Plusieurs joueurs de padel professionnels se trouvent dans une situation invivable qui les empêche d’exercer leur travail normalement. Une joueuse et un joueur ont le courage de s’exprimer sur un sujet largement tabou jusque-là.
La libération de la parole
Tout a commencé lorsque le joueur argentin Ramiro Pereyra a décidé de s’exprimer sur les réseaux sociaux. Un tournoi a été organisé par l’APT Padel Tour dans sa ville d’origine à Mar del Plata, mais le jeune Argentin n’a pas pu disputer la compétition pour des raisons administratives.
Ce n’est ni la première ni la dernière fois mais l’Argentin était particulièrement déçu de ne pas pouvoir évoluer devant sa famille.
“La semaine dernière, un tournoi APT avait lieu à Mar del Plata, dans ma ville, dans ma maison. Et je n’ai pas pu voyager à cause de problèmes de papiers. C’était probablement l’un des tournois les plus importants de ces dernières années dans ma ville…”, a déploré Ramiro.

Le padel, une profession non reconnue
“Dans ma situation, étant en Europe, enregistré comme domicilié ici, je ne peux me permettre que le “luxe” de voyager pour jouer sur le continent et avec précaution. Pourquoi ça ? Comme je n’ai pas de passeport ou de “papier” qui me permette de jouer des tournois dans le monde entier, il est évidemment très difficile d’aller à toutes les compétitions“, poursuit le 46e joueur du ranking APT.
Le fond du problème réside dans le fait que ces joueurs sud-américains ne bénéficient pas d’un visa de travail lorsqu’ils viennent s’installer en Espagne pour exercer leur profession.
Certains arrivent à trouver des parades comme par exemple en s’inscrivant à l’université pour avoir un visa étudiant, une solution en rien durable. Un joueur nous avait même confié un jour avoir entamé une procédure de mariage pour obtenir des papiers. La solution miracle est souvent celle d’avoir un grand-parent italien pour bénéficier de ce fameux passeport européen.
Les joueurs ne peuvent pas prendre le risque d’être contrôlés sans visa valide, et c’est pourquoi certains ne prennent même pas l’avion dans l’Union Européenne. Ils voyagent pour la plupart en bus et sortent rarement d’Espagne.

“Nous avons peur“
Actuellement, huit joueurs seraient dans cette situation. Une situation difficilement supportable pour eux, et certains talents sud-américains pourraient d’ailleurs se voir contraints de lâcher l’affaire si personne ne les aide.
“Nous pouvons voyager et participer à certaines compétitions, mais nous avons peur !“, explique Nerea Derbis à Padel Magazine. En effet, un simple contrôle de police peut voir un joueur sans visa valide se retrouver sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Malgré cette situation, Nerea ne veut pas lâcher son rêve de faire partie des meilleures.
“Nous aimerions obtenir un soutien pour nous permettre de continuer à nous consacrer à ce merveilleux sport”, poursuit-elle.
“J’aimerais que les circuits qui impliquent des joueurs professionnels (WPT, APT, FIP) puissent nous donner une solution ou au moins être conscients du problème. Avec tant d’associations de joueurs, de fédérations professionnelles, on pourrait nous aider. Jusqu’à présent, une seule association a donné le feu vert et a commencé à se préoccuper de ce problème”, explique Rama Pereyra à Padel Magazine.
Quelle solution ?
Le padel est un sport jeune, et le padel professionnel a encore beaucoup de chemin pour être considéré comme un vrai métier. Il y a quelques années, voire moins, seule une poignée de joueurs pouvaient être réellement considérés comme professionnels. Petit à petit, les choses changent. Un joueur serait en train de signer un contrat annuel de deux millions d’euros avec une marque, prouvant qu’il y a de l’argent dans ce sport, pour les meilleurs au moins.
Le prize-money des compétitions monte depuis l’arrivée de Premier Padel, et tout pousse à penser que davantage de joueurs pourront vivre de leur participation aux tournois et des contrats de sponsoring dans les années à venir. Pourtant, la situation reste inchangée pour d’autres, notamment ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un grand-parent européen…
La spécificité du padel est que les jeunes joueurs talentueux sont obligés de déménager en Espagne pour tenter l’aventure. Au tennis, les jeunes talents sud-américains n’ont pas la nécessité de vivre en Europe et laissent leur résidence dans leur pays d’origine. Ils n’ont donc pas besoin de visa long terme.
La majorité des grands talents sud-américains que nous connaissant sont passés par cette case, à l’époque où le padel n’était pas aussi international. La nationalisation, l’aide d’un sponsor, ou le fait de rester 5 ans sur le territoire sont souvent les solutions, mais pas facile à obtenir pour les joueurs du bas du ranking international.
Les associations de joueurs doivent soutenir ces athlètes qui ont mis en suspens leur vie familiale pour venir s’installer en Espagne. La Fédération internationale de padel (FIP) doit être consciente du problème afin de protéger les jeunes talents sud-américains qui donnent à ce sport de la diversité.
Padel Magazine soutient la prise de parole de Ramiro Pereyra et Nerea Derbis, et invite tous les médias du padel à en faire écho pour que cela arrive aux oreilles des fédérations, qui peuvent très certainement faire évoluer la situation.

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !



































































































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