Le huitième de finale remporté par Thomas Leygue / Jesús Moya face à Juanlu Esbrí / Sanyo Gutiérrez (6/2 4/6 7/5) n’a pas seulement été marqué par l’énorme niveau de jeu de la paire franco-espagnole. De l’autre côté du filet, la tension était clairement palpable entre les deux Espagnols, jusqu’à exploser sur le banc.

Dans un Philippe-Chatrier en fusion, Leygue et Moya ont parfaitement joué leur coup. Et au-delà du padel, ils ont aussi réussi à faire dérailler mentalement leurs adversaires.

Un premier set très compliqué pour Esbrí / Gutiérrez

Dès la première manche, on sent que quelque chose ne tourne pas rond du côté d’Esbrí / Gutiérrez.

Juanlu Esbrí est loin de son meilleur niveau, commet plusieurs erreurs et peine à trouver de la continuité. Sanyo, lui, commence rapidement à montrer des signes de frustration sur la piste.

Face à eux, Leygue / Moya appliquent une stratégie très claire : jouer juste, faire durer, varier avec les chiquitas, forcer Esbrí à toucher énormément de balles et empêcher Sanyo d’entrer pleinement dans le match.

Le plan fonctionne parfaitement. Leygue / Moya prennent le large et empochent la première manche 6/2.

Sanyo explose sur le banc

La frustration finit par sortir lors d’un changement de côté.

Sanyo ne se retient plus et lâche :

« Il joue toutes les balles en bas. À un moment, laisse-moi exploser la balle avec le revers. »

Puis il retourne sur la piste, visiblement très agacé.

La réaction d’Esbrí ne tarde pas. Il glisse alors à son coach :

« Il me parle encore deux fois comme ça, je m’en vais. »

Une scène qui résume bien l’ambiance dans la paire à ce moment du match.

La tension ne disparaîtra jamais vraiment. Même lorsqu’Esbrí et Gutiérrez réussissent à revenir dans la partie et à prendre le deuxième set 6/4, on sent une communication compliquée, beaucoup de frustration et une paire qui joue sous pression.

@padelnow33

El banquillo está muy muy difícil.

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Leygue / Moya plus forts mentalement

Dans ce contexte, Leygue / Moya ont été remarquables mentalement.

Ils ont su garder leur ligne directrice, ne pas paniquer quand Esbrí / Gutiérrez ont relevé leur niveau et surtout continuer à jouer dans les zones qui gênaient le plus leurs adversaires.

On peut clairement penser que cette stratégie a participé à nourrir les tensions côté espagnol. Esbrí était beaucoup sollicité, Sanyo touchait moins certaines balles qu’il aurait voulu, et la frustration a progressivement pris de la place.

Dans le troisième set, alors que tout aurait pu basculer plusieurs fois, Leygue et Moya sont restés plus lucides dans les moments clés.

Le Chatrier n’a rien arrangé pour Sanyo / Esbrí

Il faut aussi prendre en compte le contexte.

Jouer face à un Français dans un Philippe-Chatrier totalement acquis à Leygue / Moya, ce n’est jamais simple. Chaque point gagné par la paire franco-espagnole provoquait une énorme réaction du public.

Pour Esbrí et Gutiérrez, déjà en difficulté dans leur communication, cette ambiance a certainement ajouté une couche de pression.

À l’inverse, Leygue / Moya ont été transcendés par le soutien du public et ont réussi à aller chercher des ressources supplémentaires dans les moments les plus tendus.

Au final, la victoire 6/2 4/6 7/5 récompense une paire plus solide mentalement, plus soudée dans les moments difficiles et capable de rester fidèle à son plan de jeu.

Et côté Sanyo / Esbrí, cette défaite restera aussi marquée par ces images de tension, qui montrent à quel point ce match leur a échappé autant dans le jeu que dans la gestion émotionnelle.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !