Claudia Fernández et Martina Calvo se sont qualifiées pour la finale du Paris Major en battant les numéros 1 mondiales Gemma Triay et Delfi Brea sur le Philippe-Chatrier. Une victoire qui fait des Espagnoles la plus jeune paire à atteindre une finale de Major. Après la rencontre, elles sont revenues sur leur gestion de la fin de match, le souvenir de Madrid, le soutien du public parisien et leur manière d’aborder les grandes affiches sans se laisser rattraper par l’enjeu.
Le souvenir de Madrid au moment de conclure
Avec une avance importante dans le deuxième set, Fernández / Calvo auraient pu repenser à Madrid, où une situation favorable leur avait échappé. Le souvenir était bien présent, reconnaît Fernández, mais pas sous la forme de la peur.
Claudia Fernández : « Non, je ne pense pas que le mot soit “peur”. Évidemment, tu t’en souviens, mais pour quelque chose de positif : pour que cela ne se reproduise pas. »
La jeune Espagnole explique surtout avoir cherché à dissocier le score de la manière dont elles jouaient.
« Il fallait donner de l’importance à chaque point et pas au score. Nous nous sommes retrouvées à 0-40 en faisant les choses correctement et elles sont revenues, avec Gemma qui servait très bien. »
« Il faut accepter qu’elles jouent aussi. À Madrid, c’étaient Bea et Paula, ici ce sont elles. On sait qui elles sont. Donc non, ce n’est pas de la peur, c’est davantage du respect et la nécessité de trouver une solution. Et nous l’avons trouvée. »
Fernández : « Au début, je ne voyais rien »
Face aux numéros 1 mondiales et devant un Philippe-Chatrier presque plein, Fernández / Calvo ont pourtant dû gérer les particularités d’un court extérieur.
Pour Fernández, le début de rencontre a même été compliqué à cause de l’alternance entre soleil et ombre.
« Sincèrement, j’ai commencé le match avec beaucoup de doutes parce que le soleil et l’ombre me tuaient. Je ne voyais rien, absolument rien. J’étais assez négative à cause de ça. »
« Pablo m’a dit qu’il avait besoin que je sois contente, que je sois joyeuse, alors j’ai essayé. Et grâce aussi à Martina, j’ai réussi à retrouver cette joie. »
« À la fin du match, tu y crois, mais en même temps tu n’y crois pas vraiment. C’est comme : “On a gagné ? Oui, on a gagné.” Je suis super contente de cette victoire et de l’avoir obtenue avec Martina. »
La plus jeune paire en finale d’un Major
Cette qualification possède une dimension particulière : Fernández / Calvo deviennent la plus jeune paire à atteindre une finale de Major.
« À la fin, il faut penser que c’est un match de plus. Que ce soit un Major, un P1 ou un P2, nous jouons chaque semaine et toutes les joueuses participent aux tournois. »
Cela ne signifie pas qu’un Major n’a pas davantage de valeur, mais plutôt que les situations auxquelles elles sont confrontées restent comparables d’une semaine à l’autre.
« Je ne vais pas dire que cela enlève de la valeur au fait que ce soit un Major, un P1 ou un P2, mais nous retrouvons finalement la même situation chaque semaine. »
Et surtout, Fernández estime que leur niveau actuel leur permet de ne plus considérer une victoire contre les meilleures comme une anomalie.
« Je pense que nous sommes très préparées pour ça : pour battre les numéros 1, les numéros 2, les numéros 3, les numéros 40, les numéros 50… pour battre tout le monde. »
Le Philippe-Chatrier derrière Fernández / Calvo
Au fil du match, une partie importante du public parisien s’est rangée derrière les deux jeunes Espagnoles.
Calvo situe notamment le changement d’ambiance autour de l’une de ses célébrations.
Martina Calvo : « Je pense que lorsque j’ai fait ma célébration particulière, les gens sont devenus fous et qu’à partir de là, ils ont commencé à nous encourager un peu plus. »
« Je ne sais pas s’ils nous encourageaient uniquement nous, je ne pense pas. Mais c’est vrai que cela apporte beaucoup quand les gens nous soutiennent. Ça nous fait monter en énergie. »
« Nous sommes contentes de ça. On va voir si demain ils sont encore avec nous ! »
Pablo sur le banc : « Il vit énormément chaque point »
Le comportement de Pablo Ayma n’est pas non plus passé inaperçu. Très actif depuis le banc, l’entraîneur a vécu chaque point avec ses joueuses.
Fernández en sourit.
« Oui, nous nous en rendons compte. Il vit énormément le match. De l’extérieur, on voit tout mieux et surtout plus tôt. »
« Gaby comme Pablo ont déjà vécu tout cela. Ils voient les choses avant nous et nous avons cette chance. »
« Peut-être que si nous nous trompons, nous nous faisons un peu gronder ! »
Quant à demander à Ayma de rester tranquillement assis sur son banc…
« Il doit essayer de rester calme, mais sa personnalité n’est pas vraiment faite pour rester immobile, donc c’est compliqué ! »
« Si Rafa dit qu’il faut souffrir, alors nous souffrons encore plus »
À Roland-Garros, la référence à Rafael Nadal est presque inévitable. Une phrase du quatorze fois vainqueur du tournoi a été soumise aux joueuses : à Paris, il faut apprendre à souffrir.
Fernández partage l’idée, tout en replaçant le mot « souffrance » dans le contexte du sport professionnel.
« Nous souffrons partout. Nous avons souffert hier, avant-hier aussi. C’est un autre type de souffrance. Ce n’est évidemment pas une vraie souffrance, mais celle que tu peux ressentir en tant que sportive professionnelle. »
Elle évoque notamment tout ce que la joueuse ne maîtrise pas pendant un match.
« Il y a beaucoup de choses qui ne dépendent peut-être pas de toi, ou que tu penses pouvoir mieux faire. Tu y repenses, tu vois un match qui peut t’échapper ou des occasions dont tu penses qu’elles ne reviendront peut-être pas. »
Avant de conclure avec humour :
« Je suis d’accord avec Rafa. Nous avons énormément à apprendre de lui. Et s’il dit qu’il faut souffrir, alors nous autres, nous souffrons encore plus ! »
Quel coup voler à sa partenaire ?
Dernière question, beaucoup plus légère : si chacune pouvait prendre un coup à l’autre, lequel choisirait-elle ?
Fernández commence par plaisanter :
« Sa célébration ! Mais je suis sûre que je ne réussirais pas à la faire comme elle. »
Avant de revenir au padel :
« Je pense que je prendrais son smash. »
Calvo, de son côté, choisit une qualité bien précise du revers de sa partenaire :
« Moi, je lui prendrais sa façon d’aller vers l’avant avec son revers. »
Deux réponses qui illustrent aussi les différences entre leurs jeux : la puissance et la capacité de finition de Calvo, la qualité de balle et la prise d’initiative de Fernández.
En éliminant Gemma Triay / Delfi Brea, tenantes du titre et numéros 1 mondiales, Fernández / Calvo s’offrent leur première finale de Major ensemble.
Fernández l’a résumé sans détour :
« Nous sommes préparées pour battre les numéros 1, les numéros 2, les numéros 3… pour battre tout le monde. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.
































































































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