Une semaine après Málaga, le circuit Premier Padel prend la direction de Pretoria pour une étape totalement nouvelle. Altitude, piste indoor et balle spécifique : les conditions semblent taillées pour les grands frappeurs. Un contexte potentiellement favorable à Coello et Tapia, mais aussi à Lebrón et Augsburger, tandis que Galán et Chingotto doivent rapidement réagir après leur défaite en demi-finale en Andalousie.
Une balle qui devrait voyager davantage
Pretoria se situe à environ 1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer. À cette altitude, l’air est moins dense et oppose moins de résistance aux trajectoires : à vitesse et rotation comparables, une balle tend donc à conserver davantage son énergie au cours de son déplacement.
La FIP a clairement anticipé cette particularité. Le tournoi se jouera en indoor, sur gazon Mondo, avec une Bullpadel Premium Pro High Altitude, spécialement choisie pour les conditions de Pretoria. Trois pistes de compétition seront installées pour ce P1 programmé du 26 juillet au 2 août.
La balle spécifique doit permettre de limiter les effets les plus extrêmes de l’altitude. Il faudra donc attendre les premiers entraînements pour savoir si la piste sera réellement très rapide. Mais sur le papier, les conséquences tactiques sont faciles à imaginer : moins de temps pour défendre, des lobs moyens plus facilement sanctionnés et un jeu aérien encore plus décisif.
Coello et Tapia, les favoris naturels de ces conditions
Difficile de concevoir un environnement plus favorable à Arturo Coello et Agustín Tapia.
Coello possède probablement la capacité de finition la plus intimidante du circuit. Grâce à sa taille, son envergure et sa puissance, il n’a pas nécessairement besoin d’un lob très court pour conclure. Tapia, de son côté, est capable d’accélérer depuis presque toutes les zones avec son kick.
À Pretoria, la difficulté pour leurs adversaires sera donc de trouver un lob suffisamment profond pour les repousser, sans leur offrir une balle aérienne exploitable. Une marge déjà réduite dans des conditions classiques et qui pourrait devenir encore plus étroite en altitude.
Les numéros un arrivent également avec une dynamique impressionnante. Depuis le Major de Rome, ils ont enchaîné les titres à Valence, Valladolid, Bordeaux et Málaga. En Andalousie, ils ont dominé Lebrón et Augsburger 6/2 6/2 en finale, remportant ainsi un cinquième tournoi consécutif.
Lebrón et Augsburger dans quelle partie du tableau ?
Le tirage au sort masculin n’était pas encore publié au moment de la rédaction de cet article. Une incertitude essentielle demeure donc : dans quelle moitié de tableau Juan Lebrón et Leo Augsburger seront-ils placés ?
Trois scénarios sont possibles :
- une revanche de la finale de Málaga contre Coello et Tapia dès les demi-finales ;
- une nouvelle confrontation avec Galán et Chingotto, également en demi-finale ;
- ou une nouvelle finale contre l’une des deux premières paires.
Les conditions sud-africaines devraient parfaitement convenir à la puissance de Lebrón et Augsburger. Leur capacité à produire des winners sur la première ou la deuxième frappe pourrait leur permettre d’écourter les échanges et d’éviter certaines phases de construction dans lesquelles ils restent moins réguliers que les deux meilleures équipes mondiales.
Mais Málaga a également rappelé leurs limites. Après avoir éliminé Galán et Chingotto 2/6 6/3 7/6, ils n’ont jamais réellement inquiété Coello et Tapia en finale.
Galán et Chingotto doivent-ils changer leur manière de jouer ?
Pour Galán et Chingotto, l’enjeu sera d’abord tactique.
Chingotto est l’un des meilleurs défenseurs du monde, mais une piste rapide réduit naturellement le temps dont il dispose pour lire les trajectoires et remettre une balle supplémentaire. Face à Coello, son lob croisé devra être quasiment parfait. Une balle trop courte peut immédiatement se transformer en smash gagnant.
Galán devra probablement prendre davantage de responsabilités au filet et éviter que la paire ne subisse trop longtemps. Les chiquitas, les retours bas et les accélérations au centre peuvent devenir plus importantes que les longs échanges de lobs. L’objectif sera moins de défendre héroïquement que d’empêcher Coello et Tapia de s’installer durablement en attaque.
