Le statisticien du padel, Romain Tapin de Padelonomics nous donne son avis sur les premières interviews du nouveau directeur padel de la FFT, Arnaud Di Pasquale. Positif, négatif ? Vous allez voir que comme toujours, ses propos sont intéressants et ils nous permettent d’avoir une autre vue de l’un des personnages du padel français.

L’ambition des Jeux Olympiques et celle d’un Roland-Garros du padel

J’ai lu les premières interviews de Monsieur Di Pasquale, le nouveau DG du padel français. Et vous, convaincu par ses premiers pas ?

Les points positifs sont :
– On sent une personne passionné qui croit au padel
– Il y a une réelle envie de développer une fédération de padel au sein de la FFT
– La stratégie pour le rayonnement à l’internationale semble bonne (avec l’envie d’avoir un Roland-Garros du padel et l’ambition olympique)
– Il a conscience du vide juridique entre le public et le privé et on sent qu’il veut plus de justice sur le traitement des clubs privés
– Il a la volonté de mettre en place la licence padel
analyste padel romain taupin

Trop timoré sur le privé ? Trop tennis ?

En revanche, il y a des points à revoir : 

– Sur la forme. J’aurais bien aimé qu’Arnaud Di Pasquale pointe le fait que le privé représente 50% des terrains en France dont 80 % des terrains indoors au lieu de sa communication « Le privé c’est 25% des clubs ». Cela fait un peu communication minimaliste…

– J’ai encore senti une mentalité un poil trop « tennis » (Structure pyramidale, formation des jeunes, compétitions, classement, haut niveau…).

Personnellement, 99% de mes élèves ne peuvent pas me citer le Top 10 mondial.

50% des joueurs en Espagne ont plus de 39 ans, en France la majorité sont des cadres sup entre 25 et 55 ans.

Le padel, c’est un bar sportif de loisirs, ce n’est pas un centre de compétitions (et c’est pour cela que ce sport n’a aucun mal à se passer d’une fédération selon moi, un bar n’a pas besoin de fédération pour grossir).

Il faudra former comme enseignant en majorité des « Animateurs » qui ont la pêche (loisirs) et non des Experts du haut niveau comme dans le tennis.

Langue de bois ?

Arnaud Di Pasquale dit que le tennis et le padel ne sont pas en concurrence. Langue de bois ?

Le padel cannibalise évidemment le tennis (80% des joueurs de padel sont des tennismen ou ancien tennismen en France). C’est une évidence aussi dans les pays voisins. L’éclosion du padel accélère la chute du tennis.

Au global, je suis pour le moment content, il semble enthousiaste et déterminé à faire bouger les lignes. Il aura du boulot, courage à lui.

Source : Padelonomics