Les derniers chiffres publiés par Padelnomics, basés sur les rapports annuels britanniques consacrés aux habitudes sportives de la population, mettent en lumière une tendance intéressante : la progression du padel et du pickleball ne semble pas se faire au détriment des autres sports de raquette. Au contraire, ces disciplines pourraient contribuer à redynamiser l’ensemble du secteur.

Les données, qui couvrent la période allant de 2015 à 2025, montrent une évolution marquante des pratiques sportives au Royaume-Uni.

Une croissance spectaculaire du padel

En 2025, 0,6 % de la population britannique déclare avoir pratiqué le padel au cours des douze derniers mois. Un chiffre qui peut sembler modeste, mais qui représente une progression spectaculaire : la pratique a été multipliée par six en seulement deux ans.

Le pickleball suit une trajectoire comparable, avec 0,3 % de pratiquants en 2025, soit trois fois plus qu’il y a deux ans.

Ces deux disciplines restent encore loin des sports historiques, mais leur croissance est aujourd’hui la plus rapide de tous les sports de raquette.

Le padel tire-t-il tous les sports de raquette vers le haut ?

Le tennis retrouve des couleurs

L’autre enseignement majeur de cette étude concerne le tennis. Après plusieurs années plus compliquées, il retrouve un niveau de pratique comparable à celui observé en 2015, avec près de 6,8 % de la population ayant joué au moins une fois dans l’année.

Le badminton et le squash affichent eux aussi une dynamique positive ces dernières années. S’ils n’ont pas encore retrouvé leurs pics historiques, leur progression récente contraste avec les craintes selon lesquelles l’essor du padel viendrait cannibaliser les autres disciplines.

Au contraire, les courbes semblent montrer que ces sports évoluent désormais dans le même sens.

Un constat qui fait écho à la France

Cette tendance rappelle ce que de nombreux clubs français observent déjà sur le terrain.

Le développement du padel a permis à de nombreux anciens joueurs de tennis de reprendre une licence et de fréquenter de nouveau les clubs. Certains se sont spécialisés dans le padel, tandis que d’autres ont également retrouvé le chemin des courts de tennis.

Dans le même temps, une nouvelle population de pratiquants, qui n’avait jamais joué au tennis auparavant, découvre les clubs grâce au padel. Une partie de ces joueurs finit ensuite par s’intéresser aux autres disciplines proposées.

Le pickleball, dont la croissance s’accélère également, pourrait produire des effets similaires dans les années à venir.

Vers des clubs multi-raquettes

Ces chiffres confortent une idée de plus en plus répandue : les sports de raquette ne sont pas nécessairement en concurrence. Ils peuvent au contraire se renforcer mutuellement.

C’est d’ailleurs la vision défendue par la Fédération française de tennis, qui encourage le développement de clubs multi-raquettes. L’objectif est de créer des synergies entre le tennis, le padel, le pickleball, le beach tennis ou encore d’autres disciplines, afin d’élargir le public et d’augmenter la fréquentation des clubs.

Comme le résument souvent les défenseurs de cette approche auprès des collectivités : « Le club de tennis doit tendre à devenir un club multi-raquettes pour créer des synergies qui bénéficieront à tous ces sports. »

Les chiffres britanniques apportent un nouvel argument en faveur de cette stratégie : la montée en puissance du padel et du pickleball pourrait bien être une opportunité pour l’ensemble des sports de raquette, plutôt qu’une menace.

Maceo ZERHAT

Maceo Zerhat découvre le padel en 2020 à Savigny-sur-Clairis en Bourgogne. Il participe à l’expansion du club en apportant son énergie et sa curiosité. Sur Padel Magazine, il transmet sa « Padelmania » en rebondissant avec adresse sur toute l’actualité de votre sport préféré !