Jerzy Janowicz – surnommé JJ – continue de faire parler de lui, non plus sur les courts de tennis, mais désormais sur ceux de padel. L’ancien joueur de Coupe Davis pour la Pologne, demi-finaliste à Wimbledon en 2013, s’est confié à nos micros au FIP SILVER Côte du Midi au Set Padel Narbonne pour une interview sans filtre autour du padel. Et vous allez voir, le joueur de 2m04, n’a toujours pas sa langue dans sa poche. Bien au contraire.
Du tennis au padel : une transition progressive
« J’ai commencé le padel il y a plusieurs années, un peu pour m’amuser », raconte-t-il. « Ce n’était pas une pratique régulière, je ne m’entraîne pas toutes les semaines, c’est avant tout du plaisir. Aujourd’hui, c’est plus qu’un loisir, mais ce n’est pas non plus une carrière. »
JJ ne ferme pas totalement la porte à une approche plus professionnelle. « J’aimerais jouer plus sérieusement, mais j’attends une amélioration de l’organisation, notamment des fédérations. »
La motivation freinée par les blessures et les réalités du padel
Après une carrière de tennis éprouvante, marquée par de nombreuses blessures et opérations, JJ confesse avoir perdu l’envie. « Le tennis n’est plus fun pour moi. Ces dernières années, c’était devenu un cauchemar. Le padel, en revanche, est beaucoup plus doux pour le corps. Le court est plus petit, on joue en double, les échanges sont plus courts. »
Et même s’il reconnaît avoir encore une belle marge de progression, notamment en défense et dans l’utilisation des vitres, il reste lucide : « Si je devais viser le haut niveau, il faudrait que je m’entraîne tous les jours. Mais j’ai une famille, deux enfants. Aujourd’hui, c’est ma priorité. »
Des entraînements à Alicante… quand il peut
Lorsqu’il prépare un tournoi, JJ part s’entraîner en Espagne, à Alicante. « Je m’entraîne avec des joueurs comme Alberto Garcia, Victor Ruiz, Sanyo Gutiérrez, Miki Solbes… Je joue des matchs d’entraînement avec eux. Mais en Pologne, c’est impossible de progresser. Il n’y a ni coachs, ni joueurs de haut niveau. »
La situation du padel polonais reste à ses yeux très problématique. « Le niveau amateur progresse, oui, mais pas le niveau pro. Et la fédération est, pour être poli, très mauvaise. » Lui qui a porté les couleurs de la Pologne pendant dix ans en Coupe Davis ne se voit pas intégrer l’équipe nationale de padel : « C’est autant un choix de leur part que de la mienne. Même si je suis de loin le meilleur du pays, les choses ne bougent pas. »
Ses points forts… et ses faiblesses
« Mon point fort, c’est clairement le smash. Et la volée. J’ai une volée constante, rapide, avec beaucoup d’effet. Mon smash peut partir de n’importe où. Par contre, je dois progresser en défense, surtout avec les vitres. Je viens du tennis, je n’ai pas cette habitude d’utiliser les murs. »
Tennis ou padel pour ses enfants ?
La réponse est claire : « Ils commenceront par le tennis. Il vaut mieux débuter par ça. Si ça ne fonctionne pas, le padel peut venir ensuite. Mais faire l’inverse, c’est presque impossible. Le tennis demande beaucoup plus de rigueur. Si vous êtes très bon en tennis, vous avez toutes les chances de réussir dans le padel. »
Mais à niveau égal de popularité et d’argent ? « Alors là, je dirais padel. Il est plus facile de réussir dans le padel que dans le tennis. L’entraînement au tennis est bien plus exigeant. »
Le padel doit apprendre du tennis au niveau des instances
« Le padel pro a encore du chemin à faire. Même des choses simples, comme communiquer avec la Fédération Internationale de Padel (FIP), sont compliquées. Ils m’envoient des mails en espagnol, alors que je ne parle pas cette langue. La comparaison avec l’ATP est flagrante. »
Sur les règles aussi, JJ est critique : « On change les règles en cours de saison. Ça ne serait jamais accepté dans le tennis. Le padel doit se professionnaliser davantage. »
Il se montre également prudent sur la question des surfaces : « On peut faire varier les rebonds, mais la stabilité du sol doit rester la même. Sur un court glissant, on perd en réactivité. Et vu la petite taille du terrain, c’est trop handicapant. »
Le point d’or ? Il est contre
« Je préfère le jeu à l’avantage. Le golden point rend le jeu plus aléatoire, il nivelle les niveaux. Le padel, c’est un sport d’endurance mentale aussi. »
Les anciens tennismen dans le padel ?
« Federer et Nadal jouent pour le plaisir. Mais à bon niveau, je dirais que Ferrero a été l’un des meilleurs. Carlos Moyà aussi. Moi, en Pologne, je suis de loin le meilleur. »
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.


































































































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