Avant leur séparation durant l’été 2026, Sofia Araújo et Claudia Fernández avaient construit pendant plusieurs mois l’une des paires du Top 4 mondial. Lors du BNL Italy Major de Rome, la Portugaise s’était confiée dans le podcast Bandeja sur leur relation, leurs différences de personnalité et cette finale après laquelle elles couraient encore. Quelques jours plus tard, à Valence, elles allaient précisément l’atteindre.
Cette interview possède aujourd’hui une saveur particulière.
Lorsqu’elle est enregistrée au Foro Italico de Rome, Sofia Araújo évolue encore aux côtés de Claudia Fernández. La paire est tête de série 4 de l’Italy Major et cherche encore sa première finale de la saison.
Depuis, le mercato est passé par là : Claudia Fernández évolue désormais avec Martina Calvo tandis que Sofia Araújo a retrouvé Marta Ortega. Les profils officiels FIP des joueuses confirment ces nouvelles associations.
Mais les confidences d’Araújo permettent de comprendre comment s’était construite sa relation avec Fernández.
« La maman ? Je suis presque la grand-mère ! »
L’écart générationnel entre les deux joueuses donne d’abord lieu à une plaisanterie.
Araújo est née le 30 novembre 1994. Fernández, le 28 février 2006. Plus de onze ans les séparent.
Lorsqu’on lui demande si elle joue un peu le rôle de « maman » auprès de sa jeune partenaire, la Portugaise répond immédiatement :
Sofia Araújo : « Non, moi je suis presque la grand-mère ! »
Avant de reprendre plus sérieusement.
Sofia Araújo : « Avec Clau, je m’entends très bien. Je pense qu’au final, avec chaque partenaire que tu as, tu construis une relation. »
Mais cette relation ne s’est pas créée instantanément.
« Au début, ça a été difficile avec Clau »
Est-ce que sa timidité a rendu les débuts plus compliqués ?
Sofia Araújo : « Au début, ça a été difficile avec Clau parce que, comme tu le dis, c’est une personne timide. Mais quand tu apprends à la connaître, tu gagnes progressivement sa confiance. »
Araújo explique avoir connu des relations très différentes avec ses partenaires successives.
Sofia Araújo : « Je pense que, là-dessus, je me suis très bien entendue avec toutes mes partenaires, alors qu’elles étaient toutes très différentes. Avec Clau, nous commençons à vraiment très, très bien nous entendre. »
Et pour la Portugaise, la relation personnelle finit inévitablement par influencer la performance sportive.
« Ce que tu construis hors de la piste se ressent sur la piste »
C’est l’une des idées les plus intéressantes de son témoignage.
Sofia Araújo : « Je pense que lorsque tu as aussi une relation en dehors de la piste que tu construis progressivement, cela se ressent à l’intérieur de la piste. Et petit à petit, je pense que nous progressons également. »
À Rome, les résultats semblaient pourtant leur échapper au moment décisif.
Avant le tournoi, la FIP soulignait que Fernández/Araújo avaient régulièrement atteint les demi-finales en 2026 sans parvenir à franchir ce cap.
Et lorsqu’on lui demande leur objectif, Araújo revient précisément sur cette frustration.
« Nous avons été à deux points d’une finale, puis à un point »
Vous êtes-vous fixé un objectif précis pour cette saison ?
Sofia Araújo : « Non, je pense que nous n’avons rien de précis. Comme je l’ai dit, nous sommes en train de construire un projet. Je pense que nous jouons de mieux en mieux, que nous nous entendons de mieux en mieux et cela se ressent sur la piste. »
Puis vient cette phrase :
Sofia Araújo : « Je pense qu’à chaque tournoi nous nous rapprochons davantage. Nous avons été à deux points d’arriver en finale, à un point d’arriver en finale. »
Le cap paraît alors tout proche.
