Nous avons interviewé Alexis Salles, le sélectionneur de l’équipe de France masculine de padel. Il revient sur ses choix à un peu moins de deux mois des championnats d’Europe de padel.

Quasiment 30 joueurs dont le niveau est très proche

Padel Magazine : Alexis, comment vas-tu ? Malgré le confinement, as-tu continué à travailler, à échanger avec les joueurs ?

Alexis Salles : « Salut Franck. Tout d’abord, je te remercie pour ton interview et j’en profite pour te féliciter pour tous les articles que tu publies quotidiennement sur Padel Magazine et qui permettent à notre communauté de rester informée des évènements padel en France et à l’international.

Pour répondre à ta question, j’essaie effectivement depuis un an de m’informer au mieux des compétitions qui se déroulent avec la participation de joueurs français.

J’ai par ailleurs des contacts très réguliers avec les joueurs « cadres » de l’équipe de France qui continuent à faire des compétitions au travers des circuits professionnels WPT et APT et j’essaie de garder un lien avec les autres joueurs même si la période est très longue en l’absence de compétition en France et qu’il est très difficile de leur donner une visibilité sur la reprise des tournois. Pas plus tard que ce week-end, j’ai été en contact avec 4 joueurs du top 30. »

Padel Magazine : Comment faire le choix définitif sur la future Team France ? Chez les messieurs, la concurrence est très rude. Certains joueurs sont-ils plus fort collectivement avec leur partenaire qu’individuellement ?

Alexis Salles : « Tu as raison, la compétition est très rude chez les joueurs et hormis quelques joueurs que je considère « indiscutables » en EDF pour leur état d’esprit et leur niveau, il y a ensuite quasiment 30 joueurs dont le niveau est très proche et qui sont susceptibles d’intégrer la Team. C’est en tous cas le message que je souhaite envoyer aux joueurs pour qu’ils restent le plus concernés possible et gardent le maximum de motivation.

Ta question concernant la performance collective et individuelle des joueurs est très intéressante car c’est une véritable problématique dans l’objectif de composer la meilleure équipe de France possible. Prenons l’exemple de la paire composée de Justin Lopes et François Authier, qui ont démontré à plusieurs reprises qu’ils étaient capables, ensemble, de rivaliser avec les meilleures équipes françaises. Cela n’a pas forcément été le cas lorsqu’ils ont joué séparément avec d’autres partenaires.

Mais je dois également envisager des combinaisons pour trouver les meilleures paires possibles d’autant plus que la plupart des équipes ont changé cette année, et notamment le passage à gauche de Johan Bergeron qui reste très performant des 2 côtés… C’est tout l’enjeu du stage qui se déroulera du 28 au 30 mai au club du MAS à Perpignan qui va me permettre d’observer les joueurs et tester certaines combinaisons. Après plusieurs mois sans compétition (ou très peu) pour certains joueurs, il s’agit de s’assurer de leur niveau technique mais également physique et mental. »

« Max (Moreau) a perdu la confiance de certains joueurs »

Padel Magazine : Il y a un absent qui fait parler : Max Moreau. Peux tu nous dire pourquoi ne fait-il pas partie de l’équipe élargie de la Team France ?

Alexis Salles : « Je regrette que Max ne fasse pas partie de ce stage de sélection de 12 joueurs car il a le niveau pour en faire partie, il est investi et continue à faire des efforts pour jouer en compétition. Mais sans vouloir revenir sur certaines polémiques, Max a perdu la confiance de certains joueurs français et j’ai des doutes sur son intégration au sein du groupe limité des 8 joueurs qui représenteront la France aux championnats d’Europe à Marbella à la fin du mois de juin.

Nous partons 10 jours au cours desquels l’esprit de groupe est essentiel. En l’état actuel, j’ai jugé que Max pourrait être un frein à cette cohésion de groupe qui est essentielle à la performance de l’équipe et qui peut nous permettre d’être compétitif et d’aller chercher de belles victoires. »

Padel Magazine : Est-ce définitif ? Qu’est-ce qui pourrait changer pour que cela évolue pour les mondiaux ?

Alexis Salles : « Ce choix n’est absolument pas définitif et lors de ma longue discussion avec Max, j’ai bien insisté sur le fait que la porte de l’EDF n’est pas fermée et qu’il reste pour moi un des joueurs qui peuvent intégrer cette belle équipe en fin d’année lors des championnats du monde au Qatar. Pour cela, il faut bien entendu qu’il ait de bons résultats avec Jérôme Inzerillo et qu’il retrouve une certaine sérénité dans ses relations avec les joueurs. »

Arnaud Di Pasquale et Arnaud Clément : un apport incontestable

Padel Magazine : Quelle est la différence entre la précédente équipe de la FFT et la nouvelle dans le mode de fonctionnement ?

Alexis Salles : « Il est un peu tôt pour comparer les modes de fonctionnement entre les deux équipes mais nous essayons avant tout de faire la continuité du travail accompli au cours de ces dernières années, Stéphane Berrafato étant le garant de ce lien.

L’apport des deux « Arnaud » est incontestable sur le plan de la renommée et de la communication pour le padel. Le communiqué de presse d’Arnaud Di Pasquale et son interview sur Padel Mag démontrent de vraies ambitions et laissent espérer un important développement du padel en France lors de ces prochaines années. Je crois que la communauté padel est ravie de cette nouvelle gouvernance et cela donne beaucoup d’espoir pour l’évolution de notre sport, en termes d’image, de développement mais également sur les sujets fondamentaux de la formation et de l’enseignement.

En tous cas, c’est un vrai plaisir pour Robin et moi de travailler avec « les deux Arnaud » et Stéphane. La concrétisation d’un stage de sélection chez nos amis du club du MAS dans le contexte sanitaire actuel prouve leur implication et leur volontarisme ! »

4 piliers en équipe de France

Padel Magazine : Pour conclure, quels sont les incontournables selon toi aujourd’hui ? Il reste combien de places dans la Team France pour combien de joueurs ? 

Alexis Salles : « Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir 4 joueurs professionnels expérimentés qui sont les piliers de l’équipe de France, respectivement par leur âge Bastien Blanqué, Johan Bergeron, Benjamin Tison et Jérémy Scatena.

Nous avons ensuite Thomas Leygue qui, à 19 ans, a un vrai projet en Espagne, progresse et se destine à devenir un excellent joueur de padel. Puis Adrien Maigret qui continue à s’impliquer sur le plan national mais également sur le plan international sur des tournois FIP et APT et qui reste un joueur talentueux qui peut faire la différence sur un match décisif. Mais je le répète, aucune place n’est assurée en EDF et il faudra que chacun prouve sur le terrain qu’il mérite sa sélection.

Il y a par ailleurs beaucoup d’excellents joueurs qui ne seront pas à ce stage de sélection, qui progressent et qui peuvent espérer intégrer la Team en fin d’année lors des championnats du monde au Qatar, en espérant que la compétition reprenne le plus rapidement possible en France.

Porter le maillot de l’équipe de France reste une expérience unique et une grande fierté qui vaut beaucoup de sacrifices et j’espère que ce « rêve » va continuer à alimenter une saine concurrence auprès des joueurs pour que la France reste une nation forte du padel mondial ! »