Claudia Fernández et Martina Calvo poursuivent leur route au Paris Major 2026. La tête de série 4 a dû batailler trois sets pour écarter Marina Guinart et Alejandra Alonso, 2/6 6/2 6/4. Une victoire dans la douleur qui leur ouvre les portes des demi-finales, où les attendent Gemma Triay et Delfi Brea, tête de série 1. Après la rencontre, les deux Espagnoles sont revenues sur leur association, la pression qui les entoure et ce nouveau défi face aux patronnes du tableau.

« Petit à petit, nous trouvons nos automatismes »

Rien n’a été simple pour Claudia Fernández et Martina Calvo. Menées après la perte du premier set, les Espagnoles ont dû renverser la situation pour finalement s’imposer en trois manches.

À la sortie de la piste, le soulagement était forcément présent.

« Je suis super contente d’avoir réussi à sortir ce match, d’être dans une nouvelle demi-finale et de continuer à me battre aux côtés de Martina. Petit à petit, nous trouvons nos automatismes en tant que paire. »

Une association encore récente mais qui suscite déjà beaucoup d’attentes. Malgré leur jeunesse, les deux joueuses affichent sur la piste une maturité qui interpelle.

Grandir plus vite que les autres

Interrogées sur cette impression de maturité précoce, elles expliquent qu’elle est aussi une conséquence directe de leur quotidien de joueuses professionnelles.

« Nous avons dû nous adapter à ce monde très jeunes. Si tu ne mûris pas, tu prends beaucoup de retard. Nous vivons des choses qu’une personne de 18 ou 20 ans ne vit normalement pas. »

Éloignement de la famille, sacrifices, voyages, pression des résultats : autant d’éléments qui accélèrent forcément l’apprentissage.

Le staff joue également un rôle important. Les entraîneurs, qui connaissent ces situations, peuvent anticiper certaines difficultés et les préparer à ce qu’elles vont rencontrer.

Claudia Fernández : « Je préfère ne pas regarder les réseaux sociaux »

Depuis la formation de cette paire et leurs premiers gros résultats, Fernández et Calvo sont particulièrement observées. Les attentes ont encore augmenté avec leurs performances récentes.

Claudia Fernández ne cache pas que cette exposition peut parfois être difficile à gérer.

« Tout le monde pense que nous allons gagner des tournois toutes les semaines. Mais nous pouvons perdre à n’importe quel tour parce que tout le monde joue très bien. »

Sa solution est assez radicale : prendre ses distances avec les réseaux sociaux.

« Je ne regarde pas beaucoup les réseaux. Quand j’y vais, je vois quelque chose de négatif et ça me fait du mal, donc je préfère directement ne pas regarder. »

Avec une pointe d’humour, elle ajoute même que certaines réactions lui donnent « envie de tuer tout le monde », avant de rappeler qu’elles savent désormais que les critiques font partie du jeu.

Pourquoi l’Espagne produit-elle autant de jeunes talents ?

La conférence de presse a également permis d’aborder la domination espagnole dans le padel mondial. Pour les deux joueuses, l’explication se trouve notamment dans le travail réalisé dès les catégories jeunes.

« Pour moi, c’est très clair. C’est grâce à toute la structure qu’il y a en dessous et au circuit des jeunes. »

La possibilité de compétitionner très régulièrement dès 9 ou 10 ans permet selon elles aux jeunes Espagnols de se fixer rapidement des objectifs et surtout d’accumuler une expérience considérable.

Et jouer à Roland-Garros reste à part.

« C’est un tournoi où nous voulons toujours venir. C’est une date marquée dans le calendrier. Jouer ici est très spécial. »

Triay / Brea en demi-finale : un nouveau défi XXL

Il faudra désormais récupérer rapidement. En demi-finale, la tête de série 4 retrouvera Gemma Triay et Delfi Brea, tête de série 1.

Un duel que Fernández et Calvo connaissent déjà et dont elles savent parfaitement la difficulté.

« Ça va être très dur, comme toujours. »

Après leur quart de finale accroché, la priorité est désormais simple : récupérer.

« Je suis encore en train de penser au match qu’on vient de gagner tellement on a souffert. Maintenant, il faut bien se reposer, récupérer de l’énergie et essayer d’être demain à notre meilleur niveau. »

Une défaite passée qui n’a pas été oubliée

Cette nouvelle confrontation face à Triay / Brea possède également une dimension particulière. Les jeunes Espagnoles ont déjà connu une défaite particulièrement difficile à digérer face à cette paire, après avoir été très proches de conclure.

Une expérience qu’elles n’essaient pas d’effacer.

« Tu apprends que tant que la balle n’a pas rebondi deux fois et que tu n’as pas gagné le match, ce n’est pas terminé. »

La remontée subie ce jour-là avait laissé des traces.

« Je ne voudrais pas revivre ça. L’après-match a été assez dur. Mais cela fait partie du sport et du chemin. »

Avec le recul, elles préfèrent néanmoins retenir leur capacité à avoir poussé l’une des toutes meilleures paires du monde dans ses retranchements.

« Arriver jusqu’à ce score contre une telle paire signifie que nous avions fait beaucoup de choses bien. Elles se sont mises à ramer, ramer et encore ramer. Et fermer les matchs, c’est l’une des choses les plus difficiles. »

Cette fois, Fernández et Calvo ont une nouvelle chance.

« Ce qui est bien, c’est que cette semaine nous avons une autre opportunité. Nous allons tout donner pour essayer d’en profiter. »

Franck Binisti

Franck Binisti découvre le padel au Club des Pyramides en 2009 en région parisienne. Depuis, le padel fait partie de sa vie. Vous le voyez souvent faire le tour de France en allant couvrir les grands événements de padel français.