Sofia Araújo : « Notre objectif maintenant est de continuer à maintenir le niveau, à améliorer le niveau et, je l’espère, arriver en finale. Je pense que nous méritons cela et j’espère que ça arrivera. »
À Rome, nouvelle désillusion
Ironie de l’histoire, l’Italy Major ne leur permettra pas d’y parvenir.
Têtes de série 4, Fernández et Araújo sont éliminées en quarts par Giulia Dal Pozzo et Nuria Rodríguez, 3/6 6/3 6/2.
Un résultat historique pour Dal Pozzo, devenue la première Italienne à atteindre les demi-finales d’un Major.
Mais Araújo avait vu juste sur un point : leur première finale était extrêmement proche.
Quelques jours plus tard, sa prédiction se réalise
Une semaine seulement après Rome, direction le Valencia P1.
Cette fois, Fernández/Araújo franchissent enfin le dernier obstacle.
En demi-finale, elles dominent Marta Ortega et Martina Calvo 6/3 6/2 et décrochent leur première finale Premier Padel de la saison en tant que paire.
Quelques jours auparavant, Araújo disait :
« Je pense que nous méritons cette finale. »
Elle venait d’arriver.
Une finale perdue en trois sets
Il leur manque encore un dernier pas pour transformer cette première finale en titre.
Face à Ariana Sánchez et Andrea Ustero, Fernández/Araújo s’inclinent 6/4 3/6 6/2.
La paire avait néanmoins franchi le cap qu’Araújo évoquait précisément durant son interview de Rome.
Une séquence qui rend aujourd’hui ses déclarations particulièrement intéressantes : elle avait parfaitement identifié la progression de son duo quelques jours avant que celle-ci ne se matérialise par une finale.
« Sur la piste, je suis la lionne »
L’interview permet également de mieux comprendre la personnalité d’Araújo et, indirectement, sa manière de fonctionner avec ses partenaires.
Son image sur la piste peut être impressionnante.
Tu es vraiment différente lorsque tu quittes la piste ?
Sofia Araújo : « Je pense que je suis totalement différente sur la piste et en dehors. Comme tu le dis, sur la piste je suis la lionne : je crie, j’ai une tête de méchante. »
Même hors piste, sa première impression peut être trompeuse.
Sofia Araújo : « Au début, je peux aussi avoir une tête de méchante, mais je pense que c’est davantage par timidité. Après, les gens me connaissent et je suis un petit ange… Bon, un petit ange, non ! »
Araújo raconte même que certaines anciennes partenaires ont été surprises en découvrant sa personnalité.
Sofia Araújo : « J’ai déjà eu beaucoup d’anciennes partenaires qui, au début, avaient peur : “Sofi a vraiment une tête de méchante !” Et puis elles finissent par changer d’opinion. »
« J’adore plaisanter tout le temps »
Derrière la compétitrice apparaît alors un autre personnage.
Sofia Araújo : « J’adore avoir cette réputation de faire des blagues tout le temps. Je pense qu’au final, ce qui se passe en dehors de la piste est le plus important. C’est aussi ce que tu emportes avec toi. »
Et elle conclut :
Sofia Araújo : « Les gens qui me connaissent me connaissent vraiment et savent que je suis une bonne personne, que je profite énormément en dehors de la piste. Et c’est ce qui est le plus important pour moi. »
Une association désormais terminée
Ces propos doivent aujourd’hui être lus avec leur temporalité.
Fernández/Araújo ne jouent plus ensemble. Au 14 août 2026, Claudia Fernández joue avec Martina Calvo et Sofia Araújo avec Marta Ortega.
Mais l’association Araújo/Fernández aura connu une trajectoire intéressante : plusieurs demi-finales, une difficulté persistante à atteindre la dernière marche puis cette finale de Valence qui arrive précisément quelques jours après l’interview dans laquelle Araújo estimait qu’elles la méritaient.
Une finale qui restera finalement l’un des derniers grands moments de leur projet commun.
Propos recueillis dans le podcast Bandeja de Premier Padel, lors du BNL Italy Major 2026 à Rome.
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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