Quelques minutes après son énorme victoire face à Juanlu Esbrí / Sanyo Gutiérrez (6/2 4/6 7/5), Thomas Leygue s’est arrêté au micro de Padel Magazine. Encore porté par l’adrénaline d’un Philippe-Chatrier en fusion, le Français avait du mal à mesurer ce qu’il venait d’accomplir.
Parti des qualifications avec Jesús Moya, Leygue vient d’enchaîner quatre victoires à Roland-Garros et rejoint les huitièmes de finale du Paris Major. Une performance encore plus forte lorsqu’on se rappelle son début de saison compliqué, marqué par son retour après une longue blessure.
« Pour l’instant, je ne réalise pas encore »
À chaud, difficile pour Leygue de mettre des mots sur cette semaine.
« Je pense que pour l’instant, je ne réalise pas encore cette victoire. Je suis vraiment très content. »
Car derrière ce résultat, il y a surtout des mois de travail. Le Français revient de loin après sa blessure et une première partie de saison où les résultats ont tardé à arriver.
« On travaille depuis longtemps pour revenir de cette blessure. Et même, on travaille depuis longtemps pour atteindre ces tours-là, pour gagner des gros matchs comme ça. »
Atteindre ce niveau sur le circuit faisait partie de ses objectifs. Le faire à Roland-Garros, devant le public français, donne forcément une dimension supplémentaire à la performance.
« C’était un objectif, c’était un rêve aussi. Surtout de le faire à Roland. »
Sa famille et le Chatrier pour aller chercher les dernières ressources
Pendant près de deux heures, Leygue a pu compter sur un Philippe-Chatrier totalement acquis à sa cause. Dans les moments difficiles du troisième set, chaque point remporté faisait monter un peu plus le bruit dans les tribunes.
Et au milieu du public se trouvait sa famille.
« Il y a une partie de moi qui le fait pour eux. Quand c’est un moment compliqué, je les regarde et je sais qu’ils donneraient tout pour moi. »
Pour Leygue, leur présence représente bien plus qu’un simple soutien.
« Mon devoir, c’est de tout donner sur le terrain et d’essayer de les rendre fiers. »
Et il en avait besoin. Physiquement touché, le Français reconnaît avoir terminé la rencontre à bout.
« À un moment, je ne pouvais plus marcher. Mais les gens me poussaient, la chair de poule, les émotions et l’adrénaline m’ont donné une dernière ressource pour aller chercher ce match. »
Même s’il reste très concentré dans sa bulle pendant les rencontres, impossible d’ignorer ce qui se passait autour de lui : « J’entends juste un bruit et des gens qui me soutiennent. Et ça me donne envie de bien faire. »
« On ne m’a pas donné d’opportunité pour ce tournoi »
Son parcours possède également une saveur particulière parce que Leygue n’avait pas reçu de wild card pour le tableau principal.
Le Français a donc dû commencer son Paris Major dès les qualifications. Avec Moya, il a successivement battu Miguel Lamperti / Ferran Insa 6/3 6/1, puis Manuel Aragón Herrera / Albert Roglan Pons 7/5 4/6 6/4 pour gagner sa place dans le tableau.
Ensuite, ils ont fait tomber David Gala / Enzo Jensen 7/6 6/4, avant cet exploit face à Esbrí / Gutiérrez.
Interrogé sur cette absence de wild card, Leygue ne cherche pas la polémique, mais son message est clair.
« Je pense que le temps met les gens au bon endroit. »
Et il poursuit :
« On ne m’a pas donné d’opportunité pour ce tournoi. C’est comme ça, je respecte forcément les choix. Moi, je sais de quoi je suis capable. »
Plutôt que d’attendre qu’une opportunité lui soit offerte, Leygue est allé la chercher sur la piste. Quatre matchs plus tard, il est en huitièmes de finale d’un Major.
« Avec ou sans wild card, j’irai chercher les objectifs que je me suis fixés. Et je donnerai tout pour le faire. »
Une phrase qui prend forcément une autre dimension après le parcours qu’il vient de réaliser.
Touché dès les premiers points
Il y a toutefois une interrogation avant son huitième de finale : son état physique.
Leygue est arrivé à l’interview en boitant et révèle s’être fait mal quasiment dès le début de la rencontre.
« Je ne sais même pas comment j’ai commencé le match, parce que je me suis fait mal sur les deux ou trois premiers points. »
Porté par l’enjeu, sa famille et le public, il a pourtant continué pendant trois sets.
Et lorsqu’il raconte son état d’esprit à ce moment-là, la phrase résume parfaitement l’intensité avec laquelle il a vécu cette rencontre :
« J’avais tellement d’adrénaline, tellement d’émotion, tellement envie de bien faire devant tout le monde, devant ma famille, que je me suis dit : si je meurs sur le terrain aujourd’hui, je mourrai sur le terrain aujourd’hui. Mais je donnerai tout ce que j’ai. »
L’état de sa gêne devra désormais être évalué avec son équipe avant la suite du tournoi. Mais Leygue ne laisse aucun doute sur sa présence :
« Vous me verrez demain sur le court central, ça c’est sûr. »
« Pourquoi pas aller chercher un quart de finale ? »
Et justement, le prochain défi sera encore plus grand : Franco Stupaczuk / Jon Sanz, tête de série 4.
Au moment de l’interview, Leygue venait tout juste d’apprendre l’identité de ses prochains adversaires. Pas question pour lui de trop se projeter dans les tableaux.
« J’aime bien penser au match sur le moment même. Déjà, gagner ce genre de match, c’est incroyable. »
Mais après avoir sorti successivement Gala / Jensen puis Esbrí / Gutiérrez, le Français ne s’interdit plus rien.
« C’est deux excellents joueurs. C’est le sport, il peut tout se passer. Si on continue à jouer à un très bon niveau et avec le public derrière nous, pourquoi pas aller chercher un quart de finale vendredi ? »
Après un début de saison où il cherchait encore à retrouver son niveau, Thomas Leygue est en train de vivre une semaine complètement différente à Roland-Garros. Parti des qualifications, sans wild card, il se retrouve désormais en huitièmes d’un Major avec quatre victoires dans les jambes.
Et surtout, avec la sensation d’avoir enfin retrouvé le joueur qu’il travaillait depuis des mois à redevenir.
J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !


































































































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