Vous pardonnerez au quinquagénaire qui écrit ces lignes la phrase qui suit : en cette fin d’après-midi, le court central de Roland-Garros avait des airs d’Ehpad de luxe du padel argentin de haut niveau. Le plus ancien des résidents, Juan Martin Diaz, aura 48 ans le 28 novembre prochain ; son compagnon de chambre, Miguel Lamperti, fêtera ses 45 ans le 11 novembre. Quant à leur coach et parfois aide-soignant, Maxi Grabiel, il vient tout juste de célébrer ses 47 ans, le 12 août.
Ce trio aux cheveux blanchissants a beau afficher presque 140 ans en âge cumulé, il a encore très largement de quoi donner la leçon aux meilleurs joueurs français… et même surprendre de jeunes loups du padel mondial, comme ce fut le cas ce mardi face à Chozas et Cepero.
Un temps de préchauffage
Ce mercredi face à Federico Chingotto et Paquito Navarro, Lamperti et Diaz ont tout de même eu besoin d’un certain temps de préchauffage, à la manière d’un diesel d’ancienne génération, un matin d’hiver en Patagonie. Au premier set, la tête de série n°4 a déroulé son padel, ne faisant qu’une bouchée du 47e et du 111e joueurs du classement de la FIP (6/1).
Mais après avoir négocié avec l’arbitre la possibilité de venir s’éponger le front après chaque fin de jeu, voire pendant les jeux, Miguel Lamperti a retrouvé le smash de ses 30 ans ! Aidé par une température ambiante de 33 degrés à l’ombre et des vitres chaudes bouillantes, l’Argentin a tutoyé les cimes avec ses “remates liftados” (smashes liftés), au point de permettre à son équipe de se détacher 3/0.
Juan Martin Diaz n’était évidemment pas en reste, le “señor de los reflejos” gratifiant le public de quelques-uns des contres flamboyants dont il a le secret. Mais en matière de contres, Chingotto et Navarro ne sont pas des manchots non plus. Revenus à 3/1, “super raton” et Paco ont tour à tour bloqué un smash de Lamperti et une volée laser de Diaz, figeant sur place leurs adversaires et obtenant le débreak.
Un coup d’accélérateur plus tard, les favoris ont remporté un second break de suite et un quatrième jeu consécutif pour mener 4/3, service à suivre. On pensait alors “los viejos” condamnés à applaudir leurs cadets, mais là encore, c’était mal connaître la combativité de ce duo nonagénaire (toujours en cumul).
Et Lamperti s’est oublié
Sans tirer la langue, Lamperti et Diaz revenaient au score et se donnaient la chance de disputer un tie-break et, qui sait, un possible troisième set. Mais la paire Navarro / Chingotto ne l’entendait pas de cette oreille et se détachait 6 points à 3, avec deux services à suivre de Fede. Là encore, ces deux balles de match étaient effacées par les anciens, avec la manière.
Et sur la troisième, Miguel Lamperti frappait un smash que ses adversaires n’auraient jamais dû revoir. Sauf que le joueur de Bahia Blanca, tout à son émotion de revenir à 6/6, s’est un peu oublié : ou du moins il a oublié de lifter sa frappe, si bien qu’elle est restée assez basse pour être contrée. Paquito Navarro, déjà au filet, ne s’est pas fait prier pour conclure la partie d’un par 4 de revers, un coup qu’il maîtrise à la perfection. Score final 6/1 7/6 (5).
Le sport est cruel : pendant que les vainqueurs retrouveront demain Bautista et Munoz en 8e de finale, Diaz et Lamperti retourneront dans leur chambre climatisée, avec pour consigne de boire beaucoup pour éviter la déshydratation…
Après 40 ans de tennis, Jérôme tombe dans la marmite du padel en 2018. Depuis, il y pense tous les matins en se rasant… mais ne se rase jamais pala en main ! Journaliste en Alsace, il n’a d’autre ambition que de partager sa passion avec vous, que vous parliez français, italien, espagnol ou anglais.

























































































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