Martin Di Nenno, l’un des joueurs les plus reconnus du padel, a partagé avec beINSPORTS ses réflexions sur sa carrière, ses ambitions, et la manière dont il sépare la compétition de l’amitié. Il revient sur les défis qu’il a rencontrés après un grave accident de voiture, un incident qui aurait pu mettre fin à sa carrière.
La célébrité
Le padel connaît une expansion rapide et gagne en popularité à l’échelle mondiale ces dernières années, bien qu’il soit déjà solidement implanté en Espagne et en Argentine, où il fait partie des sports les plus pratiqués. Le circuit Premier Padel est de plus en plus diffusé à la télévision dans divers pays et organise des tournois dans de nouvelles destinations, comme les États-Unis avec le Miami P1. Les meilleurs joueurs voient leur notoriété croître parallèlement à l’essor du padel. Martin Di Nenno est-il désormais reconnu dans la rue ?
“Non… enfin, si tu dis ça parce que quelques personnes m’ont demandé une photo récemment, ok. Dans un club de padel, c’est normal, mais dans la rue… oui, les gens jouent de plus en plus, donc peut-être qu’ils me reconnaissent. Mais franchement, je suis loin d’être une star qu’on arrête sans arrêt, très loin de ça ! Peut-être que d’autres le vivent, mais pas moi.”
Changement de partenaire et amitié
Le padel se jouant à deux sur un terrain, des changements de partenaires peuvent avoir lieu plusieurs fois au cours de la carrière d’un joueur. C’est le cas de Martin Di Nenno, qui, après s’être associé à Juan Lebron en 2024, a retrouvé Javi Garrido pour débuter la nouvelle saison Premier Padel, avant de finalement partager la piste avec Juan Tello à partir du Brussels P2.
“C’est étrange au début. Tu as passé beaucoup de temps avec cette personne, tu as créé une connexion. Mais le padel, c’est du boulot. Et tu t’y fais. Une fois que tu es sur le terrain, ton objectif, c’est de gagner.”
En tant que joueur de haut niveau, est-il possible d’avoir de véritables amitiés avec d’autres joueurs rivaux ou ex-coéquipiers ?
“Oui, totalement. Moi je fais une grande distinction. Je peux très bien avoir un ami en face, vouloir le battre sur le terrain, et ensuite tout laisser là. Ce qui se passe sur le terrain reste sur le terrain. Chacun a sa personnalité, et moi, je sais séparer les choses. C’est clair dans ma tête.”
Son arrivée en Espagne
Martin Di Nenno est arrivé en Espagne jeune, comme de nombreux autres Argentins, pour poursuivre son rêve de jouer au plus haut niveau. L’Espagne, étant le pays avec le plus grand nombre de pratiquants et de terrains disponibles, offrait l’opportunité idéale pour progresser. Ce changement radical a été un véritable tournant pour l’Argentin, qui a ainsi pu se développer aussi bien sur le plan sportif que personnel.
“J’ai énormément changé. À 18 ans, je suis parti seul en Espagne, loin de ma famille, de mes amis, de tout. Ça m’a obligé à grandir très vite, à changer plein de choses dans mes routines, dans ma mentalité. Les premières années ont été dures, mais si je devais tout recommencer, je le referais.”
Di Nenno a grandi dans une famille et un environnement de padel, qu’il a dû quitter en partant en Espagne.
“J’ai la chance de venir d’une famille de padel. Mes parents ont un club depuis 25 ans, j’en ai 28, donc j’ai grandi sur un court. Mais partir seul, ça a été une autre vie : apprendre à cuisiner, vivre à 4-5 dans un petit appart d’une pièce… c’était un joyeux bazar, mais ça reste des souvenirs marrants.”
Son accident
Martin Di Nenno a subi un grave accident de voiture en janvier 2016, avec ses deux amis qui y ont perdu la vie. Di Nenno a miraculeusement survécu, mais avec de nombreuses séquelles : deux jambes cassées, dix jours en soins intensifs et un mois alité. Un diagnostic qui lui laissait pratiquement aucune chance de jouer au plus haut niveau.
“Les médecins m’avaient dit que je pourrais avoir du mal à remarcher. Et ils n’avaient pas tort : j’ai encore des douleurs, des séquelles. D’ailleurs, mon surnom c’est “Rengo” (boiteux), mais dit avec affection.”
Mais l’argentin a une force mentale impressionnante et travaille dur pour arriver au plus haut niveau après cet accident.
“Je suis très têtu, très positif. Même si on me dit non, j’essaie quand même. J’ai pu me reconstruire, même si j’ai des douleurs liées aux fractures. Mais je suis très heureux de continuer à jouer, de me sentir compétitif, c’est essentiel pour nous, les joueurs.”
Un événement tragique qui a forcément changé sa mentalité, ses priorités et sa vision :
“J’ai vu plein d’interviews, pas seulement de sportifs, mais aussi d’autres personnes qui ont vécu des événements très forts. Et tous disent la même chose : ça te fait un déclic. C’est dommage qu’il faille vivre ce genre de choc pour changer, mais c’est comme ça. Aujourd’hui, le Martin Di Nenno de 28 ans est très différent de celui de 18. J’ai beaucoup changé, j’ai appris à vivre avec ça, à porter ce que j’ai vécu dans mon sac à dos de vie. Et aujourd’hui, quand il m’arrive un souci, je relativise beaucoup plus.”
Aujourd’hui, il évolue dans le Top 10 mondial du padel sur le circuit Premier Padel, champion du monde en 2024 avec sa sélection argentine. Di Nenno entame la suite de la saison avec sa phrase fétiche : “Sin EGO al éxito” (Sans ego vers le succès).
Grand passionné de sport et ancien tennisman, j’ai découvert le padel il y a quelques années sans m’y attarder vraiment. Puis je suis devenu accro à ce sport en le pratiquant et en regardant les matchs de premier padel. Hâte de vous partager les actus 2025 !

























































































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