À 42 ans, Marta Marrero s’apprête à disputer ce qui devrait être sa dernière saison sur le circuit Premier Padel. Après une carrière impressionnante marquée notamment le fait d’avoir été numéro 1 mondiale, en 2016 avec Alejandra Salazar et en 2019 avec Martita Ortega, l’ancienne joueuse de tennis ayant disputé Roland-Garros et Wimbledon avant de se reconvertir dans le padel s’apprête à tirer sa révérence.
Dans une interview accordée à Relevo, la Canarienne revient sur sa dernière année de compétition, sa maternité, ses doutes quant à la poursuite de sa carrière, et l’évolution du circuit.
Un retour sur le circuit plus compliqué que prévu
Après avoir annoncé sa retraite en 2022 pour devenir maman, beaucoup pensaient que Marta Marrero ne reviendrait plus à la compétition. Pourtant, en juin 2023, elle a décidé de faire son grand retour, malgré l’exigence physique et économique que cela représentait.
“J’ai eu une pré-saison bien meilleure cette fois-ci. L’année dernière, je n’avais pas pu me préparer comme je l’aurais voulu, mais cette fois-ci, j’ai énormément travaillé. Cela faisait des années que je ne m’étais pas autant entraînée.”
Des débuts prometteurs avec Aranza Osoro, mais une séparation difficile
À son retour sur le circuit, elle forme un duo avec Aranza Osoro, avec qui elle atteint les quarts de finale à Bordeaux dès leur premier tournoi ensemble. Un début encourageant qui lui fait croire à un projet compétitif, avant que Osoro décide de changer de partenaire pour viser le Top 8.
“J’ai compris sa décision. Elle voulait se qualifier pour le Master Final, et jouer avec moi compliquait ses chances. Je pense que nous aurions pu aller plus loin, mais il nous fallait du temps et du rythme. Après cette séparation, les résultats ont été plus compliqués, et j’ai terminé l’année avec des doutes.”
Des incertitudes sur la suite… avant un dernier défi avec Virginia Riera
Cette fin de saison difficile la pousse à se questionner : devait-elle continuer en 2025 ? Avec sa famille et sa fille Flavia, la logistique devenait un véritable défi.
“J’ai longtemps hésité à poursuivre. La saison est très exigeante, avec beaucoup de voyages, et je me demandais si cela valait vraiment la peine de continuer. Finalement, j’ai décidé d’essayer encore une année.”
Elle évoque alors son projet de jouer avec Virginia Riera, une joueuse d’expérience qui pourrait lui permettre d’être plus compétitive. “Je voulais jouer avec Virginia depuis un moment, mais elle ne pouvait pas l’année dernière. J’étais très en retrait au classement, donc convaincre des joueuses mieux classées était compliqué. Finalement, elle a accepté et nous avons eu de bonnes sensations sur le terrain.“
Le défi de concilier le padel et la maternité
Si revenir à la compétition après une longue pause était déjà un défi sportif, gérer sa carrière avec une petite fille de moins de deux ans l’était encore plus. Marrero raconte notamment les difficultés rencontrées en voyageant avec Flavia sur presque tous les tournois.
“J’ai toujours voulu emmener ma fille avec moi, mais cela demandait une organisation énorme. Mon mari ne pouvait pas voyager avec nous, alors une nounou m’a aidée. J’avais besoin de quelqu’un pour s’occuper d’elle pendant mes entraînements et mes matchs. C’était un véritable challenge logistique.”
Elle évoque aussi les difficultés d’être une mère sur le circuit, notamment durant la période où elle allaitait. “Au début, elle me demandait tout le temps, et dès que je finissais un match, je courais pour la nourrir. Parfois, les matchs duraient plus de deux heures, ce qui compliquait tout. Je me suis même retrouvée à devoir aller exprimer mon lait dans les toilettes en pleine compétition.”
Un circuit qui n’est pas encore adapté aux mères joueuses
Selon Marrero, le circuit pourrait faire plus d’efforts pour accompagner les joueuses devenues mères. “J’ai eu quelques aides, mais j’ai aussi rencontré des difficultés. Par exemple, j’ai dû demander à des mamans locales de me prêter une poussette lors de certains tournois.”
Elle souligne également le problème des horaires : “On m’a parfois programmé des matchs très tard, ce qui complique tout. Je dois suivre le rythme de ma fille, et chez moi, on dort à 21h30.”
Elle mentionne aussi d’autres joueuses concernées, comme Léa Godallier et Giulia Sussarello, et regrette que le circuit ne soit pas encore adapté à cette réalité.
Un investissement financier peu rentable
Marta Marrero est très claire sur la situation financière des joueuses de padel, affirmant que si une joueuse ne fait pas au moins quarts de finale régulièrement, elle perd de l’argent.
“J’ai perdu de l’argent en jouant cette saison. Il faut payer les voyages, l’hébergement, et en plus j’avais un coût supplémentaire en voyageant avec ma fille et ma nounou. Le padel professionnel demande énormément de dépenses, et les gains ne suivent pas toujours.”
Elle milite d’ailleurs pour une augmentation des prix en tournoi féminin, soulignant l’écart avec les hommes et le fait que beaucoup de joueuses ne pourront pas tenir financièrement sur le long terme.
Dernière saison avant la retraite ?
Marrero annonce que 2025 devrait être sa dernière année sur le circuit, expliquant qu’elle veut se consacrer à sa famille.
“Je pense que ce sera ma dernière saison. Flavia va avoir deux ans et demi, et je veux qu’elle ait une vie plus stable. J’ai 42 ans, j’ai envie de profiter de ma famille et de me consacrer à mes projets personnels.”
Elle espère terminer en beauté, avec un bon niveau de jeu et pourquoi pas une dernière finale en tournoi. “Si je pouvais finir en disputant le Master Final à Barcelone, chez moi, ce serait un rêve.”
Un exemple pour les générations futures
Marrero espère que son parcours servira d’exemple à d’autres joueuses, et prouve qu’une carrière ne doit pas s’arrêter à 30 ans. “On nous a longtemps dit que le sport de haut niveau s’arrêtait tôt, mais je pense que les joueuses peuvent continuer après 40 ans si elles s’entretiennent bien. Regardez Ana Catarina Nogueira, elle court plus que certaines jeunes ! J’espère que d’autres suivront cette voie.”
Un dernier défi aux côtés de Virginia Riera
Sur le plan sportif, elle espère se battre jusqu’au bout avec Virginia Riera. “Nous commencerons comme la paire n°10 et notre objectif est d’atteindre le Master Final. Ce serait une réussite immense.”
À l’aube de cette ultime saison, Marta Marrero s’apprête à tirer sa révérence, mais une chose est sûre : son héritage dans le padel restera indélébile.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !



































































































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