Julio Alegria est l’un des pionniers du padel en Espagne. A l’initiative de la création de la première fédération au Monde, celle du Pays Basque, il fut le président de la FEP pendant un mandat, ainsi qu’un très bon joueur de padel dans les débuts de ce sport. Voici un extrait de notre échange en vidéo conférence.
“J’ai fait en sorte que le padel soit approuvé en tant que sport”
Lorenzo Lecci Lopez : Lorsque le padel est arrivé en Espagne, comment avez-vous géré la situation avec la fédération de tennis ?
Julio Alegria : “Ça a été d’un coté très dur, et d’un autre coté plus facile. Ils considéraient le padel comme un petit jeu, un truc pour s’amuser… Nous l’avions vu à Marbella, et nous avons décidé de l’importer à Bilbao. Mon club de tennis n’a pas voulu mettre de terrain de padel, alors nous sommes allé voir les clubs de golf. En Espagne, c’est surtout par les clubs de golf que le padel s’est imposé. Ça leur donnait un plus qui ne prenait pas d’espace. Le tennis voulait qu’on les rejoigne pour avoir plus d’argent.”
“J’ai cru au futur du padel depuis le début. Je me suis battu pour que des courts soient construits. Un jour on m’a dit “oui oui on va te faire des courts pour que tu puisses jouer avec tes amis”, et je me suis mis en colère. Très rapidement, beaucoup de gens ont voulu jouer.”
“Le padel doit se débarrasser des fédérations de tennis. J’en suis désolé, mais c’est comme ça. En 1992, la fédération basque a été la première approuvée dans le monde. J’ai réussi à faire en sorte que l’on soit approuvés en tant que sport.”
Les théories du maître
Julio Alegria : “J’ai toujours dit que le padel était le sport le plus cool. Le premier jour tu commences et tu t’amuses. Le deuxième jour tu te prends pour McEnroe ou Pete Sampras -à l’époque où ils étaient les dieux-. Le troisième jour n’importe quel gars arrive et il te bat. Le padel est peut-être facile pour toi, mais c’est aussi facile pour lui.”
“Mon autre théorie sur le padel c’est qu’un point magnifique vaut tout autant que de faire rater l’adversaire. Je n’étais pas un joueur spectaculaire, mais j’étais très embêtant pour les adversaires. Je remettais tout. À l’époque faire des lobs était mal vu, mais cela ne m’importait pas, je levais la balle dans le ciel, et on me disait qu’elle tombait comme de la neige. Je faisais ce que je savais faire.”

“Lorsqu’il y a de l’argent en jeu, c’est difficile de trouver des accords”
Lorenzo Lecci Lopez : Je vais vous posez la même question qu’ à Alfredo Garbisu. Lors d’une interview, Bela m’a dit “ils devraient mettre leurs égo de coté et s’assoir à la même table pour le bien du padel”. De quoi a-t-on besoin pour développer le padel plus sainement ?
Julio Alegria : “N’importe quel type de compétition, qui ne soit pas le WPT, me paraît bien. Au début au tennis c’était compliqué aussi. La meilleure chose serait que tout le monde se réunisse bien sûr.”
“Belasteguin je l’ai rencontré en Argentine lorsqu’il remportait un tournoi de mineur avec Mati Diaz. Plus tard, il nous avait dit qu’il signerait avec nous, puis il s’est engagé avec le WPT. Mais je comprend, ils l’ont convaincu, et je m’entends bien avec lui. Le padel professionnel est parfois très “mauvais”. Si on te propose beaucoup d’argent, je peux comprendre, même si je ne partage pas cette mentalité.”
“Lorsqu’il y a de l’argent en jeu, arriver à des accords ça peut être difficile, et avec tous les intérêts de chacun, encore plus.”

