Pour sa première apparition au Royaume-Uni, Premier Padel a attiré plus de 20 000 spectateurs à l’Olympia de Londres. Un succès incontestable sur le plan événementiel. Mais entre tribunes remplies, pratique loisir en pleine explosion et résultats encore modestes des joueurs locaux, que dit réellement cette première édition sur l’implantation du padel britannique ?
Olympia rempli : le premier pari est gagné
Premier Padel pouvait difficilement espérer meilleure vitrine. Plus de 20 000 spectateurs ont assisté au tournoi sur l’ensemble de la semaine et le week-end s’est joué à guichets fermés. Sur le terrain, les finales ont également proposé le meilleur du circuit, avec le titre de Coello–Tapia face à Galán–Chingotto et le sacre de Claudia Fernández et Martina Calvo, devenue à 18 ans la plus jeune championne de l’histoire de Premier Padel.
Sur le plan événementiel, le bilan officiel de Premier Padel est donc difficilement contestable. Installer quatre pistes dans un lieu emblématique, attirer les meilleures paires mondiales et réunir plus de 20 000 personnes dès la première édition constitue une vraie réussite.
Mais ce chiffre ne répond pas à toutes les questions. Il s’agit d’une fréquentation cumulée sur la semaine, et non nécessairement de 20 000 personnes différentes. Surtout, aucune donnée publique ne permet encore de connaître précisément le profil du public : pratiquants réguliers, expatriés espagnols ou sud-américains, amateurs de sports de raquette ou simples curieux venus découvrir un nouveau spectacle.
L’événement avait d’ailleurs été conçu pour dépasser le cadre strict de la compétition, avec notamment un mur interactif, une expérience en réalité virtuelle et un espace destiné aux enfants. Le London P1 devait autant séduire les passionnés que faire découvrir le padel à un nouveau public.
Un seul Britannique a remporté un match
Les résultats des joueurs locaux permettent de mesurer la distance qui sépare encore la dynamique populaire britannique du très haut niveau international.
Douze joueurs britanniques avaient initialement reçu une wild card pour participer aux qualifications ou au tableau principal. Parmi les représentants locaux finalement engagés, un seul a remporté un match : Christian Medina Murphy.
Le numéro 1 britannique, associé à l’Espagnol Alberto García Jiménez, a dominé Agustín Gutiérrez et Santino Giuliani Lombardo 6/2 6/2 avant de s’incliner sur le même score face à Juan Tello et Maximiliano Arce. Cette victoire restera comme la première obtenue par un joueur britannique dans un tournoi Premier Padel organisé au Royaume-Uni.
Derrière lui, les autres wild cards ont été éliminées dès leur entrée en lice. Aimee Gibson et Catherine Rose ont toutefois offert une belle résistance à Alix Collombon et Ksenia Sharifova. Après avoir perdu la première manche 6/1, les deux Britanniques ont poussé leurs adversaires jusqu’au tie-break dans la seconde.
Louie Harris, Chris Salisbury, Alfonso Patacho, Tia Norton ainsi que les jeunes engagés en qualifications ont également découvert l’écart qui subsiste avec des joueurs déjà habitués au circuit international.
Le constat est clair : le Royaume-Uni possède désormais un public, mais pas encore un vivier suffisamment profond pour rivaliser avec les principales nations du padel.
Une implantation populaire déjà bien réelle
Réduire le padel britannique aux résultats du London P1 serait toutefois trompeur. Si l’élite locale reste en construction, la pratique loisir connaît une croissance spectaculaire.
Selon les données publiées par la LTA en mai 2026, le Royaume-Uni a atteint le million de pratiquants adultes et juniors, répartis sur 1 825 pistes dans 551 structures. Ils n’étaient encore que 15 000 en 2019, puis 129 000 en 2023 et 400 000 en 2024.
Ce million doit néanmoins être interprété avec prudence : il rassemble les personnes ayant pratiqué le padel, pas uniquement les joueurs réguliers ou engagés en compétition. Mais la multiplication des pistes, des clubs et des opérateurs montre que le phénomène ne repose plus seulement sur un effet de mode.
L’implantation britannique existe donc déjà sur les plans économique et récréatif. Ce qui manque encore, c’est la transformation de cette masse de pratiquants occasionnels en joueurs réguliers, puis en compétiteurs capables d’intégrer durablement le circuit FIP.
Une filière de formation existe désormais
Le Royaume-Uni ne part pas non plus d’une page blanche en matière de formation. La LTA a créé un véritable parcours de performance, avec un accompagnement pour les catégories moins de 14 ans et moins de 18 ans, puis trois niveaux de soutien pour les joueurs professionnels.
Un calendrier national est également en place. En 2026, les joueurs britanniques disposent de 35 semaines de compétitions nationales ou internationales, comprenant cinq tournois FIP, sept épreuves britanniques de Grade 1, 21 de Grade 2 et trois FIP Promises destinés aux jeunes.
La filière est donc structurée, mais elle reste récente. La Grande-Bretagne peut déjà compter sur Aimee Gibson et Catherine Rose, qui ont intégré le top 100 FIP, tandis que Christian Medina Murphy se situait autour de la 170e place mondiale au moment du London P1.
Le pays a ainsi commencé à construire les étages intermédiaires entre la pratique loisir et le circuit professionnel. Il faudra néanmoins plusieurs années pour savoir si cette organisation est capable de produire des joueurs formés localement pouvant s’installer dans le top 100, puis viser les derniers tours des grands tournois.
Le véritable test commencera après le tournoi
Les 20 000 spectateurs de l’Olympia prouvent que Londres peut accueillir et vendre un grand tournoi de padel. Ils ne suffisent pas encore à démontrer que le Royaume-Uni est devenu une nation majeure de ce sport.
La réussite devra désormais se mesurer autrement : le London P1 reviendra-t-il durablement au calendrier ? Le public répondra-t-il encore présent une fois passé l’effet de nouveauté ? Les clubs enregistreront-ils davantage de réservations ? Le nombre de jeunes compétiteurs progressera-t-il ? Et surtout, les wild cards britanniques seront-elles capables de remporter plusieurs rencontres lors des prochaines éditions ?
Cette première édition n’est donc ni une simple opération de communication ni la preuve définitive d’une implantation accomplie. Elle révèle plutôt un marché déjà très solide dans sa pratique loisir, capable d’attirer un public nombreux, mais dont la progression sportive reste en retard sur la croissance commerciale.
Le London P1 a réussi à remplir les tribunes. Le prochain défi du padel britannique sera de remplir progressivement les tableaux.
J’ai découvert le Padel en Espagne par hasard dans un camping. Le virus a pris immédiatement, passionné de padel, je suis l’actualité internationale et régionale en vibrant tout autant que ce sport.



































































































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