Le premier duel entre les deux nouvelles paires a tourné en faveur de Franco Stupaczuk et Jon Sanz, vainqueurs 6/3 7/5 de Coki Nieto et Mike Yanguas en finale du FIP Gold de Belgrade. Un seul match ne permet pas d’établir une hiérarchie, mais il remet déjà au centre une différence importante entre les deux projets : Stupaczuk–Sanz possèdent une menace de finition clairement identifiée, là où Nieto–Yanguas semblent encore devoir répartir cette responsabilité.
Le résultat brut était déjà connu : cinq matchs, aucun set perdu et un premier titre dès leur première compétition commune. Mais cette finale opposait surtout deux associations nées de recompositions croisées : Stupaczuk arrivait de son projet avec Yanguas, tandis que Sanz partageait encore récemment la piste avec Nieto.
Stupaczuk–Sanz, des responsabilités plus naturelles
La logique de l’association Stupaczuk-Sanza avait déjà été identifiée avant leurs débuts. L’Argentin évolue à gauche et possède les qualités nécessaires pour construire : défense, couverture de terrain, continuité dans l’échange et capacité à préparer progressivement la prise du filet.
À sa droite, Jon Sanz apporte un profil différent. Le gaucher peut intervenir avec son coup droit dans l’axe, attaquer les lobs dirigés vers le centre et terminer un point depuis des positions où d’autres joueurs choisiraient encore de travailler la balle. Sa seule présence modifie donc la manière dont les adversaires peuvent défendre.
Cette répartition peut protéger les deux joueurs de leurs propres excès. Stupaczuk devrait moins avoir à chercher le smash sur des balles imparfaites. Sanz, de son côté, peut profiter du travail de construction de son partenaire pour attaquer des balles plus favorables, au lieu de vouloir créer seul l’accélération.
Cela ne signifie pas que Stupaczuk doit uniquement construire et Sanz uniquement frapper : une distribution aussi prévisible serait rapidement exploitée. Leur composition offre néanmoins un partage naturel des responsabilités, l’un pouvant préparer sans devoir systématiquement conclure et l’autre menacer sans avoir à fabriquer seul toutes ses occasions.
Nieto–Yanguas, beaucoup de qualités mais une même zone d’incertitude
Le problème de Coki Nieto et Mike Yanguas n’est évidemment pas un manque de niveau offensif. Yanguas, qui mesure 1,89 m, peut accélérer et intercepter au filet. Nieto sait prendre l’espace et transformer une défense solide en contre-attaque. Mais les deux Espagnols partagent surtout les mêmes grandes qualités : régularité, vitesse, lecture du jeu et capacité à prolonger les échanges.
Yanguas, droitier placé à droite, ne dispose pas de la même couverture naturelle de l’axe qu’un gaucher comme Sanz. Nieto occupe la gauche, mais son jeu repose davantage sur la mobilité et le volume que sur une domination permanente dans les airs. Tous deux peuvent gagner des points ; aucun n’est toutefois naturellement chargé de la finition au point d’obliger les adversaires à modifier leurs lobs.
Leur saison 2025 avait déjà révélé ce plafond
En 2025, Nieto et Yanguas avaient remporté 41 de leurs 62 matchs sur Premier Padel et terminé parmi les quatre meilleures paires. Mais leur régularité ne s’était accompagnée d’aucune finale ni d’aucun titre.
Leur reformation conserve les avantages qui les avaient conduits dans le haut du classement, tout en faisant revenir la question du finisseur si leur animation offensive n’a pas évolué.
Belgrade donne un indice, pas encore une démonstration
La victoire 6/3 7/5 de Stupaczuk et Sanz va dans le sens de cette lecture, sans prouver que la finale s’est jouée uniquement sur la finition. Aucune statistique détaillée publique ne permet de comparer précisément les coups gagnants, les smashs ou les fautes provoquées.
Belgrade restait par ailleurs un FIP Gold sans les trois premières paires mondiales. Le résultat souligne néanmoins une différence : Stupaczuk et Sanz disposent déjà d’une menace principale clairement identifiable sur les balles hautes. Chez Nieto et Yanguas, cette responsabilité paraît plus diffuse et peut contribuer à les faire plafonner face aux meilleures défenses.
Madrid dira si l’avantage résiste au très haut niveau
Le Madrid P1 offrira un test bien plus exigeant. Stupaczuk et Sanz y seront têtes de série numéro 4, devant Nieto et Yanguas, numéro 5. Placées dans la même moitié du tableau, les deux paires pourraient se retrouver en demi-finale.
Pour Stupaczuk–Sanz, la question sera de savoir si leur complémentarité survit lorsque les adversaires enferment Sanz dans sa diagonale ou dirigent volontairement les lobs vers Stupaczuk. Pour Nieto–Yanguas, il faudra observer qui prend réellement en charge l’accélération lorsque les échanges s’allongent et que la défense adverse refuse de céder.
Belgrade n’a pas démontré qu’une paire fonctionnera mieux que l’autre sur toute une saison. Il a donné un premier résultat favorable au projet dont les rôles paraissent les plus lisibles. Nieto–Yanguas devront maintenant montrer qu’une paire sans finisseur naturel peut compenser par sa vitesse, sa solidité et une agressivité mieux répartie.
J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.


































































































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