

“Je suis dans mes émotions et ma spontanéité”

F.B: Trois victoires consécutives, ça remotive après une période compliquée ?

J.S:  Ah oui ! J’ai décidé de refaire des tournois français parce que c’est important pour moi de faire des compétitions avec tout ce que cela implique : retrouver mes partenaires, mes supporters, tester mon physique, mon mental, reprendre du plaisir à jouer, gagner.

Côté APT, le future 500 a été pour moi un tournoi riche en émotions ; cela faisait longtemps que je n’avais pas réussi à me sentir aussi bien mentalement.

F.B: Suite à la vidéo de l’APT où l’on te voit remercier tes supporters, on a vu quelques messages mentionnant que tu aurais dû remercier ton partenaire et saluer tes adversaires en premier…

J.S: Je suis un joueur qui vit son sport à fond ; ça représente une énorme partie de ma vie. Quand je gagne, je suis comme un adolescent qui embrasse la fille la plus jolie du collège ! J’ai le cœur qui bat la chamade, je suis dans mes émotions et ma spontanéité, pas dans le contrôle. Mon émotionnel est mon moteur de performance.

J’étais tellement content d’avoir gagné, de partager ça avec nos supporters qui étaient présents – avec les conditions sanitaires actuelles, avoir du public est un luxe ! – qu’effectivement, je me suis précipité sur eux mais j’ai immédiatement remis le cap vers Facundo et nos adversaires.

“Paquito ne voulait pas jouer ce match”

F.B: On va forcément revenir sur un moment qui t’a touché, c ‘est cette mésaventure lors des Championnats d’Europe avec Paquito Navarro en demi-finale.

J.S: Ce fut un moment très compliqué pour moi, je me suis senti trahi parce qu’on ne m’a pas laissé l’occasion de m’expliquer.

Ma vue des faits est que Paquito Navarro ne voulait pas jouer ce match ; il a tenté de négocier pendant 25 minutes pour ne pas disputer la partie.

Il est entré en marchant sur le terrain ; ça a tout de suite mis une ambiance tendue.

Quand, dès le premier point, après un long échange, j’ai lâché un “vamos !”, la tension est montée d’un cran.

Puis lors du deuxième point, au moment où Paquito allait servir, mon partenaire JT Peyrou était de dos, je lui ai donc demandé d’attendre et je ne suis pas allé sur la balle – encore un cran dans la tension ambiante.

Ensuite, à partir du deuxième jeu quand je faisais des retours de vitre il faisait des commentaires inappropriés sur mon jeu, puis des insultes dont je vous fais grâce.

La partie se déroulait pas mal de notre côté ; je pense qu’ils se sont dit que ça allait durer et ça ne les arrangeait pas. Bref, je ne suis pas dans leur tête, mais ils ont pris la décision d’abandonner.

Scatena-Dominguez APT CHAMPIONS

“La FIP devrait être la garante de la liberté des joueurs “

F.B: Tu es l’un des premiers joueurs français et même internationaux à rejoindre l’APT. Cela n’a pas été toujours facile. Tu as été également déçu de voir la réaction du World Padel Tour…

J.S: Disons que j’ai fait mes choix. Au sein de l’APT je retrouve des valeurs qui me sont chères comme l’équité et la passion du padel. Il y a une philosophie qui a pour intention de valoriser les joueurs et l’esprit sportif. Fabrice Pastor et Thomas Johansson sont accros au padel et j’aime quand la passion est au centre du projet.

Sortir du classement du World Padel Tour, ce n’est pas agréable. Chaque point et chaque place je les avais gagnés sur le terrain. Je me suis énormément investi. Et ça coûte d’ailleurs très cher. Unilatéralement, sans aucune discussion, ce circuit m’a donc retiré de la liste des joueurs du WPT avec tous les points qui y sont liés.

Je savais qu’en prenant la décision de quitter le WPT pour un autre circuit, il y aurait des sanctions et que mon choix serait critiqué. Le WPT a été jusqu’à me refuser l’accès à un tournoi qui avait lieu à coté de chez moi. D’autres joueurs sont dans cette situation. Leur comportement est décevant.

J’assume – pour moi ce qui compte c’est que je me sente à ma place.

F.B: D’ailleurs, plus globalement, les joueurs actuels du WPT ont refusé leur première offre. Un autre circuit pro lancé par Lisandro Borges pourrait voir le jour. Quelle est ton opinion sur tout cela ?

J.S: Je pense que plus on ouvrira nos circuits padel, plus notre discipline sera connue et reconnue. Ce qui compte c’est de créer un cercle vertueux autour de ce sport pour l’étendre à l’international. Les joueurs devraient pouvoir être libres de jouer les tournois qu’ils souhaitent.

D’ailleurs, je pense que la Fédération Internationale de Padel devrait être la garante de la liberté des joueurs. C’est contradictoire de vouloir démocratiser un sport tout en ne soutenant qu’un circuit pro, surtout quand on connaît les pressions que le WPT peut exercer auprès de certains joueurs.

On peut aimer ou ne pas aimer l’APT Padel Tour. Mais ce qui est certain c’est que le circuit a permis en une seule année de faire avancer l’intérêt des joueurs, plus que le WPT sur les 5 dernières années.

Une nouvelle association avec Santiago Frugoni

F.B: FFT Padel Tour Pyramides P2000, APT Padel Tour, les championnats de France de padel ?  Tu joueras avec qui ?

J.S: Concernant le P2000 des Pyramides, je vais le jouer avec mon nouveau partenaire, Santiago Frugoni, qui est 21ème à l’APT et avec qui je disputerai les 6-7 derniers tournois de l’année.

Pour ce qui est des Championnats de France, il se pourrait que je les fasse avec Nallé Grinda. Car Robin Haziza fait forfait pour l’épreuve. Mais la balle est surtout dans le camps des organisateurs. On espère pourvoir obtenir cette Wild Card. Sinon, je ne les ferai pas malheureusement.

F.B: On va terminer sur le jeu et la compétition : vois-tu le ciel s’éclaircir ? Quel est ton programme ?

J.S: Oui je vois le ciel s’éclaircir. Je suis dans une nouvelle dynamique.

Les trois tournois que je viens de gagner permettent de retrouver de la confiance.

Je travaille mon physique et mon mental pour être au top de ce que je peux donner sur le terrain que ce soit pour mon partenaire, mon public, mes sponsors, tous ceux qui me soutiennent.

Alors maintenant, « vamos » : on se donne à 200% pour être au top et aller le plus loin possible.

Fan de padel et d’origine espagnole, le padel coule dans mes veines. Très heureux de vous faire partager ma passion à travers la référence mondiale de padel : Padel Magazine.