Éliminé dès les 32es de finale du Pretoria P1 avec son compatriote Luan Krige face aux Espagnols Guillermo Collado et Pol Hernandez (6/1 6/2), Richard Ashforth n’en a pas moins marqué les esprits. Grâce à son toucher de balle, son sens du jeu et un style atypique, le Sud-Africain a séduit le public de Pretoria. Dans un entretien accordé à Padel Passion ZA, il revient sur un parcours pour le moins singulier, qui l’a conduit du tennis au squash, avant de tomber amoureux… d’un sport qu’il refusait pourtant d’essayer.
Du tennis de haut niveau aux États-Unis
Avant de se faire un nom sur les pistes de padel, Richard Ashforth a construit une solide carrière dans le tennis.
Raquette en main dès l’âge de trois ans, il dispute pendant une dizaine d’années les tournois nationaux sud-africains, atteignant le Top 5 ou Top 6 de sa génération tout en s’imposant régulièrement comme l’un des meilleurs joueurs de double du pays.
Cette progression lui ouvre les portes des États-Unis grâce à une bourse universitaire.
« J’ai été All-American pendant mes quatre années d’université. J’étais numéro un de mon équipe dès ma première saison et je détiens toujours le record de victoires. »
Diplôme en poche, il tente l’aventure professionnelle en 2017. Une expérience de courte durée.
« Le financement était compliqué et l’aspect individuel du tennis ne me convenait plus vraiment. »
Le détour inattendu par le squash
Après deux années passées comme entraîneur de tennis aux États-Unis, Ashforth rentre en Afrique du Sud juste avant la pandémie de Covid-19. Coincé sur place, il décide de ranger définitivement sa raquette de tennis.
« Je n’ai plus touché une raquette de tennis depuis 2019. »
À la recherche d’un nouveau défi sportif, il découvre le squash, presque par hasard.
En autodidacte, il progresse rapidement jusqu’à évoluer en première division à Durban.
« Je savais que je ne serais jamais le meilleur, mais j’adorais la compétition, la condition physique et surtout l’esprit d’équipe. »

« Je pensais que le padel était un sport complètement idiot »
Le véritable tournant arrive en 2023.
Son père, alors président de son club de golf, lui suggère d’essayer les nouveaux terrains de padel qui viennent d’être inaugurés.
La réponse est immédiate.
« Je lui ai dit : “Pas question, ça a l’air d’être un sport vraiment stupide.” »
Il finit pourtant par céder le jour de l’inauguration officielle.
Sous une pluie battante, il joue deux heures avec un ami et surprend immédiatement tous les participants.
« Sans vouloir me vanter, j’ai battu tout le monde assez facilement. »
Le plus étonnant reste la suite : malgré cette première réussite, il ne rejoue plus pendant près de trois mois.
Une rencontre qui change tout
C’est finalement un ami de Johannesburg, Christo Pogiter, qui relance l’histoire.
Persuadé d’être déjà meilleur que lui, Ashforth accepte un défi… avant d’être invité à représenter Johannesburg lors de la compétition North vs South.
« Je suis arrivé avec… mes chaussures de hockey. C’est comme ça que tout a commencé. »
Peu après, il reçoit une proposition pour rejoindre 10 by 20 comme entraîneur à Johannesburg.
Depuis, il vit pleinement de sa passion.
« Aujourd’hui, je loue un appartement, je joue au padel professionnellement et c’est ce que j’aime le plus dans ma vie. »

Pourquoi le padel l’a définitivement conquis
Pour l’ancien joueur de tennis, la plus grande différence réside dans l’aspect collectif.
En tennis, explique-t-il, chaque défaite repose uniquement sur soi. Au padel, la présence d’un partenaire change complètement la dynamique.
« À haut niveau, on ne peut pas passer son temps à reprocher les erreurs à son partenaire. Chacun doit d’abord se remettre en question. »
Mais au-delà de cet aspect, c’est surtout le plaisir de jouer qui fait toute la différence.
« Le padel est le sport le plus amusant au monde. »
Il estime que cette convivialité explique en grande partie l’explosion de la discipline.
« Les amateurs jouent de manière plus détendue. En tennis, certains jouent contre le même ami depuis trente ans… et ont toujours envie de le battre à tout prix ! » plaisante-t-il.
Un joueur à suivre en Afrique du Sud
S’il n’a pas réussi à créer l’exploit face à Guillermo Collado et Pol Hernandez à Pretoria, Richard Ashforth a profité de cette première apparition sur un tournoi Premier Padel à domicile pour attirer les regards.
Son toucher de balle, son sens de l’anticipation et son parcours hors des sentiers battus font de lui l’un des visages les plus attachants du padel sud-africain. À travers son histoire, il incarne aussi l’essor d’une discipline qui continue de séduire d’anciens sportifs venus d’horizons très différents.
Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !
































































































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