InterviewsForme et Santé

Oscar Agea : “Le padel n’est pas qu’un sport”

Padel Magazine : Oscar Agea est le numéro un espagnol d’handipadel en Espagne.  Il nous offre une interview très intéressante sur les possibilités et les avantages de ce sport pour les handicapés.

Padel Magazine : Peux tu nous raconter comment tu es tombé dans le padel ?

Oscar Agea : Je joue au padel depuis que je suis jeune. C’est un sport différent par rapport aux autres. Au final, je joue bien plus qu’avant car c’est un sport tolérant et plus accessible que d’autres.

Je joue avec quelqu’un d’autre, on s’améliore rapidement. Je suis devenu le numéro d’Espagne et on peut dire également sur le plan mondial. Tout le monde devrait essayer de jouer à ce sport car il peut vraiment aider. On arrive à s’amuser et à s’améliorer, et ce malgré les différents handicaps des joueuses et joueurs.

PM : Peux-tu faire des matchs avec des joueurs sans fauteuil ?

OA : Ce sport permet de jouer avec tout le monde. Selon les niveaux, nous pouvons bien évidemment jouer avec des gens qui n’ont pas d’handicaps. Nous pouvons jouer du fond de court comme en volet. C’est un sport qui réduit les handicaps.

PM : Jouais tu au tennis avec de te lancer au padel ? Est-ce que le tennis t’a aidé à mieux à jouer au padel ?

Le tennis je l’ai pratiqué et le pratique encore mais plutôt en renfort du padel. Le tennis m’aide à mieux jouer au padel car le tennis est moins accessible, plus difficile et est donc une bonne manière de s’entraîner indirectement au padel. Phisiquement le padel est peut-être plus intéressant que le tennis également. Ces sports se complètent.

PM : Que peux-tu dire aux sportifs français et handicapés pour les pousser à découvrir le padel ?

Je recommande ce sport  à toutes les personnes qui ont envie de s’amuser de jouer au padel. Dan ce sport il y a plein de choses qui permettent de mieux se sentir et de retrouver goût au sport. Ce sport rapproche également car nous ne sommes pas seuls. L’autre avantage est qu’il permet de jouer avec des joueurs sans forcément avec des problèmes de santé. Le padel réduit ces problèmes.

Le padel fait travailler l’équilibre, la mobilité ou encore la tonicité. Le padel est très bon exercice pour tout le monde.

PM : Y-a-t-il des complications pour jouer au filet ?

OA : Au filet, oui il peut y avoir quelques soucis, d’abord parce qu’on est près du filet et en chaise roulante, ce n’est forcément facile de bien maîtriser. Ensuite il y a bien entendu le problème de la hauteur qui n’est pas forcément évident. Mais l’avantage que nous avons, ce sont les deux rebonds auxquels nous avons le droit.  C’est plus facile pour nous du coup de reprendre la balle.ça augment la jouabilité et réduit ce problème de hauteur que nous avons peut-être au filet.

PM : Est-ce difficile d’atteindre un bon niveau quand on est handicapé ? Peut-on réellement s’amuser ?

Oui, c’est un sport qui mérite qu’on s’y intéresse. Ce sport est un régal. En 4 ans, j’ai personnellement fait évoluer mon jeu de manière évidente et suis devenu le numéro un d’Espagne. On évolue et on s’amuser. Le fait qu’il y ait les murs nous aide renvoyer la balle plus facilement. La raquette est très maniable et est un atout, notamment par rapport à d’autres sports de raquettes comme le tennis. Avec de l’entraînement, on peut de venir meilleur, c’est certain.

PM : Est-ce plus simple de joueur au padel par rapport au tennis ?

Oui, clairement. Au padel, on peut rapidement acquérir un niveau médian assez rapidement, alors qu’au tennis il faudra bien plus de temps. Les avantages du padel par rapport au tennis sont nombreux : L’espace est plus restreint, on joue à deux, la raquette est plus maniable, nous avons les murs qui nous donnent une seconde chance accentuée par la possibilité d’avoir un second rebond. Sentir le padel et s’amuser sont des questions de semaines.

PM : Tu joues avec une raquette de padel particulière ?

Non, la raquette est la même.la seule différence est la règle. Nous avons le droit à deux rebonds. Par exemple, un rebond, le mur, puis encore un rebond sur le sol.

PM : Tu as déjà joué en France pour promouvoir ce sport ?

Je connais Toulouse. Il y avait eu un championnat du monde. Mais il y a un gros potentiel en France. C’est un pays de raquettes. C’est un pays où de nombreux handicapés pourraient être intéressés par ce sport. Il faudrait vraiment construire des terrains de padel et proposer ce sport aux handicapés. Ils seraient ravis et pourraient même reprendre goût. Rappelons que c’est un sport d’équipe. La France pourrait devenir une véritable locomotive et pousser à développer et proposer ce sport aux handicapés.

PM : Aurais tu un message à transmettre à la France et plus spécifiquement aux handicapés cherchant un sport ludique, d’équipe et amusant ?

Je dis à tous les joueurs français ou potentiels joueurs que vous devez au moins essayer ce sport. Il a beaucoup davantage. Il permettra certainement d’être bien plus qu’un sport. S’amuser au padel est facile. En quelques semaines, il sera possible de jouer au padel. Et ça ce n’est pas possible pour tous les sports.

PM : Est-ce cher de pratiquer le padel quand on est handicapé ?

Disons qu’il y a des coûts incompressibles, comme notamment la chaise roulante qui ne doit pas être trop lourde, qui doit être maniable. La chaise roulante est un coût comme l’est le terrain de padel qui doit avoir quelques protections supplémentaires pour ne pas trop l’abîmer. Il y a bien évidemment des coûts annexes comme la raquette et les balles, mais par rapport à d’autres sports, on peut estimer que ce n’est pas énorme.

PM : Des handicapés nous écoutent certainement et souhaiteraient voir éventuellement une démo, tu serais prêt à te déplacer pour nous montrer tout cela ?

Je serai enchanté et ravi de pouvoir aider le padel à se développer à Paris, à Toulouse, et ailleurs. Je suis le numéro un d’Espagne en handisport et vous promet que vous serez enchanté par ce sport.

PM : Peut-on dire que le padel t’a aidé personnellement ?

Le padel me rend très heureux. Mais je recommande bien évidemment à tout le monde de jouer à ce sport qui permet d’être plus libre avec les moyens du bord, d’avoir des possibilités de se sentir mieux et d’avoir même des ambitions dans un sport qui offre de nombreuses voies.

Franck Binisti – Padel Magazine

Sur le même sujet:

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.

2 Commentaires

  1. Ma soeur a un problème de santé et je suis très curieuse de ce sport. Pensez vous vraiment que ce sport peut aider des handicapés à retrouver goût ? Merci pour l’article très intéressant !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir en désactivant votre bloqueur de publicité
X
X
Lire les articles précédents :
Cédric Carité : “Nous sommes ouverts à tous”

Padel Magazine - Cédric Carité le président de la ligue française de padel fait un bilan de sa première année après la création de la LNP (Ligue Nationale de Padel)....

L’oeil de la Fédération Internationale de padel

Padel Magazine –  Vous êtes nombreux sur facebook à poser des questions autour de la fameuse FIP. Padel Magazine propose donc une interview exclusive de Daniel Patty nouveau président de...

Federic Quiles : “J’ai beaucoup d’ambitions”

Padel Magazine : Malheureusement tu es resté aux portes des Masters, quels sont tes objectifs pour l’année 2014 ? Federic Quiles : D’abord, il faut dire que c’était une année très...

Fermer