Quelques heures avant de signer l’une des grosses performances françaises de ce Paris Major, Dylan Guichard s’était confié à Padel Magazine. Nouveau numéro 1 français, ambitions avec l’équipe de France, progression aux côtés de Clément Geens, objectifs sur Premier Padel ou encore joueurs dont il s’inspire : le Français a fait le point sur une saison qui lui permet de franchir progressivement de nouveaux caps.

Depuis cette interview, Guichard a parfaitement lancé son tournoi à Roland-Garros. Associé à Clément Geens, il a surclassé Santiago Pineda / Javi Ruiz 6/0 6/2, avec une prestation particulièrement aboutie sur le Philippe Chatrier. Une victoire qui confirme justement une bonne partie des progrès évoqués quelques heures plus tôt.

Numéro 1 français, mais pas obsédé par le classement

Pour la première fois, Dylan Guichard arrive à Roland-Garros avec le statut de numéro 1 français. Une position forcément particulière, même s’il refuse d’en faire une finalité.

« C’est quand même un symbole, c’est très agréable d’être numéro 1 français. »

Surtout, Guichard voit plus loin que sa propre place dans la hiérarchie. « J’espère pouvoir continuer d’être numéro 1, mais si on est tous dans le top 100, c’est encore mieux. » Une déclaration qui résume bien la dynamique actuelle du padel français, avec plusieurs jeunes joueurs qui commencent progressivement à se rapprocher du top 100. On pense notamment à Timéo Fonteny, déjà 134e mondial, à Thomas Leygue, qui revient à son meilleur niveau, et, dans un futur plus lointain, à Yoan Boronad, Jérémy Robert ou encore Olivier Guy de Chamisso

Lui a déjà franchi la barrière du top 100, mais ne souhaite pas se fixer un classement précis à atteindre.

« Je ne me prends pas du tout la tête. J’ai remarqué que ça pouvait être parfois une pression supplémentaire un peu inutile. »

Sa méthode est donc beaucoup plus simple : avancer tournoi après tournoi, chercher à passer le plus de tours possible et conserver la même exigence au quotidien.

« Être rigoureux tout le temps sur les entraînements, les tournois, être le meilleur de moi-même et voir jusqu’où ça peut mener. » Pas de top 50 ou de top 30 annoncé comme objectif : Guichard préfère laisser les résultats dicter sa progression.

Blanqué, Fonteny ou Robert avec lui en équipe de France ?

Autre grand rendez-vous de cette fin de saison : les Championnats du monde. Et avec l’émergence de plusieurs jeunes joueurs français, les possibilités sont nombreuses pour composer les paires.

Guichard cite notamment trois joueurs avec lesquels il pourrait facilement s’imaginer sur la piste.

« Bastien Blanqué, on a déjà joué ensemble et c’est quand même un pilier de l’équipe de France. »

Il évoque également Timéo Fonteny, qui continue de progresser sur le circuit international : « Il joue très bien et je pense que si on doit jouer ensemble dans l’équipe de France, il n’y aura pas de problème. »

Enfin, le numéro 1 français cite Jérémy Robert, dont le profil pourrait être compatible avec le sien : « Il a le même style de jeu, je ne sais pas s’il sera sélectionné ou pas, et s’il l’est, c’est possible qu’on soit amenés à jouer ensemble. »

Mais Guichard ne revendique aucun partenaire : « Je jouerai avec qui il faut et je donnerai tout, ça dépendra des choix du sélectionneur. »

Guichard / Geens, une paire particulièrement à l’aise en indoor

Les bons résultats de Guichard / Geens se sont souvent construits dans des conditions indoor. Une tendance que le Français reconnaît volontiers.

« Tous les deux, on préfère quand même jouer en indoor. »

Il estime notamment que ces conditions correspondent particulièrement bien au jeu du Belge. Clément Geens aime prendre des risques et accélérer, ce qui devient forcément plus délicat lorsque le vent ou le soleil viennent modifier les sensations.

Guichard reconnaît d’ailleurs avoir longtemps été moins performant à l’extérieur.

