Malgré son développement planétaire, le padel est toujours en proie aux inégalités financières. Les têtes d’affiche s’assurent des revenus confortables, tandis qu’à l’inverse, les plus anonymes doivent s’accrocher pour poursuivre leur rêve. Quelle est la réalité du secteur en 2024 ? Alix Collombon, Thomas Leygue et Julien Seurin nous dévoilent les coulisses de leur carrière.
Avec près de 30 millions de pratiquants recensés, le padel suscite des vocations et ressemble à un nouvel eldorado. Cette vision se heurte pourtant à un risque majeur, celui de la précarité, qui est encore loin d’être résolu. Nos trois invités ont accepté de nous en dire plus.
Économiquement, une stabilité à trouver
Fin 2023, Le Parisien s’était déjà penché sur la « galère » que pouvaient rencontrer les meilleurs joueurs de l’Hexagone. Six mois plus tard, la donne a (un peu) changé : il est possible de vivre de sa passion, à condition de limiter les excès. « J’arrive à en survivre, je ne pense pas avoir perdu d’argent. J’espère que dans six mois, je vais en gagner un peu », glisse Julien Seurin.

Un avis que partage Thomas Leygue, le numéro 1 français (photo). « Les prize money sont variables. J’arrive à me payer à 100 % même si je ne suis pas encore bénéficiaire », confie-t-il. Preuve qu’il faut donc s’armer de patience et de courage avant d’atteindre le bon équilibre.
Des disparités selon les pays
Inévitablement, les Français accusent un sérieux retard face aux pointures espagnoles et argentines. Leurs performances, leur exposition médiatique et leur renommée sont un vrai plus pour les sponsors. « Chaque joueur a des grades différents. Ils vont avoir des portes qui vont s’ouvrir plus facilement, car ils sont privilégiés pour les événements », éclaire Thomas Leygue, qui rappelle l’importance de « se bouger sur les réseaux sociaux ».

Pourtant, être Tricolore a aussi ses avantages. « Je pense que je gagne mieux ma vie qu’une Espagnole ou une Argentine du même niveau. Le fait d’être numéro 1 française et d’être l’une des seules à jouer dans le tableau final, avec Léa Godallier, joue beaucoup. Ici, c’est un point positif », juge Alix Collombon. « Ils gagnent moins bien leur vie, car ils n’ont pas les mêmes sponsors que nous », confirme le numéro 10 français.
Hôtels, transports, entraînements : des frais à anticiper
La vie d’un professionnel n’est pas de tout repos. Entre les différents tournois et les nombreux déplacements à effectuer, les transports restent la dépense principale de nos sondés. « Cette année, on a un budget important en termes de transports (avion, train). On a été deux fois en Amérique du Sud pendant plusieurs semaines, ça a un coût », précise Alix. « Pour l’hôtel, j’ai la chance d’être prise en charge, car je suis dans le tableau final, c’est une petite part de mon budget annuel. »

La préparation mentale et les entraînements physiques rentrent également en jeu, sans oublier… la vie sur place, comme le rappelle Julien Seurin. « On est souvent obligés de s’organiser à la dernière minute en fonction des tournois. Ça dépend de la destination, d’autant que mes hôtels sont rarement payés », nous explique-t-il.
Un budget colossal sur une saison
Alors, à combien s’élèvent les frais pour une année complète ? « C’est très dur de faire une estimation car cela dépend de plein de choses : si on veut vivre seul ou en colocation, si on préfère avoir un coach personnel ou non. Certains préfèrent voyager en faisant des escales avec des petites compagnies, par exemple », affirme Thomas.

L’Aixois et le Melunais évoquent une fourchette « de 30 000 à 40 000 euros », alors que la Lyonnaise parle de « 50 – 55 000 euros ». Elle constate une vraie hausse depuis quelques années. « Quand je suis arrivée en Espagne il y a sept ans, on pouvait boucler une bonne année avec 25 000 euros. On était principalement en Espagne, et les voyages à l’étranger n’étaient pas bien loin : au Portugal, en Italie… Aujourd’hui, on parle de tournois en Amérique du Sud, en Arabie Saoudite ou au Qatar, et ça coûte vraiment plus cher », témoigne-t-elle. Comme quoi, la mondialisation du padel a aussi ses travers.
Les sponsors et les prize money, des sources de revenus cruciales
Sans surprise, les sponsors et les gains en tournois sont les principales mannes financières des joueurs. Pour générer plus de revenus, certains n’hésitent pas à activer d’autres leviers un peu plus originaux. C’est le cas de Julien (photo) qui partage ses aventures à ses 13 700 abonnés sur Youtube.

« L’argent de ma chaîne va directement au monteur, il n’y a pas d’apport net. Cependant, cela me donne de la visibilité pour des sponsors plus conséquents et je peux faire des placements de produits, des activations commerciales, facturer des événements. Indirectement, cela a un vrai impact », lance le gaucher. En plus des exhibitions, il existe toujours une solution fondamentale : proposer des cours dans les clubs. « Si on a besoin d’argent, on peut aussi en donner, oui », approuve son homologue droitier.
Un train de vie à perfectionner
Que faudrait-il faire pour améliorer le quotidien des padelistes ? Tout le monde a déjà ses petites idées en tête, à commencer par Julien Seurin. « Les tournois FIP changent régulièrement. On va en Amérique du Sud, puis on enchaîne à Doha : il n’y a pas vraiment de logique pour les petites catégories. On manque également de FIP Gold et Platinium, c’est difficile de gagner des points pour le Premier Padel », déplore-t-il. Thomas Leygue, lui, rajoute qu’en cas de problèmes, « il y a aussi d’autres circuits (comme l’A1 Padel, ndlr) et la possibilité d’aller ailleurs. »

En revanche, tous s’accordent sur une demande bien précise : l’augmentation des prize money. « Aujourd’hui, un joueur ou une joueuse qui est dans le top 50 mondial doit avoir plusieurs sponsors pour rentrer dans ses frais, mais il ou elle ne gagne pas beaucoup d’argent », pointe Alix Collombon (photo), bien consciente de la situation actuelle. « Cela ne se fait pas en une année. Il faut que le padel soit de plus en plus vu et de plus en plus joué, tout cela viendra avec le temps ». Et c’est tout le mal que l’on peut leur souhaiter !

C’est par le biais de son père qu’Auxence a découvert le padel, un soir de juin 2016. Aujourd’hui, il suit avec passion le circuit international et taquine la pala dans son club formateur, le Toulouse Padel Club. Vous pouvez également le retrouver sur La Feuille de Match et LesViolets.com, deux médias spécialisés sur le Toulouse Football Club.

























































































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