La défaite de Málaga a surtout constitué un avertissement. Galán et Chingotto avaient atteint toutes les finales hormis Bruxelles depuis plusieurs mois, mais Lebrón et Augsburger ont interrompu cette régularité en remportant leur deuxième confrontation directe de la saison. Les numéros deux doivent désormais prouver que cette élimination reste un accident et non le début d’un changement dans la hiérarchie.
Pretoria et Londres : la Race peut-elle déjà être perdue ?
La Race n’est pas mathématiquement proche de son dénouement. De nombreux tournois restent encore à jouer, dont plusieurs Majors distribuant davantage de points que les P1. Il serait donc excessif d’affirmer que Galán et Chingotto joueront leur dernière chance entre Pretoria et Londres.
Mais leur marge d’erreur s’est fortement réduite.
En additionnant les résultats obtenus en 2026 et détaillés sur les profils officiels de la FIP, Coello et Tapia possèdent actuellement environ 9 080 points, contre 7 550 pour Galán et Chingotto, soit un écart de l’ordre de 1 530 points. La Race prend en compte les 22 meilleurs résultats de la saison ; à ce stade de l’année, toutes leurs performances 2026 entrent encore dans le calcul.
Un titre en P1 rapporte 1 000 points, une finale 600 et une demi-finale 360. Si Coello et Tapia remportaient Pretoria puis Londres pendant que Galán et Chingotto s’arrêtaient deux fois en demi-finales, l’écart pourrait ainsi approcher 2 800 points. Même avec deux finales des numéros deux, l’avance dépasserait probablement les 2 300 points.
La Race ne serait pas terminée, mais le retour deviendrait extrêmement compliqué.
La nuance est importante : ce n’est pas le simple fait que Pretoria et Londres échappent à Galán et Chingotto qui condamnerait leurs chances. Tout dépendrait de l’identité des vainqueurs. Si Lebrón et Augsburger remportaient l’un des deux tournois en éliminant également Coello et Tapia, l’écart entre les deux premières paires pourrait rester relativement stable.
Le scénario réellement dangereux pour Galán et Chingotto serait donc une nouvelle série de titres des numéros un.
Vers un nouvel équilibre à trois ?
Lebrón et Augsburger ont déjà démontré qu’ils pouvaient battre les deux meilleures paires. À Bruxelles, ils avaient éliminé Galán et Chingotto avant de renverser Coello et Tapia en finale pour décrocher leur premier titre commun. Leur parcours jusqu’à la finale de Málaga confirme qu’ils représentent désormais bien davantage qu’une paire capable d’un exploit isolé.
Une nouvelle finale à Pretoria renforcerait l’idée d’une hiérarchie à trois niveaux : Coello et Tapia en référence absolue, Galán et Chingotto sous pression, puis Lebrón et Augsburger capables de s’inviter régulièrement dans la bataille.
Un titre en Afrique du Sud aurait une portée encore supérieure. Il installerait définitivement la paire hispano-argentine comme une troisième force crédible, capable non seulement de faire tomber les favoris, mais aussi d’enchaîner les résultats.
Un tournoi qui pèsera au-delà de l’altitude
Pretoria sera immédiatement suivi du London P1, dont le tableau principal commencera le 4 août. Les meilleures paires devront donc passer presque sans transition d’un tournoi joué en altitude avec une balle Bullpadel spécifique à une compétition londonienne indoor disputée avec les balles habituelles du circuit.
Deux semaines, deux P1 et jusqu’à 2 000 points à prendre : ce passage peut peser lourd dans la suite de la saison.
Coello et Tapia chercheront à transformer leur série actuelle en véritable échappée. Galán et Chingotto devront stopper l’hémorragie avant que l’écart ne devienne trop important. Lebrón et Augsburger auront, eux, l’occasion de montrer que Málaga n’était pas seulement une belle semaine.
À plus de 1 300 mètres d’altitude, Pretoria pourrait finalement modifier bien davantage que la trajectoire des balles.
J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.


































































































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