« J’ai eu une période où j’avais vraiment des soucis à jouer dehors. Là, je me suis pas mal entraîné et ça va mieux. »

Un travail qui commence à porter ses fruits. Sa prestation au premier tour de ce Paris Major en est une nouvelle illustration : avec Geens, le Français a parfaitement maîtrisé son match pour ne laisser que deux jeux à Pineda / Ruiz.

Premier Padel devient la priorité

Avec leur progression au classement, Guichard et Geens commencent désormais à regarder davantage vers les tableaux principaux de Premier Padel, et notamment ceux des Majors.

« Avec Clément, on est proche d’être dans le tableau final au moins des Majors. »

L’enjeu est important. Entrer directement dans un tableau principal évite les qualifications et garantit surtout l’accès à davantage d’opportunités et de points.

« L’objectif, c’est d’essayer d’être dans le tableau final du Koweït déjà, puis du Mexique après, parce que ça fait quand même une vraie différence d’être dans les tableaux finaux directement, surtout en Majors. »

Le FIP Tour restera une option pour aller chercher des points lorsque nécessaire, mais la tendance est claire pour la fin de saison : « Il y a encore beaucoup de points à aller chercher en Premier Padel, je pense qu’on va se concentrer sur ça. »

Galán et Chingotto comme références, Cardona pour s’inspirer

Guichard reste aussi un grand consommateur de padel. Même en évoluant désormais aux côtés des meilleurs joueurs mondiaux, il continue de regarder leurs matchs avec un œil à la fois de spectateur et de joueur.

« De temps en temps, je suis quand même concentré à essayer de voir la différence, qu’est-ce qu’ils font de mieux, pourquoi ils sont plus forts. »

Deux joueurs retiennent particulièrement son attention : Ale Galán et Fede Chingotto. Du premier, il admire notamment « la rigueur » et cette capacité à maintenir « un niveau de jeu toujours constant et très haut ».

Mais pour faire évoluer son propre jeu, c’est surtout Pablo Cardona qu’il observe.

« J’essaie de m’inspirer un peu de Cardona. »

Les deux gauchers n’ont pourtant pas exactement les mêmes caractéristiques. Guichard décrit un Cardona plus agressif et puissant, capable de prendre beaucoup de terrain.

« Il ne bouge pas tant que ça, mais il est toujours bien placé. »

Un modèle intéressant pour Guichard, qui cherche justement à ajouter de nouvelles armes à son jeu sans perdre ce qui fait aujourd’hui sa force : sa régularité.

« Six à huit équipes peuvent complètement jouer le titre » aux Championnats de France

Avant la fin de saison internationale viendront également les Championnats de France, où Guichard défendra son titre.

Il retrouvera son partenaire avec lequel il est champion en titre, dans une édition qu’il imagine particulièrement ouverte.

« Cette année, ça va être encore plus dense, encore plus difficile que les précédentes. »

Le retour de certaines associations avec notamment Leygue / Blanqué et la progression de la nouvelle génération devraient considérablement densifier le tableau. Pour Guichard, « six à huit équipes peuvent complètement jouer le titre ».

Malgré un calendrier chargé et trois journées qui s’annoncent « intenses, fatigantes, croustillantes », l’envie reste intacte :

« C’est un tournoi qu’on a tous envie de gagner, c’est spécial. »

Avant de penser aux Championnats de France, Guichard a toutefois un Paris Major à jouer. Et après son 6/0 6/2 au premier tour, le numéro 1 français s’est offert un rendez-vous d’une tout autre dimension : Juan Lebrón et Leo Augsburger, tête de série 3, avec une place en huitièmes de finale à aller chercher.

Benjamin Dupouy

J’ai découvert le padel directement lors d’un tournoi, et franchement, je n’ai pas trop accroché au début. Mais la deuxième fois, ça a été le coup de foudre, et depuis, je ne rate plus un seul match. Je suis même prêt à rester éveillé jusqu’à 3h du matin pour regarder une finale de Premier Padel !