Federico Chingotto n’a probablement pas disputé son meilleur match lors de la finale du Pretoria P1. Un peu moins précis dans les deuxième et troisième sets, l’Argentin a surtout été la cible privilégiée de Javi Leal et Fran Guerrero. Pourtant, au moment où la finale s’est jouée, c’est bien lui qui a fait basculer le tie-break décisif.

Galán et Chingotto se sont finalement imposés 6/2 5/7 7/6 (9-7), décrochant leur sixième titre de la saison après avoir écarté une balle de match.

Le plan de Leal et Guerrero : insister sur Chingotto

Après un premier set largement dominé par Chingotto et Galán, Leal et Guerrero ont modifié leur stratégie. L’objectif était clair : éviter Galán autant que possible et multiplier les lobs sur Chingotto.

Un choix logique. En obligeant l’Argentin à jouer encore et encore au-dessus de la tête, les Espagnols limitaient l’impact de Galán et cherchaient à obtenir une balle plus courte pour reprendre le filet. Cette stratégie leur a permis de remporter la deuxième manche et de pousser les numéros 2 mondiaux jusqu’au tie-break du troisième set.

Trois points pour renverser la dynamique

À 3-1, Galán envoie un smash dans la grille, indiquant avoir mal vu la balle. Galan semble perdre prise en frappant sa raquette par terre de dépit trois fois de suite. La paire semble alors en difficulté et Leal / Guerrero poursuit immédiatement son plan : nouveau lob sur Chingotto.

Mais cette fois, l’Argentin répond avec un gancho lent et parfaitement placé vers la vitre, qui surprend ses adversaires. Sur le point suivant, même scénario : Chingotto est de nouveau sollicité en hauteur, mais sa víbora termine dans le corps de Guerrero. Le score revient à 3-3.

Les Espagnols insistent encore sur lui. Chingotto change alors complètement de registre avec une volée lobée qui repousse Guerrero et provoque sa faute dans le filet. En trois points, celui qui était ciblé devient celui qui dicte le tie-break.

Une balle de match sauvée sans trembler

Le moment le plus important intervient à 7-6 pour Leal et Guerrero. Une balle de match, et donc de premier titre Premier Padel, pour les deux Espagnols.

Une nouvelle fois, Chingotto assume. Sa víbora permet à Galán et lui d’écarter le danger et de revenir à 7-7.

Sur le point suivant, leurs adversaires choisissent encore de jouer vers l’Argentin. Chingotto trouve alors un lob remarquable au-dessus de Leal, qui finit par commettre la faute. Les futurs vainqueurs prennent l’avantage avant de conclure le tie-break 9-7.

Le mental, ce n’est pas être parfait

Cette séquence résume parfaitement la force mentale de Federico Chingotto. Il n’a pas dominé toute la rencontre et a parfois souffert face au plan tactique adverse. Mais il n’a jamais refusé le combat.

Leal et Guerrero avaient construit leur retour en l’obligeant à jouer toujours plus de balles. Au moment décisif, Chingotto n’a ni surjoué ni cherché à fuir cette diagonale. Il a simplement trouvé le bon coup à chaque situation : gancho lent, víbora au corps, volée lobée, puis lob défensif sous une pression maximale.

Le mental d’un champion ne consiste pas toujours à être le meilleur pendant trois sets. Parfois, il consiste simplement à l’être pendant les quelques points qui décident du titre. Galan l’a admis lui même ce n’était pas la meilleure version mentale de lui même, il subissait beaucoup de pression pour pouvoir rester dans la race, et son partenaire comme toujours, a répondu présent pour le remettre dans le droit chemin.

Antoine Tricolet

J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.