De retour en France après un passage express en Égypte, Léa Godallier a profité du FIP Promises Paris by WME pour venir soutenir les jeunes et s’entraîner au Tennis / Padel Club de Lésigny. L’occasion pour la championne de France et vice-championne d’Europe de revenir sur sa saison, sa relation avec Georgia Marchetti, l’avenir de l’équipe de France et les jeunes espoirs du padel féminin.
Retour imprévu à Lésigny
« La vérité, c’est que je suis partie en Égypte en début de semaine pour le P2, explique Léa. Mais à l’embarquement, ils m’ont demandé un vol retour, car je n’avais pas de visa. Le plus simple, c’était de revenir à Paris. Et comme Baptiste Bénétoux (mon compagnon) était là avec les jeunes du CNE, je suis venue à Lésigny m’entraîner et voir les jeunes. »
Une médaille d’argent qui compte
La Française revient ensuite sur les Championnats d’Europe 2025, marqués par une superbe médaille d’argent avec l’équipe de France féminine.
« On a réussi à battre les Italiennes, ce qui n’était pas arrivé depuis 2018. On n’était pas favorites du tout, et pourtant, on a réussi à faire un truc énorme. Mention spéciale à Lucile Pothier et Louise Bahurel, qui ont été incroyables. »
Une victoire d’autant plus savoureuse face à Giorgia Marchetti, son ancienne / nouvelle partenaire sur le circuit. « C’était dur parce qu’on se connaît par cœur, mais la rivalité est saine. On s’en sert pour se tirer vers le haut. Et quand c’est fait avec respect, c’est encore plus agréable. »
La relève féminine : « ça arrive, mais step by step »
Malgré le départ de Jessica Ginier pour les prochaines échéances internationales avec l’équipe de France, Léa reste optimiste :
« On a accueilli Louise dans l’équipe, qui a apporté énormément de fraîcheur. C’est toujours difficile de perdre un pilier comme Jess, mais ça ne veut pas dire qu’on va baisser les bras. Le groupe est soudé, et c’est ce qui compte. Quand ça vit bien dans le groupe, on joue mieux sur le terrain. »
Léa garde un œil attentif sur les jeunes générations.
« J’ai mes petites chouchoutes : Lou Lambert-Agosti et Kimy Barla. Elles font partie des joueuses qui pourraient intégrer un jour l’équipe de France. À Vichy, je vois aussi Zia Charpentier, Élise Le Roux et Lilou qui progressent chaque jour. Mais il ne faut pas être pressé : on a encore du retard sur l’Espagne et l’Argentine. »

Objectif : stabilité et constance avec Marchetti
Sur le plan personnel, Léa veut miser sur la continuité avec Giorgia Marchetti, sa partenaire italienne.
« On s’est retrouvées récemment, et on a déjà réussi à pousser des paires du top 20 en trois sets, comme à Lyon face à Rufo et Castello. Le but, c’est de maintenir ce niveau le plus longtemps possible. »
Elle insiste : « Avec Georgia, tout est simple. On s’entend super bien, et je pense vraiment qu’on peut faire quelque chose de bien toutes les deux. »
Trop de changements de paires sur le circuit ?
Le système actuel de changements constants de partenaires la lasse :
« Honnêtement, c’est horrible. J’ai dû jouer avec 7 ou 8 partenaires cette année. Ce serait bien d’autoriser seulement un ou deux changements par an. Ça permettrait de construire un vrai projet. »
Elle évoque même le cas Collombon / Martinez : « Le choix de l’ancienne partenaire d’Alix d’arrêter, je ne le comprends pas trop, mais je peux le comprendre car leur séparation est arrivée après un an ensemble, mais quand ça change après un ou deux tournois, ça n’a pas de sens. »
“Alix aurait pu d’ailleurs contacter et jouer avec Georgia. Quand je lui ai demandé pourquoi elle ne l’avait pas fait, elle m’a répondu qu’elle savait que j’avais galéré cette année et que par amitié, elle ne pouvait le lui demander alors qu’elle sait qu’on devait rejouer ensemble. C’est vraiment très beau. “
“Si je devais jouer avec la joueuse qui semble la mieux coller à mon jeu, évidemment Gemma Triay ou encore Sofia Aurajo… Une joueuse me plaît beaucoup également : Carmen Goenaga”

Championnats de France : un calendrier à revoir ?
Malgré un calendrier surchargé, Léa reste attachée aux Championnats de France.
“La seule façon de permettre à Alix de poursuivre les Championnats de France était de changer la date de septembre. La FFT le sait très bien. Les France sont dans une période très active pour nous sur le circuit.
« Ça tombe toujours mal, en plein enchaînement de tournois, mais c’est important pour moi d’y être. C’est aussi une manière de remercier la Fédération qui m’aide. Peut-être qu’un jour, je serai trop fatiguée, mais pour l’instant, je veux continuer. »
Depuis l’annonce du retrait d’Alix Collombon des Championnats de France, les spéculations vont bon train.
« Pour l’instant, personne ne m’a contactée, et j’aime beaucoup ce respect. Je verrai selon le côté où je jouerai sur le circuit : si je reste à droite, pourquoi pas avec Jess si elle continue ; si je repasse à gauche, Carla Touly ou Lucile Pothier pourraient être des options. Mais rien n’est décidé. »
La jeunesse française face au mur espagnol
Pour Léa, la différence entre la France et l’Espagne est avant tout culturelle :
« Les Espagnols vivent padel, respirent padel. Ils ont une raquette dans la main depuis qu’ils sont enfants. En France, on rattrape doucement avec le CNE et les académies. Ça va dans le bon sens, mais il faut du temps.
« Qu’est-ce qu’on me souhaite ? De rester avec Georgia, déjà. Et surtout de garder le plaisir. Tant qu’il y a du kiff, même dans la guerre, c’est l’essentiel. »
Crédit : Inside Court / FIP Promises Paris by WME
Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.



































































































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