Du 19 au 25 août 2024, le centre de la Ligue PACA et le Country Club Padel vont accueillir pour la deuxième fois consécutive les Championnats de France jeunes. Un événement grandiose que Christian Collange, président du Comité Padel de la région, attend avec impatience. Entretien avec un passionné qui se veut optimiste pour le futur.
Christian, le taux de jeunes compétiteurs reste faible (environ 6% selon les derniers chiffres), bien qu’une légère croissance soit observée depuis un an. Quel regard portez-vous sur ce développement ?
La priorité au niveau des ligues et de la fédération, c’est de développer le padel chez les jeunes. On ne peut pas considérer un sport digne de ce nom s’il n’y en a pas. Il fallait mettre en place de la matière, comme des professeurs ou des écoles, afin qu’ils puissent avoir accès à l’activité toute l’année à des tarifs adaptés. Il faut qu’il y ait de la compétition pour eux. Aujourd’hui, ça se met en place, et ça s’est beaucoup accéléré depuis l’année dernière. On va voir le résultat dans les 2-3 ans à venir.

On a créé le fameux TFP, les diplômes de padel, pour que les enseignants puissent être formés. Il faut bien comprendre que ce n’est pas aussi simple que pour les adultes. Un gamin, s’il n’a pas de tournois adaptés, on ne pourra pas voir s’il est dans le bon cursus ou non. L’intérêt est bien là, c’est surtout l’accessibilité qui est compliquée. On fait beaucoup de rassemblements de jeunes dans ma région, en PACA, mais derrière, il n’y avait pas d’école de padel. Nous devons donc leur montrer et leur donner goût à ce sport.
En France, plusieurs promesses (Timéo Fonteny, Yoan Boronad, Louise Bahurel) sont en train de pointer le bout de leur nez. Les pensez-vous capables de rivaliser avec les meilleurs, à l’avenir ?
Aujourd’hui, on est loin de l’Espagne et de l’Argentine, qui sont les deux principaux pays qui sont devant. On est un petit peu en retrait parce qu’ils ont peut-être 15 ans d’avance. Après, par rapport aux pays européens, on est au niveau. Si on parle de très hauts niveaux, on est en train de mettre en place ce qu’il faut pour que ces jeunes puissent être bien encadrés, bien accompagnés et structurer leurs entraînements.

Le nombre de tournois nationaux jeunes (TNJ) progresse, à l’instar du Master final de Bandol (qui aura lieu du 20 au 21 juillet 2024, ndlr) ou du Championnat de France. Il y a aussi de la compétition internationale : le Championnat d’Europe, le Championnat du monde, des rencontres amicales avec les Espagnols, quelques tournois FIP,… Maintenant, les jeunes sont également conseillés par Pablo Ayma et Benjamin Tison (à la FFT, photo). Le projet « Team Padel France jeunes » commence à se mettre en place avec Alexia Dechaume, alors je pense que nous sommes sur de bons rails.
Que faut-il faire pour combler le retard avec des pays comme l’Espagne ou l’Argentine ?
Il manque surtout la culture padel, le passé, ce qui est mis en place en Espagne depuis 20 ans. Ce que nous n’avons pas, c’est justement cette connaissance du padel. En France, la fédération a retenu le padel dans son giron en 2014, et l’entraîneur français n’est pas encore à la hauteur de ce qu’il se fait ailleurs pour l’instant. On ne peut pas rattraper un tel retard en 3-4 ans.

Intelligemment, la FFT utilise des entraîneurs étrangers qui font accélérer le processus. Nos meilleurs jeunes commencent à alterner des entraînements avec des collègues espagnols et avec des collègues français. Ils sont internationaux. Après, par rapport aux autres, on n’est pas en retard puisqu’on est toujours dans les 3-4 meilleurs européens et dans les 4-5 meilleurs mondiaux.
Revenons aux Championnats de France jeunes. Après 2023, vous allez une nouvelle fois héberger la compétition, quel est votre ressenti ?
C’est une preuve de reconnaissance. On m’a demandé de m’occuper du padel en PACA, et cela fait plusieurs années qu’avec ma commission, nous avons mis en place des rassemblements régionaux, départementaux, et des circuits jeunes. L’année dernière, je pense que c’était une grande réussite malgré la canicule. Il faisait extrêmement chaud et le département a failli nous faire annuler la compétition, mais nous nous sommes adaptés.

On a un site merveilleux en Ligue PACA et un partenariat avec le Country Club Padel, qui joue le jeu avec nous. C’est la première fois qu’un tel événement national est confié à une ligue (et non à des clubs privés). Là, c’est vraiment la fête du padel au sein d’une ligue publique et précurseuse avec les jeunes. C’est donc une fierté que la fédération ait réitéré sa confiance pour que l’on puisse organiser une nouvelle édition.
Détaillez-nous le programme, les nouveautés attendues…
Les trois premiers jours (lundi, mardi et mercredi) seront consacrés aux Championnats de France U14 Interligues, la formule sera la même que l’an dernier. Dans la foulée, nous aurons les Championnats de France par paires avec une nouvelle catégorie : les U16 garçons et filles, en plus des U18 qui existent déjà. Ça permettra d’avoir plus de matchs, plus de jeunes, et de brosser tout le panel des âges. Au niveau de l’organisation, on va confirmer ce qu’on a fait bien l’année dernière tout en améliorant certains points.

On va améliorer le service hôtelier pour être moins loin car nous avions trop d’hôtels, donc on se dispersait un petit peu au niveau des transports. Il y aura des surprises pour les animations, on va faire quelque chose qui tient la route. Il y aura plus de monde sur place avec les U16. On veut que ce soit la vraie fête du padel pour les jeunes, parce qu’on est là pour eux à la base. Ce sera un lieu d’échange, de partage, mais aussi de compétition, bien sûr !
Quels sont vos favoris pour cette compétition ?
Jusqu’à présent, l’Interligue a toujours été remportée par la région PACA ou l’Occitanie. Mais on s’est rendu compte que beaucoup de ligues avaient comblé leur retard, parce qu’elles ont lancé des processus vraiment hyper intéressants. Je pense à l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Île-de-France, la Normandie, la Bourgogne,… Il n’y a plus de monopole, ça va être ouvert.

Bien entendu, Timéo Fonteny et Yoan Boronad (photo) devraient être les favoris de leur catégorie. Il y a beaucoup de jeunes qui ont un niveau intéressant, on voit qu’il y a beaucoup de ligues qui sont représentées. Par exemple, lors du dernier rassemblement national qui a eu lieu à Paris, il y a quatre semaines, je crois qu’il y avait 6 ou 7 ligues représentées. Une équipe capable de créer la surprise ? Pour dire la vérité, il y en a beaucoup qui ont fait du gros boulot. Je dirais peut-être l’Auvergne-Rhône-Alpes ou la Nouvelle-Aquitaine.
Enfin, quelles actions comptez-vous mener pour poursuivre l’essor des jeunes joueurs ?
Côté fédération, l’équipe est vraiment en place avec Benjamin Tison, qui était une recrue importante. Il est venu pour soutenir la compétition au niveau des jeunes en France. On va dans les ligues toute l’année, on fait des événements pour trouver les meilleurs jeunes avant de les convoquer dans des rassemblements nationaux. De là, les meilleurs sont suivis, aidés financièrement et préposés pour être dans l’équipe de France. Maintenant, il va falloir évoluer pour ces jeunes-là. Il faut qu’ils jouent à l’international…

Chez moi, nos meilleurs jeunes sont issus des écoles de padel existantes de PACA, parce que là, on les polit. On a créé une relation très proche avec les coachs, les profs et les clubs. Mais pour passer un cap, et je n’arrête pas de le dire, il faut qu’on ait de la masse de jeunes. Aujourd’hui, il faut qu’on puisse rentrer dans les écoles ou les collèges pour les prendre tôt. Ceux qui jouent le jeu de la formation seront aidés dès la rentrée. Il faut aussi avoir des objectifs sur le padel féminin, ce qui est encore plus compliqué. Les filles vont vite se rendre compte que c’est un sujet super sympa. Je suis donc confiant pour la suite parce qu’on va dans la bonne direction, que ce soit au niveau des ligues, des comités, des clubs,… Nous devons jouer le jeu de l’avenir !

C’est par le biais de son père qu’Auxence a découvert le padel, un soir de juin 2016. Aujourd’hui, il suit avec passion le circuit international et taquine la pala dans son club formateur, le Toulouse Padel Club. Vous pouvez également le retrouver sur La Feuille de Match et LesViolets.com, deux médias spécialisés sur le Toulouse Football Club.

























































































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