“Alfredo Garbisu serait un excellent président de la FIP”
Lorenzo Lecci Lopez : Vous possédez la licence n°9 de padel, et vous continuez à la payer alors que vous ne pouvez plus jouer. Que signifie pour vous cette licence ?
Julio Alegria : “Avec tout l’argent que m’a couté le padel, je ne suis plus a ca près (rires). J’en suis très fier. La n°1 était réservée au Roi, les suivantes étaient réservées aux présidents… Je pense que j’ai la plus ancienne. Malheureusement ça fait plusieurs années que je ne peux plus jouer. C’est une grande fierté pour moi. J’aurais aimé qu’on me l’accroche comme les maillots au basket !”
Lorenzo Lecci Lopez : Que pourriez-vous changer actuellement à la FEP ?
Julio Alegria :“Je ne regarde pas trop l’actualité. Je ne veux pas être le grand-père grognon.Je pense que je changerais probablement des choses, mais ils font du bon travail. Je sais qu’Alfredo a fait du bon travail. Lorsque l’on travaillait ensemble, on communiquait très bien.”
“Alfredo Garbisu serait un excellent président pour la FIP. Je l’ai mis dans la fédération basque, puis dans la fédération espagnole.”
Retrouvez l’échange avec Julio Alegria juste en-dessous :

À ses noms, nous devinons ses origines espagnoles et italiennes. Lorenzo est un polyglotte passionné de sport : le journalisme par vocation et l’événementiel par adoration sont ses deux jambes. Il est le monsieur international de Padel Magazine. Vous le verrez souvent sur les différentes compétitions internationales, mais aussi sur les grands évènements français. @eyeofpadel sur Instagram pour voir ses meilleures photos de padel !































































































Paris Major : Vives / Guy de Chamisso, la paire qui pourrait rebattre les cartes des wild cards françaises
FIP Bronze Marnes II : Muesser / Hugounenq, des outsiders qui n’en ont que le statut
Jeux Méditerranéens : l’Espagne rafle presque tout à Tarente avec deux titres et une médaille d’argent
Maxi Arce rêve du Mondial avec l’Argentine : « Je peux apporter énormément à cette équipe »
Julien Seurin se livre sur le mental : « Il y a beaucoup plus de doutes que de moments de bonheur »
Manu Martín tranche entre Galán, Chingotto, Coello et Tapia
Quel est le coup le plus surcoté et sous-coté au padel ? Agustín Gómez Silingo et Jorge de Benito répondent à la question
P1500 Messieurs 4PADEL Orléans / Face Centre Loire – Live / Résultats / Programmations
P1500 CASA PADEL DOS ASNIERES – Programme / Résultats / Live
One Point Challenge Tour : 10 000 € pour un seul point, l’OPCT débarque à Paris
Madrid P1 : Dylan Guichard et Clément Geens lancent leurs qualifications avec le tableau principal en ligne de mire
Thomas Leygue privé du Madrid P1 et en colère contre le calendrier : « C’est une honte »
À vendre : deux clubs de padel à l’île Maurice, à partir de 330 000 euros
Combien coûte réellement l’organisation d’un FIP Bronze ?
Padel : comment Lidl transforme Crivit en marque sportive à part entière avec Steffi Graf
Compagnie des Alpes accélère dans le padel avec PadelCity : une nouvelle étape dans sa stratégie européenne
FAST Padel Academy poursuit son développement et s’implante à Liège
Ni FIP Tour, ni Championnat du monde par équipes : le format particulier du padel aux Jeux Méditerranéens
Plus d’un an après, Thomas Leygue de retour dans le top 150 : les coulisses d’un comeback encore inachevé
Ce que révèle l’analyse du geste : coup droit tennis vs bandeja padel
La bandeja a-t-elle disparu du padel moderne ?
Coup droit à plat au padel : les 5 exercices de Cristian Álvarez pour gagner en contrôle et en efficacité
Pourquoi savoir jouer à droite et à gauche peut faire la différence
Tapia donne la recette pour battre Coello / Tapia : « Je jouerais tout sur moi »
Comment Coello a désamorcé le plan de jeu de Chingotto
Au padel, l’alchimie d’une paire compte-t-elle autant que le niveau individuel ?
L’été change le padel… et si le vrai défi n’était pas de frapper plus fort ?
Premier Padel : quand la télévision peut rallonger les pauses des joueurs
Premier Padel : oui, un arbitre peut refuser à un joueur d’aller aux toilettes
Le Major II peut-il mettre en danger les tournois P2 de Premier Padel ?
Padel vs squash vs badminton : le classement scientifique de l’intensité cardio
Pourquoi Arturo Coello joue-t-il avec la main droite bandée ?
Et si votre progression au padel passait par ce que personne ne regarde ?
Que viennent vraiment chercher les joueurs de padel à Barcelone ?