Dorian De Meyer est de retour sur les pistes. Le Chingotto du padel Français, ancien n°10 français, était lancé à plein régime pour tenter d’obtenir une place au sein de l’équipe de France. Mais son physique n’a pas tenu : la faute à une pathologie à la hanche qu’il a fallu opérer.
Après son opération, il va tenter de revenir au premier plan en 2023, et ça démarre dès le premier P2000 de la saison au 4PADEL Bordeaux.
Il nous raconte.
La même pathologie qu’Andy Murray
« Je suis très heureux de pouvoir affirmer que je vais bien. On m’avait découvert la pathologie du “conflit de hanche” il y a quelques mois. C’est une pathologie qui n’est pas très connue, même si elle a été mise en lumière par le documentaire sur Andy Murray, que je conseille à tous.
J’avais décidé de me faire opérer pour tenter de lever le conflit : on m’a raboté le fémur avec une fraiseuse (comme chez les dentistes). A priori, j’ai maintenant une hanche “saine” d’après mon chirurgien.
Les douleurs étaient irradiantes dans l’aine sur certains appuis, c’était comme une énorme décharge électrique. Aussi, après avoir joué, si je restais quelques minutes en position assise, je ne pouvais plus marcher en me levant tellement la douleur était intense.
Se faire opérer était inévitable. Après l’opération, j’ai d’abord eu des béquilles pendant une semaine et les douleurs étaient “acceptables”… »
Les montagnes russes
« Puis ont suivi des mois de galère en montagnes russes, des jours où j’avais très mal, je pensais que le padel était terminé et les larmes montaient car mon chirurgien m’avait prévenu des risques que l’opération ne fasse rien… Et des jours où ça allait mieux et j’étais alors envahi d’une faim terrible de retourner sur le terrain ; puis les douleurs revenaient et ça recommençait…
Je remercie tout mon entourage pour le soutien mais spécialement ma copine Lisa pour m’avoir porté tout au long de ces mois, elle n’a jamais cessé de m’encourager et de me consoler, c’est un bonheur indescriptible de se sentir soutenu comme cela et je la remercierai jamais assez. »
Une rééducation comme les professionnels
« Je ne m’étais jamais “blessé” jusque-là, j’avais conscience qu’il me fallait un kinésithérapeute capable de prendre en charge la suite des événements mais surtout capable de comprendre que j’avais besoin de revenir le plus vite possible à mon niveau.
J’ai alors fait la rencontre du meilleur kiné de France (sous les conseils du second meilleur kiné Fabien Le Seaux), Sébastien Oria, qui travaille dans la région bordelaise. Sébastien m’a pris en charge tel un vrai sportif professionnel et c’est exactement ce que je demandais. J’ai fait deux heures de kiné par jour pendant trois mois, alternant mobilité de la hanche, renforcement musculaire, soins, etc. : je passais plus de temps au cabinet qu’avec ma copine Lisa (rire). Le kiné a été un acteur central de mon retour sur le terrain. »
Un joueur de padel au CERS, une première
« J’ai également intégré le Centre de rééducation du sportif à Capbreton (CERS) pour un séjour de trois semaines au pôle des sportifs professionnels. J’ai eu la chance de me “réathlétiser” aux côtés de très grands sportifs tels que Pierre-Ambroise Bosse, François d’Haene ou encore Jean-Baptiste Gros et c’est une expérience que je n’oublierai jamais ! Je remercie notamment Thibaut et Gustave, les deux kinés qui se sont occupés de moi pour leur bienveillance et surtout leur professionnalisme. Un joueur professionnel de padel au CERS, c’était aussi une première pour eux. »
Thomas Vanbauce : l’amitié d’abord
« J’ai énormément de chance. Thomas Vanbauce est avant toute chose un de mes meilleurs amis, nous nous sommes rencontrés il y’a huit ans en licence de mathématiques, nous avons été partenaires d’entraînement au tennis, nous avons même tenté le beach-tennis (pas longtemps) avant de nous mettre au padel.
Tout cela pour dire qu’il a fait le choix de mettre l’amitié en premier et de « m’attendre » donc c’est avec lui que je démarre cette nouvelle saison. »

« Toutefois, on ne vit pas dans un monde de bisounours, si les résultats ne suivent pas, si l’entente sur le terrain se dégrade ou si mon niveau de jeu n’est pas à la hauteur, nous saurons mettre un terme à notre binôme. Cependant, nous décidons de nous laisser la chance d’atteindre nos objectifs et nous allons tout faire pour que ça marche.
L’histoire de notre paire est belle, nous avons commencé le padel ensemble et nous avons atteint le top 10 ensemble, c’est du jamais vu en France et l’idée serait de continuer sur cette voie. S’arrêter maintenant aurait eu un goût d’inachevé. »
Un nouveau départ
« J’ai repris l’entraînement il y a trois semaines à la maison, au Big Padel de Mérignac, avec mon coach Jean-Thomas Peyrou. Je ne suis pas à zéro au niveau des douleurs mais avec Sébastien, nous avons décidé de ne pas s’alarmer sur des douleurs qui fluctuent entre 0/10 et 3/10 donc “on avance, si on attend d’être à zéro, tu ne rejoueras jamais avec ce type de pathologie”, comme il dit. »

« Il y’a des jours où je ne sens rien et des jours où ça pince un peu mais ça n’a rien à voir avec ce que j’ai vécu cinq mois plus tôt, donc je considère déjà cela comme une réussite.
Il n’y a plus aucun risque pour la hanche droite (opérée) car elle est censée être saine désormais, il reste simplement à continuer de bien la guérir.
Cependant, j’ai également un conflit à la hanche gauche car le problème est anatomique, de naissance donc il n’est pas impensable que je sois un jour obligé de traiter la gauche. À l’heure actuelle, elle ne m’embête pas, donc j’avance. »
Prétendre à une sélection en équipe de France
« Ces cinq mois ont été très difficiles mais également d’une richesse monumentale. J’en ai profité pour effectuer un travail profond sur moi-même à l’aide d’une professionnelle. J’ai eu l’occasion de démêler des fortes blessures psychiques qui impactaient clairement la personne que j’étais dans la vie mais également sur le court.
J’ai donc à cœur de revenir en essayant de mettre en place tout ce que j’ai appris, en tentant de faire plus de choses sur le court, d’être beaucoup plus agressif et de ne plus me laisser dominer par des croyances limitantes. Je considère cela comme mon premier objectif.
Ensuite, plus concrètement, j’aimerais intégrer le top 200 mondial le plus vite possible afin de prétendre à une ou plusieurs sélections en équipe de France. Le travail va être long et intense mais c’est cette vie et pas une autre que j’ai choisie.
À court terme, je redémarre ce week-end à la maison au P1000 du 4PADEL de Bordeaux en vue du P2000 la semaine suivante (à moins qu’une wild-card au Premier Padel de Doha soit envisageable… ahahah). »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.





































































































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