Sofia Araujo et Marta Ortega sont en demi-finales du Paris Major 2026. La tête de série 5 a renversé Bea González et Claudia Jensen, TS2, au terme d’un quart de finale à rebondissements : 2/6 7/6 7/6. Après avoir connu un premier set compliqué et sauvé plusieurs balles de match, l’Espagnole et la Portugaise ont trouvé les ressources pour inverser une rencontre qui semblait leur échapper. En conférence de presse, elles ont surtout insisté sur un élément : le mental.

« Nous avons su souffrir »

Cette victoire avait forcément une saveur particulière. Marta Ortega et Sofia Araujo restaient sur une défaite face à cette même paire lors du tournoi précédent, à Madrid, dans des conditions qui ne leur avaient pas plu.

Plutôt que d’oublier cet échec, elles ont choisi de s’en servir.

« Nous venions d’un tournoi compliqué parce que nous avions perdu contre elles d’une manière qui ne nous avait pas plu. Mais cela nous a servi pour changer certaines choses. »

À Roland-Garros, le scénario aurait pourtant pu les faire replonger dans leurs difficultés. Après un premier set perdu 6/2, Ortega / Araujo ont été mises sous pression dans les deux manches suivantes.

Mais cette fois, elles n’ont jamais lâché.

« Nous avons lutté jusqu’au bout, même lorsque les choses étaient très compliquées. Nous étions menées d’un break, puis encore derrière dans le tie-break. Nous avons eu plusieurs balles de match contre nous. Il faut retenir cela : nous avons su souffrir et, à la fin, nous avons été récompensées. »

« Nous n’étions même pas conscientes d’avoir sauvé autant de balles de match »

L’un des aspects les plus marquants de ce quart de finale reste justement la capacité d’Ortega / Araujo à rester dans leur bulle lorsque la défaite était toute proche.

Une approche travaillée avec leur entraîneur : oublier autant que possible le score pour rester concentrées sur le plan de jeu.

« Nous n’étions pas conscientes d’avoir sauvé autant de balles de match. Nous avons beaucoup travaillé sur le fait de mettre le score de côté, de nous concentrer sur la tactique et de jouer sans penser aux nerfs ou à la pression. »

Après une première manche largement dominée par leurs adversaires, le mot d’ordre était presque devenu très simple : retrouver du plaisir.

« Après un mauvais premier set, on s’est dit : “Allez, profitons, essayons quelque chose.” Je pense qu’aujourd’hui, la différence s’est faite dans la partie mentale. »

Peut-on entraîner cette force mentale ?

La question s’imposait après un tel scénario. Cette capacité à rester en vie lorsque tout semble perdu est-elle innée ou peut-elle se travailler ?

Pour Araujo, il y a un peu des deux.

« Je pense qu’une partie est en toi. Nous sommes deux combattantes. Mais ce sont aussi des choses qui se travaillent. »

La comparaison avec Madrid est justement révélatrice. Lors de leur précédente confrontation, les deux joueuses reconnaissent ne pas avoir affiché la même attitude.

« La semaine dernière, les choses ne se sont pas passées comme nous le voulions, mais nous n’avons pas non plus lutté jusqu’au bout. Dans l’attitude, nous n’avons pas été bonnes et le résultat l’a montré. »

Quelques jours plus tard, le contraste est saisissant : un premier set perdu, plusieurs situations très compromises et pourtant une qualification pour les demi-finales.

Pas question de penser au Mondial

À l’approche des prochaines échéances internationales, une telle performance peut forcément compter. Mais les deux joueuses assurent ne pas être entrées sur la piste avec l’idée d’envoyer un message en vue du Mondial.

Le premier objectif était beaucoup plus immédiat.

« Nous ne pensions absolument pas au Mondial en entrant sur la piste. Nous voulions d’abord mieux jouer que la semaine dernière. C’était le premier objectif. »

Une fois ce cap franchi, l’ambition a naturellement changé.

« Une fois que nous avons réussi à mieux jouer, l’objectif était de gagner. On s’est dit : allons-y à fond parce qu’on peut le faire. »

Araujo souligne également l’importance de sa partenaire dans les moments où son niveau de jeu était moins élevé.

« Dans les moments où je n’étais pas totalement bien, Sofi m’a beaucoup aidée et c’est grâce à cela que j’ai pu aller de mieux en mieux. »

Ortega : « Pour moi, la meilleure partenaire, c’est Sofi »

Cette complémentarité était justement au cœur de la dernière partie de l’échange. Ortega et Araujo présentent deux profils de jeu différents, là où certaines paires du circuit peuvent sembler davantage construites autour de qualités similaires.

Pour Marta Ortega, inutile pourtant de chercher une formule universelle.

« Pour moi, la meilleure partenaire qui existe, c’est Sofi. C’est ma partenaire, et la meilleure équipe que nous pouvons avoir, c’est la nôtre. »

Elle reconnaît toutefois l’évolution du padel féminin vers des joueuses de plus en plus complètes.

« Aujourd’hui, le padel demande d’être très complète : être une excellente défenseuse, une excellente attaquante et être très stable mentalement. »

Mais les différences restent justement ce qui fait la richesse du circuit.

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.